‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 101 sur 518 · V .Vhiw. XXVII · texte numérisé non relu

V .Vhiw. XXVII

TIREE DE L’ÉCRITURE. LIV. I

• et de tout le peuple , et lui impose les mains ■ , • en signe que la puissance se continuait de l'un à l’autre.

Après la mort de Moisc, tout le peuple reconnaît Josué. .Nous vous obéirons en toutes choses . comme nous avons fait à Moïse » Le prince meurt ; mais l'autorité est immortelle , et l'État subsiste toujours. C'est pourquoi les mêmes desseins se continuent : la guerre commencée se poursuit , et Moïse revit en Josué. > Souvcnez- " vous, dit-il à ceux de Ruben , de ce que vous . a commandé Moïse. > Et un peu après : . Vous

• posséderez la terre que le serviteur de Dieu ,

• Moïse , vous a donnée •

Il faut bien que les princes changent, puisque les hommes sont mortels : mais le gouvernement ne doit pas changer; l'autorité demeure ferme, les conseils sont suivis , et éternels.

Après.la mort de Saül , David dit A ceux de Jabès-Galaad , qui avaient bien servi ce prince ;

• Prenez courage et soyez toujours gens de

• cœur; parce qu'encore que votre maître Saül « soit mort , la maison de Juda m'a sacré roi .

Il leur veut faire entendre que , comme l’autorité ne meurt Jamais , Ils doivent continuer leurs services, dont le mérite est immortel dans un État bien réglé.

ARTICLE IV

Des Lois.

PREHIÈBB PBOPOSITIOH.

n faut Joindre les lois au gouvemeiDent pour Le mettre dans sa perlecUon.

C’est-à-dire , qu’il ne suffit pas que le prince , ou que le magistrat souverain , régie les cas qui surviennent suivant l'occurrence ; mais qu’il faut établir des règles générales de conduite, afin que le gouvernement soit constant et uniforme : et c’est ce qu’on appelle lois.

Il* PBOPOSITIOa.

Oo pose les principa primitifs de toutes les lois

Toutes les lois sont fondées sur la première de toutes les lois, qui est celle de la nature, c'està-dire , sur la droite raison et sur l'équité naturelle. Les lois doivent régler les choses divines et humaines, publiques et particulières, et sont commencées par la nature , selon ce quedit saint Paul ‘ : • que les Gentils qui n’oot pas de loi ,

• Ninm. XXVII, SS, S3.

• Jot. I, 47.

• Ibid. 0, 10, II, 13, IS, II.

• U. arp. Il, 7.

S Jtom. XI, 14, IS.

> faisant naturellement ce qui est de là loi, se

< font une loi à eux-mémes , et montrent I’œu-

• vre de la loi écrite dans leurs cœurs par le té-

• moignage de leurs consciences , et les pensées « intérieures qui s’accusent mutnellemcnt , et se

• défendent aussi l’une contre l'autre. •

Les lois doivent établir le droit sacré et profane, le droit public et particulier; en un mol la droite observance des choses divines et humaines parmi les citoyens, avec les châtiments et les récompenses.

Il faut donc, avant toutes choses, régler le culte de Dieu. C'est par ou commence Moïse , et Il pose ce fondement de la société des Israélites. A la tète du Décalogue on voit ce précepte fondamental : « Je suis le Seigneur, tu u'auros point

• de dieux étrangers, > etc. '.

Ensuite viennent les préceptes qui regaiélent la société. • Tu no tueras point, tu ne déroberas . point ■ , . et les autres. Tel est l'ordre général de toute législation.

lit' raoposiTiOM.

U y a UB onire uans les loii.

Le premier principe des lois est de reconnaitre la Divinité, d'où nous viennent tous les biens et l’étre même. • Crains Dieu , et observe ses com-

• mandements ; c'est là tout l'homme ’. * Etl'autre est de • faire à autrui comme nous voulons qu’il

• nous soit fait *. »

IV' raoposiTiON.

Un grand roi explique les caractères des lois.

L'intérêt et la passion corrompent les hommes. La loi est sans intérêt et sans passion : • elle est r sans tache, et sans corruption ; elle dirige les

< âmes , elle est fidèle : elle parte sans déguise-

• ment et sans flatterie. Elle rend sages les en- . fants * > elle prévienten eux l’expérience , et les remplit , dès leur premier âge, de bonnes maximes. « Elle est droite et réjouit le cœur *. » On est ravi de voir comme elle est égale a tout le monde , et comme au milieu de la corruption elle conserve son intégrité. • Elle est pleine de lumière ; • dans la loi sont recueillies les lumières les plus pures de la raison. Elle est véritable et se Jus-

• lifle par elle-même ’ : • rar elle suit les premiers principes de l'équité naturelle , dont personne ne disconvient que ceux qui sont tout à fait aveugles. « Elle est plus désirable que l’or, et plus

' Jfxod. XX , 3, 3, 4. a. B, etc.

■ Ibid. Set leq.

■ Sert. lu, 13.

' MaUb. VII, 13. Liir. VI, 13.

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