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J08 POLITIQUE
douce que le miel ' : > d’elle vient l’abondance et le repos.
David remarque dans la loi de Dieu ces propriétés excellentes , sons lesquelles il n’y a point de loi véritable.
V* pROFosmoN.
La loi punit et lécompense.
C’est pourquoi la loi de Moïse se trouve partout accompagnée de châtiments : voici le principe qui les rend aussi justes que nécessaires. La première de toutes les lois , comme nous l’avons remarqué, est celle de ne point faire à autrui ce que nous ne voulons pas qui nous soit fait. Ceux qui sortent de cette loi primitive , si droite et si équitable, dès là méritent qu’on leur fasse ce tpi’ils ne veulent pas qui leur soit fait : ils ont fait soufftir aux autres ce qu’ils ne voulaient pas qu’on leur Ht , ils méritent qu’on leur fn.ssc souffrir ce qu’ils ne veulent pas. C’est le juste fondement des cbâtlments, conformément a cotte parole prononcée contre Babylone : • Pre-
• ne* vengeance d’elle ; faites-lui comme elle a
• fait » Elle n’a épargné personne, ne l’cpargiicz pas : elle a fait souffrir les autres , faites-ia souffrir.
Sur le même principe sont fondées les récomixsises. Qui sert le public ou les particuliers, le public et les particuliers le doivent servir.
>r PROPOSITION.
La loi est sacrée et inviolable.
Pour entendre parfaitement la nature de la loi , il faut remarquer que tous ceux qui eu ont bien parlé , l’ont regardée dans son origine comme un pacte et un traité solennel par lequel les hommes conviennent ensemble, par l'autorité des princes, de ce qui est nécessaire pour former leur société.
On ne veut pas dire par là que l’autorité des lois dépende du consentement et acquiescement des peuples ; mois seulement que le prince , qui d'ailleurs par son caractère n’a d'autre intérêt que celui du public , est assisté des plus sages têtes de la nation, et appuyé sur l’expérience des siècles passes.
Cette vérité , constante parmi tous les hommes , est expliquée admirablement dans l’Écriture. Dieu assemble son peuple, leur fait à tous proposer la loi , par laquelle il établissait le droit sacré et profane , public et particniier de la nation , et les en fait tons convenir en sa présence. « Moïse convo-
• qua tout le peuple. Et comme 11 leur avait déjà
* Ps. XTIII.II.
• JCT. L, 15.
< récité tous les articles de cette loi , il leur dit ;
< Gardez les paroles de ce pacte , et les accomplis- « ses , afin que vous entendiez ce que vous avez
• à faire. Vous êtes tous ici devant le Seigneur « votre Dieu , vos chefs , vos tribus , vos sénateurs,
• vosdoctcurs,toutlepenpled’lsraêl ,vosenfants,
• vos femmes , et l'etranger qui se trouve mêlé « avec vous dans le camp ; afm que tous ensemble
• vous vous obligiez à l’alliance du Seigneur, et
• au serment que le Seigneur fuit avec vous : et " que vous soyez son peuple , et qu’il soit votre « Dieu. Et je ne fais pas ce traité avec vous seuls , « mais je le fais pour tous , présents et absents >
Moïse reçoit ce traité au nom de tout le peuple qui lui avait donné son consentement. « J’ai été,
• dit-il le médiateur entre Dieu et vous , et le dé- « positaire des paroles qu’il vous donnait , et vous
• à lui. >
Tout le peuple consent expressément au traité.
• Les lévites disent à haute voix : Maudit celui « qui ne demeure pas ferme dans toutes les paro- « les de cette lot , et ne les accomplit pas ; et tout
• le peuple répond , Amen : Qu’il soit ainsi t
U faut remarquer que Dieu n’avait pas besoin du consentement des hommes pour autoriser sa loi, parce qu’il est leur créateur, qu’il peut les obliger à ce qu’il lui plaft ; et toutefois , pour rendre la chose plus solennelle et plus ferme, il les oblige à la loi par un traité exprès et volontaire.
vu' PROPOSITIO.V.
La loi est réputée avoir une origine divine .
Le traité qu’on vient d’entendre a un double effet : il unit le peuple à Dieu , et il unit le peuple en soi-même.
Le peuple ne pouvait s’unir en soi-même par une société inviolable, si le traité n’en était fait dans son fond en présence d'une puissance supérieure, telle que celle de Dieu , protecteur naturel de la société humaine , et Inévitable vengeur de toute contravention à la loi.
Mois quand les hommes s’obligent à Dieu , lui promettant de garder, tant envers lui qu’entre eux , tous les articles de la loi qu’il leur propose ; alors la couvention est Inviolable , autorisée par une puissance à laquelle tout est soumis.
Cest pourquoi tous les peuples ont voulu donner à leurs lois une origine divine ; et ceux qui ne l’ont pas eu ont feint de l avoir.
Mlnos se vantait d’avoir appris de Jupiter les lois qu’il donna à ceux de Crète ; ainsi Lycurgue , ainsi Numa, ainsi tous les autres législateurs ont voulu que la convention par laquelle les peuples
' Dent, sut, s,», 10, II, 13, IS, II, IS.
» ibid. T, 5.
* Ibid. I\ni, 14, 20. Jo*. VIII, 30, etc.
TIRÉE DE L’ECRITURE. LIV. 1
ARTICLE V
Conséquences des principes généraux dt l'humanité.
s'obligeaient entre eux à garder les lois fût affermie par l’autorité divine , aOn que personne ne pût s’en dédire.
l’Iaton , dans sa République , et dans son livre des Lois , n'en propose aucunes qu’il ne veuille faire confirmer par l'oracle avant qu’elles soient reçues; et c'est ainsi que les lois deviennent sacrées et Inviolables.
vni’ PBOPOSiTioa.
Il y a des lois fondamentaJea qa'on ne peut changer : U cal Dieme trts-daogercux de danger sans néceaaiui celle» qui ne le sent paa.
C’est principalement de ces lois fondamentales qu’il est écrit , qu’en les violant , • on ébranle tous
• les fondemeuts de la terre ■ , » après quoi il ne reste plus que la ehute des empires.
En général les lois ne sont pas lois , si elles n’ont quelque chose d’inviolable. Pour marquer leur solidité et leur fermeté , Moïse ordonne " qu’elles
• soient toutes écrites nettement et visiblement
• sur des pierres*. Josué accomplit ce commandement’.
Les autres peuples civilisés conviennent decette maxime. ■ Qu'il soit fait un édit , et qu'il soit écrit
• selon la loi inviolable des Perses et des Mèdes ,
• disent à Assuérus les sages de son conseil qui > étaient toujours près de sa personne. Ces sages
• savaient les lois et le droit des anciens « Cet attaehement aux lois et aux anciennes maximes affermit la société et rend les États immortels.
On perd la vénération pour les luis quand on les voit si souvent changer. C'est alors que les nations semblent chanceler comme troublées et prises de vin, ainsi que parlent les prophètes’. L’esprit de vertige les jiossède , et leur chute est inévitable : • parce que les peuples ont violé les - lois , changé le d roit public , et rompu les pactes
• les plus solennels*. «C’est l’état d'un malade inquiet qui ne sait quel mouvement se donner.
» • Je hais deux nations , dit le sage fllsde Sirach
• et la troisième n’est pas une nation : c’est le peu- " pic insensé qui demeure dans Sicliem : » c’està-dire , le peuple de Saltlarie , qui ayant renversé l’ordre , oublié la loi , établi une religion et une loi arbitraire , ne mérite pas le nom de peuple.
On tomlx! dans cet état quand les lo’is sont variables et sans consistance , c’e.st-à-dire, quand elles cessent d’élre lois.