II. XV, XX
dent les grandes. • Qui méprise les petites cho-
• ses , tombera peu à |WU '. •
Dans la plupart des affaires, ce n’est pot tant la chose que la conséquence qui est à craindre : qui n’entend pas cela , n’entend rien.
La santé dépend plus des précautions que des remèdes, x Apprenez , avant ((ue de parler ; pre-
• nez le remède avant la maladie '. •
Que les particuliers aient des vues courtes, cela peut être supportable. I.e prince doit toujours regarder au loin , et ne se pas renfermer dans son siècle. • I-a v ie de l’homme a des jours
• comptés ; mais les Jours d’Israël sont innombra-
• blés*. «
O prince! regardez donc la postérité. Vous mourrez , mais votre État doit être immortel.
XVIII' PBOPOSITIOK.
Le prince doit être capable it’inatniire ses minisim.
C’est-ô-dire , que la raison doit être dans la tétc. Le prince habile fait les ministres habiles, et les forme sur ses maximes.
C’est ce que voulait dire rEcclésiastlque : • Le
• sage juge, c'est-à-dire, le sage prince instruira X son peuple ; et le gouvernement de l’homme X sensé sera durable*. • Et encore : • I.'homme X sage instruit son peuple , et les fruits de la sa- X gesse ne sont pas trompeurs*. •
I.’exemple de Josaphat , également sage , vaillant et pieux, nous apprendra ce qu’il faut faire.
Dans la troisième année de son règne, il envoya cinq des seigneurs de la cour x pour instruire « le peuple dans les villes de Jiida, et avec eux
• huit lévites et deux prêtres. Ils enseignaient le X peuple de Juda, ayant en main le livre de la X loi (lu Seigneur; et ils parcouraient tontes les X villes de Juda , et ils Instruisaient le peuple*. >
Ilema ripiez toujours que In loi du Seigneurétait la loi du royaume dont le peuple doit être Instruit ; et le roi prend soin de l’en faire instruire. Comme eetic loi contenait ensemble les choses religieuses et politiques, aussi, pour enseigner le peuple, il envoya des prêtres avec des seigneurs. Mais voyons la suite.
• Il établit des juges par toutes les villes fortes
• de Juda, leur disant : Prenez garde à ce que X vousfivez à faire; car ce n’est pas le jugement X des hommes que vous exercez , mais le juge- X ment du Seigneur : et tout ce que vous jugerez - retombera sur vous. Que la crainte du Seigneur « soit donc avec vous : et faites tout avec soin ;
• Ecd. xu, I.
» ibid. xviii, 10. ao.
3 Ihid. xixvil.a».
• Ibid. X y I.
3 Ibid. xxxTit.sa.
• IL Puratifi. xviif 7, 8, 0
TIRÉE DE L’ÉCRITURE. LIV. V
3JS
• car il n'y n point d'iniquité dans le Seigneur vo-
• tre Dieu , ni d'nrcrption de [>ersonnes , ni de désir
• d'avoir des présents •
Outre ces tribunaux érigés dans les villes de Juda, il érigea un tribunal plus auguste dans la capitale du royaume • Il établit dans Jérusalem
• des lévites et des prêtres , et les chefs de la-
• mille, pour juger le jugement du Seigneur, et
• tenniner toutes les causes en son nom. Ét il
• leur dit: Vousrcrezainsi,elainsi,danslacrainte - du Seigneur, avec fidélité , et d’un cœur par-
• fait. Dans toute cause de vos frères qui viendra « a vous , où il sem question de la loi , des oom-
• mandements, des ordonnances et de la justice,
• apprenez-leur à ne point offenser Dieu , de peur ^ que la colère de Dieu ne vienne sur vous et sur
• eux : en faisant ainsi vous ne pécherez pas ’. •
Un prince liabile donne ordre que lo peuple soit bien instruit des lois; et lui-méme il instruit scs ministres, afin qu’ils agissent selon la règle.
ARTICLE il.
Moyens à un prince d’acquérir les connaissances nécessaires.
rsEMiÉBE raoposiTiON.
rreinier moyen : Aimor U %rrilé, el déclarer «pi’on la Teut sa\uir.
Nous avons montré an prince , par la parole de IMcu , combien il doit être instruit , et de combien de choses : donnons-lui les moyens d'acquérir les connaissances nécessaires, en suivant toujours cette divine parole comme notre guide.
Le premier moyen qu'a le prince pour connaftre la vérité , est de l’aimer ardemment , et de témoigner qu’il l'aime ; ainsi elle lui viendra de tous cèté-s , parce qu'on croira lui faire plaisir de la lui dire.
* Les oiseaux de même espèce s’assemblent , et
• la vérité retourne à celui qui la recherche *. • Les véritables cherchent les véritables : la vérité vient aisément à un esprit disposé ù la recevoir par l’amour qu’il a pour elle.
An contraire, toute leur cour sera remplie d'erreur et de flatterie, s'ils sont de l'humeur de ceux qui disent aux voyants : < Ne voyez pas ;
• et ù ceux qui regardent : Ne regardez pas pour
• nous ce qui est droit ; dites-nous des clioses
• agréables; voyez pour nous des illusions i. •
Peu disent cela de bouche ; beaucoup le disent de cœur. Le monde est rempli de ces insensés
* II. Puni/, p. XIV, s, s, 7. ^
’ Ibid. XIX . s, U, 10.
I Eect. XXXII, III.
* h XXX, 10.
dont parle le Sage : > I.’insen.sé n’écoule pas le.i
• discours prudents, ni ne prèle rorcillc, si vous
• ne lui parlez selon ses iK-nsé-es '. •
Il ne suffit pas au prince de dire en général , qu’il veut savoir la vérité, et de demander, comme fit Pilate à Notrc-Seigiieur * : • Qu’est-ce
• que la vérité?» puis s’en aller tout à coup, sans attendre la réponse. Il faut et le dire, et le faire de bonne foi.
Les uns s’informent de la vérité par manière d'acquit, et en passant seulement, comme il semble que Pilate fil en ce lieu. Les autres , sans se soucier de la savoir, s'en informent par ostentation , et pour se faire honneur de celte recherche. Tel était Achab, roi d’Israël, dans lequel nous voyons tous les caractères de ce dernier genre d’hommes.
Au fond il n'aimait que la flatterie, el craignait la vérité. C'est pourquoi ■ Il haïssait Michée,
• par cette seule raison : qu'il ne lui prophétisait
■ que des malheurs *. ■
Repris de cette aversion injuste par Josaphat, roi de Juda, il n’ose lui refuser d'ecouter ce prophète véritable : mais en l’euvoyant quérir par un courtisan flatteur, il lui fit dire sous main , cxnnme noos avons déjà vu : • Tous les prophètes amion-
■ cent unanimement nu roi des succès heureux , « tenez-lui un même langage •
Cependant, quand il parait devant Josaphat , cl devant le monde , il fait semblant de vouloir savoir la vérité. • Michée, dit Achab, entrepren-
• drons-nous celte guerre? Je vous demande,
• encore une fois , au nom de Dieu , de ne me » dire que la vérité *. »
Mais aussitôt que le saint prophète commence à la lui expliquer , il s'en filehe ; et à la lin de son discours, il le fait mettre en prison.» Ne vous
• avais-je pas bien dit, qu’il ne vous prophétisc-
■ rait que des malheurs ‘î •
C’est ainsi qu'il parla à Josaphat, nnssitôt presque que Miché-e eut ouvert la bourbe. Et quand il eut tout dit, • le roi d'Israël donna cet
• ordre; Enlevez-moi Michée, et mencz-lc nu
• gouverneur de la ville , et à Joas , fils d'Ainé-
• lech , et ditcs-leur : Le roi commande qu'on
• mette cet homme en prison , et (|U’on le nour-
• risse au pain et à l'eau en petite quantité , jus-
• qu'à ce que je revienne en paix 7. »
Voilà à quoi aboutit ce beau semblant que lit Achab, de vouloir savoir lu vérité. Aussi Michée,
* Prw. ivm.
> Joan. XTiii, S8.
î II!. Reg. xxii ,8. II. Pamlip. ivm,7»
4 III, Rtg. XXII, 13. II. Pamtip. xviif, t'i.
^ III. üf7.X\ll,I5. IA II. Pttrulip. WIU, li, Ch A III. Reg. XXII. IA. II. Paratip. xvitr, 17- ' lit. Aé-y. X\ll, TA, 37- II. XVIII, 3&. SA.
ÎX
POLITIQUE
3sr>
le Jup;cant Indigne de la savoir, lui répondit d'abord d'un ton ironique : Allez , tout vous réussira
Enfin , pressé au nom de Dieu de dire la vérité , le prophète exposa devant tout le monde cette terrible vision * : • J'ai vu le Seigneur assis dans
• son trdne, et toute l'armée du ciel à droite et « à gauche ; et le Seigneur dit ; Qui trompera
• Achab , roi d'Israèl , afin qu'il assiège Romoth- « Galaad, et qu'il y périsse? L'un disait d'une
' - façon, et l'autre d'une autre. Un esprit s'a- . • vança au milieu de l'assemblée, et dit au Sei-
• gneur ; Je le tromperai. En quoi le tromperas- « tu? dit le Seigneur. Et il répondit : Je serai
• esprit menteur dans la bouche de tous les pro-
• pbètes. Le Seigneur lui dit : Tu le tromperas ,
• et tu prévaudras; va, et fuis comme tu dis. « Maintenant donc, poursuivit Michée, le Sei-
• gneur a mis l'esprit de mensonge dans la bou-
• che de tous vos prophètes, et il a résolu votre
• perte. ■
Qui ne tremblera en voyant de si terribles Jugements? Mais qui n'en admirera la justice? Dieu punit par la flatterie les rois qui aiment la flatterie, et livre à l'esprit de mensonge les rois qui cherchent le mensonge et de fausses complaisances.
Achab Alt tué; et Dieu fit voir que qui cherche A être trompé trouve la tromperie pour sa perte.
* Vous étesjuste, A Seigneur I et tous vos ju-
• gements sont droits *. >
U* paoposmon.
Deuxième moyen : Être Utentif et cooskléié.
On a beau avoir la vérité devant les yeux ; qui ne les ouvre pas, ne la voit pas. Ouvrir les yeux , à l'Ame, c'est être attentif.
* Les yeux du sage sont en sa tête ; le fou
■ marche dons les ténèbres • On demande à l'imprudent et au téméraire : Insensé, A quoi pensiez-vous? où aviez-vous les yeux? Vous ne les aviez pas A la tête , ni devant vous ; vous ne voyiez pas devant vos pieds : c'est-à-dire , vous ne pensiez A rien ; vous n'aviez aucune attention.
C'est comme si on n'avait point d'yeux, ni d'oreiiles. « Ce peuple ne voit pas de ses yeux ,
• et n'ccoutc pas des oreilles • Ou , comme traduit saint Paul ‘ : • Vous écouterez , et n'en-
■ tendrez pas ; vous verrez , et ne concevrez pas. •
' III. Reg.xxn, IS.IL Pnnlip. xvltl. 14.
* III. Xep. xxn, is.elc. n. P«nin>. XTiii, is.etc. r Pt. CIVlll , 137.
4 Bctt. 11. 14.
* jict XXTIll, 20.
Cest pourquoi le Sage nous dit qu'il y a • un
• œil qui voit , et une oreille qui écoute : et c'est ,
• dit-il , le Seigneur qui fait l'un et l'antre '. >
Ce don de Dieu n'est pas fait pour ceux qui dorment, et qui ne pensent à rien. Il faut s'exciter soi-même et considérer. • Que vos yeux « considèrent ce qui est droit , que vos paupières « précèdent vos pas. Dressez-vous vous-même
• un chemin , et vos démarches seront fermes *. • Regardez avant que de marcher : soyez attentif A ce que vous faites.
Il ne faut jamais rien précipiter. • Où il n'y a ’ point d'intelligence , Il n'y a point de bien : qui
• se précipite ebopera : la folie des hommes les « fait tomber , et puis ils s'en prennent A Dieu
• dans leur cœur ^ >
Soyez donc attentif et considéré en toutes choses. • Devant <]ue déjuger, ayez la justice devant
• les yeux ; apprenez avant que de parler : prenez
• la médecine devant la maladie ; examinez-vous
• vous-même , avant que de prononcer un joge-
• ment : et Dieu vous sera propice L •
L'attention en tout , c'est ce qui nous sauve.
« Le conseil et l’attention vous garderont, la « prudence vous sauvera des mauvaises voies :
• vous serez délivré de l'homme qui parle mall-
• oieusement , qui laisse le droit chemin , et mar- « che par des voies ténébreuses •
.Au milieu des déguisements et des artifices qui régnent parmi les hommes, il n'y a que l'attention et la vigilance qui nous puissent sauver des surprises.
Qui considère les hommes attentivement , y est rarement trompé. Jacob connut au visage de Laban , que les dispositions de son cœur étaient changées. Il vit que le visage de Laban était autre qu'A l’accoutumée Et sur cela il prit la résolution de se retirer.
Car, comme dit l'Ecclésiastique scion les Septante : < On connaît les desseins de vengeance
• dans le changement du visage 7. ■■ Et encore :
• I-e cœur de l’homme change son visage , soit < pour le bien , soit pour le mal '. >
Mais cela n'est pas aisé à découvrir ; il y faut une grande application, x On trouve difficilement ■ et avec travail les vestiges d'un cœur bien dis-
• posé , et un bon visage ’. •
Que le prince considère donc attentivement toutes clioses; mais surtout qu'il considère at-
* Prov. XX, 12.
■ Ibid. IV,2&,2«.
I Ibid. XIX , 3 , 3.
* Becl. XTlll. 10,20.
‘ Prav. Il, Il , 11, 13.
* Gen. xxxj , 1 , S.
* JSect. XVIII. 24.
3 Ibid. XIII, 31.
* Ibid. 33.
DiyiïiZcu uy
TIRÉE DE L’ÉCRITURE. LIV. V
tentlTcment les hommes. La nature a imprimé sur le dehors une image du dedans. « L’homme « se connaît à ia ^me ; on remarque un homme « sensé à la rencontre : l’habit , le ris , la démar- « che , découvrent l’homme '. •
Il ne faut pourtant pas en croire les premières impressions. Il y a des apparences trompeuses : il y ado profondes dissimulations. Le plus sûr est' d’observer tout, mais de n’en croire que les œuvres. « Vous les connaîtrez par leurs fruits * , » c’est-à-dire, par leurs œuvres, dit la Vérité même. Et ailleurs : • L’arbre se connaît par son « fruit »
Encore fauMl prendre garde à cc que dit l’Ecdésiastique.»!! y enaqulmanquent, maiscen’est « pas de dessein. Qui ne pèche point dans ses « paroles^? » Comme s’il disait ; Ne prenez pas garde à quelque parole , et à quelque faute qui échappe. C’est en regardant la suite des paroles et des actions, que vous porterez un jugement droit.
. Il n’y a rien de moins attentif, ni de moins considéré que les enfants. ÎAi Sage nous veut tirer de cet état, et nous rendre plus sérieux , quand il nous dit : « Laissez l’enfance ; et vivez , et maro chez par les voies de la prudence K »
L’homme qui n’est point attentif tombe dans l’un de ces deux défauts : ou il est égaré, ou il est comme assoiq>i dans une profonde léthargie. Le premier de ces défauts fait les étourdis , l’autre (ait les stupides ; états qui , poussés à un certain point, font deux espèces de folie.
Voici en deux paroles deux tableaux qui sont faits de la main du Sage. « La sagesse reluit sur « le visage de l’homme sensé : les yeux du fou « regardent aux extrémités de la terre ®. »
Voyez conune l’un est posé : l’autre , pendant qu’on lui parle, jette deçà et delà ses regards inconsidérés ; son esprit est loin devons; il ne vous écoute pas, il ne s’écoute pas lui-même : il n’a rien de suivi , et ses regards égarés font voir combien ses pensées sont vagues.
Mais voici un autre caractère , qui n’est pas moins mauvais , ni moins vivement représenté. « Cest parler avec un homme endormi , que de « discourir avec l’insensé, qui, à la fin du discours, • demande : De quoi parlc-t-on 7? »
Que ce sommeil est fréquent parmi les hommes 1 qu’il y en a peu qui soient attentifs , et aussi qu’il y a peu de sages ! C’est pourquoi Jésus-Christ
* Eeel. XIX , 2<l, 27.
> MaUh. Vil, l«, 20.
i Ibid. XII, .V).
4 Eccl. xa, IG, 17.
* ProxK IX , G.
* IbUI. XVII , 24.
■ Ecet. XMI,9.
trouvant tout le genre humain assoupi , le réveille par cette parole qu’il répète si souvent : « Veillez , « soyez attentifs, pensez à vous-mémes *, >»
« Voyez , veillez , priez. Veillez, encore une « fois. Et, ce que je vous dis, je le dis à tous, « veillez. Vous ne savez pas à quelle heure vien- « dra le voleur ’. «
Qui ne veille pas est toujours surpris. Quelle erreur au prince , qui veut autour de lui des sentinelles qui veillent, et qui laisse dormir en luimême son attention , sans laquelle il n’y a nulle garde qui soit sûre I
Le prince est lui-même une sentinelle établie pour garder son État. li doit veiller plus que tous les autres. Peuple malheureux] tes sentinelles (tes princes, tes magistrats, tes pontifes , en un mot tous tes pasteurs , qui doivent veiller à ta conduite); « tes sentinelles, dis-je, sont tous aveu- « gles; ils sont tous ignorants ; ehiens muets , qui « ne savent point japper : ils ne voient que des « choses vaines : iis dorment, ils aiment les son- « ges rcesontdcs chiens impudentset insatiables. « Les pasteurs mêmes n’entendent rien : chacun « songe à son intérêt : chacun suit son avarice , « depuis le premier jusqu’au dernier. Venez , < disent-ils , buvons , enivrons-nous , il sera de- « main comme aujourd’hui , et cela durera long- • temps *. »
Voilà le langage de ceux qui croient que les affaires se font toutes seules , et que ce qui a duré durera de lui-même sans qu'on y pense. Vient cependant tout à coup le moment fatal. « Mans , « ’Thbcbl, PHABàs, Dieu a compté les jours de « ton règne, et le nombre en est complet. Tu as « été mis dans la balance , et tu as été trouvé lé- ■ ger. Ton royaume a été divisé , et il a été donné « aux Mèdes et aux Perses. Et la même nuit Bal^ <1 thazar, roi des Chaldéens, fut tué, et Darius « le Mède eut son royaume »
III* PBOPOSITION.
Troisième moyen : Prendre cons«il et donnor toute liberté à ses conseillers.
« Ne soyez point sage en vous-même *. » Ne croyez pas que vos yeux vous suffisent pour tout voir.
« La voie de l’insensé est droite à ses yeux. » Il croit toqjours avoir raison. <• Le sage écoute n conseil ••
Un prince présomptueux, qui n’écoute pas conseil , et n’en croit que ses propres pensées, devient
' .VoOA. XXIV, 42,43; XXV, I3;xxvi,bâ, 41. Ztre. xvii, *; XXI, 34.
* Marc. XIII, 33 , 36, 37.
* /t.LYI, 10, Il , 12.
* Dan. V, 25, 2G,elc.
i Prûv. III , 7.
* Jbid. XII, 15.
POLITIQUE
intraiUibie , ci-uel et furieux. •• Il vaut mieux ren- •> contrer une ourse ù qui on enlève ses petits, <• qu'un fou qui sc connu dans sa folie »
l.e fou qui se uonHe dans sa folie, et le pré* somptueux qui ne trouve bon queue qu’il pense, est déjà déliai par ces paroles du Sage : « Le fou « n'écoute pas les discours prudents , si vous ne « lui parlez selon sa pensée *. »
Qu’Il est beau d'entendre parler ainsi Salomon , le plus sage roi qui fut jamais ! qu’il ne montre vraiment sage, en reconnaissant que sa sagesse ne lui sufflt pas!
Aussi voyons-nous qu’en demandant à Dieu la sagesse, il demande un cœur docile. « l)on- « nez, dit-il, ô mon Dieul à votre serviteur un « cœur docile « (un cœur capable de conseil ; point superbe, point prévenu, point aheurtc) : a aflu qu’il puisse gouverner votre peuple ^.» Qui est incapable de conseil , est incapable de gouvernement. V
Avoir le cœur docile, c’est n’étre point entêté de ses pensées; c’est être capable d’entrer dans celle des autres , selon cette piirole de l’Ecclésinsti<iue : « Soyez avec les vieillards prudents , et « unissez-vous de tout votre cœur à leur sa- « gesse «
Ainsi faisait David. Nous avons vu combien il était prudent : nous le voyons aussi écoutant toujoura, et entrant dans la pensée des autres, , poiut aheurté à la sienne. Il écoute avec patience cette femme sage de la ville de Tliécué, qui osa bien lui venir parler des plus grandes affaires de .son État, et de sa famille. « Qu’il me soit per- ,« mis, dit-elle^, de parler au roi mon seigneur. " Et il lui dit : Pai’lez. Elle poursuivit ; Pourquoi “ le roi mon seigneur offense-t-il le peuple de • Dieu? et pourquoi fait-il cette faute, de ne •> vouloir pas rappeler Absalon qu'il a chassé? » David l’écouta paisiblemeut, et trouva qu’elle avait raison.
Quand Absalon abusant de la lx)ntéde David eut péri dans sa rébellion, ce bon père s’abandonnait à la douleur. Joab lui vint représenter de quelle conséquence il lui était de ne point témoigner tant d’affliction de la mort de ce rebelle. " Vous avez, dit-il couvert de confusion les vi- " sages de vos fidèles serviteurs ((ui ont cx^wse " leur vie pour votre salut, et de tonte votre fa-
- mille : vous aimez ceux qui vous haïssent, et « vous haïssez ceux qui vous aiment : vous nous
- fuites bien paraître que vous ne vous souciez
* Prnr. XVII, 12.
' Ibid. XVIII, 2.
* III. Hrr/. III , 0.
• Etid. VI, :i:i.
Ml. /iVy. XIV, 12, ol.v.
• ibid. XIX, f. , Ole.
n pas de vos capitaines, ni de vos serviteurs : et « je vois biens que si Absalon vivait, et que nous « fussions tous perdus , vous en auriez de la joie. O L(‘vez-vous donc, paraissez, et contentez vos « serviteurs par des paroles honnêtes : sinon je « vous jure en vérité, qu’il ne demeurera pas un « seul homme auprès de vous; et le mal qui vous « arri vra sera le plus grand de tous ceux que vous •« avez janaais éprouvés depuis votre première « jeunesse jusqu’à présent. »
David, tout occupé qu’il était de sa douleur, entre dans la pensée d’un honome qui en apparence le traitait mal , mais qui en effet le conseillait bien , et en le croyant il sauva l’État C'est donc en prenant conseil , et en donnant toute liberté à ses conseillers, qu’on découvre la vérité, et qu’on acquiert la véritable sagesse. « Moi « sagesse , j’ai ma demeure dans le conseil , et Je » me trouve au milieu des délibérât ions sensées *.» Et encore : « La guerre se fait par adresse, et le « salut est dans la multitude des conseils t » C’e.st là que sc trouvent avec abondance les expédients. « La science du sage est une inondation , et son conseil est une source inépuisable »
C’est pourquoi » le commencement de tout oun vrage est la parole, et le conseil doit marcher « avant toutes les actions «
« Où il n’y a point de conseil les pensées se « dissipent; où il y a plusieurs conseillers elles se « confirment »
« Mon fils , ne faites rien sans conseil , et vous « ne vous repentirez point de vos entreprises « Outre que les choses ordinairement réussissent parles bons conseils, on a cette consolation, qu’on ne s’impute rien quand on les a pris.
C'est une chose admirable de voir ce que deviennent les petites choses conduites par les bons conseils. Mathatios n’avait à oppo.ser que sa famille et un petit nombre de ses amis à la puissance redoutable d’Autiochus, roi de Syrie, qui opprimait la Judée. Mais parce qu’il règle d’abord les affaires et les conseils, il pose les fondements de la délivrance du peuple ? : « Simon votre frère « est homme de conseil : écoutez-le en tout, et il «sera votre père. Judas, homme de guerre, « commandera les troupes, et fera la guerre « pour le iHîuple. Vousattirerezavec vousceuxqui « sont zélés pour la loi de Dieu. Combattez , « et défendez votre i>euple. » Un bon dessein, un lion conseil , un bon capitaine pour exécuter, est
' Pror. VIII, 12.
* /6i</. XXIV, fi.
î Errf. XXI, 10.
* Ibid. XXXVII, 20.
» Prtiv. XV , 22.
‘ E<xl. XXXII , 2».
■ 1. Mach. Il, C.'», fiü.
TIRÉE DE LECRrriiRE. LIV. V.
un nwyen assuré d’attirer du monde dans le parti. Voilà un fsouvememeut réglé, et un petit cummeiioemeut d'une grande chose.
IV” moposiTiox.
Quatnème mojen : Ciioisir aoo cmueil.
• Ne découvrez pas votre cœur à tout le mon4
• de ” Et encore : • Que plusieurs personnes
• soient bien avec vous ; mais choisissez pour con-
■ sciller un entre mille •
C’est pourquoi les conseils doivent être réduits à peu de personnes. Les rois de l’crsc n'avaient qne sept conseillers, ou sept principaux ministres. Nous avons vu • qu'ils étaient toujours auprès
• du roi , et qu'il faisait tout par leur conseil • David en avait encore moins. i Jonatham, on-
• cIc de David , homme sage et savant , était son
• conseiller. Lui et JahicI, fils de Hachumoni,
• étalent avec les enfants du roi. Achitophel était
• aussi conseiller du roi , et Chusai était son prin-
• cipal ami. Après Achitophel, Joiadas, fils de - Banalas, et Abiathar furent appelés aux con-
■ scils. Joab avait le commandement des ar-
• mées* ; • et c’était avec lui que David traitait des affaires de la guerre.
Il faut donc plusieurs conscillei-s ; car ils s’éclairent l’un l’autre, et un seul ne peut pas tout voir : mais il se faut réduire à un petit nombre.
Premièrement, parce que l’âme des conseils est le secret. i Nabuehodonosor assembla les séna-
• tcurs et les capitaines , et tint avec eux le secret
• de son conseiP. •
C’est un ange qui dit à Tobie* : • Il est bon de
• cacher le secret du roi ; mais il est bon de décou-
• vrir les œuvres de Dieu. •
Le conseil des rois est un mystère ; leur secret , qui regarde le salut de tout l'État, a quelque chose de religieux et de sacré, aussi bien que leur personne et leur ministère. C'est pourquoi l'interprète latin a traduit secret par ic mot de mystère et de sacrement , pour nous montrer combien le secret des conseils du prince doit être religieusement gardé.
Au reste, quand l'ange dit qu'il est bon de cacher le secret du roi , mais qu'il c«t bon de découvrir les œuvres de Dieu , c'est que les coascils des rois peuvent être détournés étant découverts : mais la puissance de Dieu ne trouve point d'obstacle à ses desseins; et Dieu ne les cache point par crainte ou par précaution , mais parce qne les
■ Krcl. vtll, K.
• Ibid. Tl ,
* tsth. I, 13.
• I. Ptir. TfcTII. 32, 13,3».
* Judith. Il, S.
** Tob. xii , 7.
hommes ne sont pas dignes du les savoir, ni capal>lc3 de les porter.
Que le conseil du prince suit donc secret ; et pour cela, qu'il soit eu très-peu de personnes. Car les paroles échappent aisément, et passent trop rapidement d’une bouche à l'autre. • Ne tenez . point cooseii avec le fou , qui ne saura pas ca-
• cher votre secret ■>
Une autre raison oblige le prince à réduire sou conseil à peu de personnes : c'est que le nombre de ceux qui sont capables d'une telle charge est rare.
Il y faut premièrement une sagesse profonde , chose rare parmi les hommes : une sagesse qui pénètre les secrets desseins , et qui déterre , pour ainsi dire, ce qu’il y a de plus caché. > Les des-
• seins qu'un homme forme dans son cœur sont
• un abîme profond ; un homme sage les épui-
• sera*. »
Cet homme sage ne se trouve pas aisément. Mais Je ne sais s'il n'est pas encore plus rare et plusdifilcilede trouver des hommes lidèles. • lleu- « reux qui a trouvé un véritable ami ’ ! . Et encore : < Un ami fidèle est une défense invincible ;
• qui l’a trouvé a trouvé un trésor : rien ne lui
- peut être comparé ; l’or et l’argent ne sont rien
• au prix de sa fidélité *. >
La difficulté est de connaître ces vrais et ces sages amis. ■< li y a des hommes rusés qui con-
■ seillent ics autres , et ne peuvent pas se servir
• eux-mêmes*. Il y a des rafflueurs <pji se ren-
• dent odieux â tout le monde*. Il y en a ((uisont
• sages pour eux-mêmes , et les fruits de leur sa-
■ gesse sont fidèles dans leur bouche" : »c'est-Adire, leurs conseils sont salutaires.
Pour les faux amis, ils sont imiwnbrahles. «Tout ami dit : Je suis bon ami ; mais il y a des « amis qui ne sont amis que de nom. N’est-ce pas « de quoi s'affliger jusqu'à la mort , quand on voit
• qu’un ami devient ennemi? O malheureuse pen- « sée! poun|uoi viens-tu couvrir tonte la terre de
• tromperie? Il y a des amis de plaisir qui nous
- quittent dans l'affliction. Il y a des amis de ta-
• ble et de bonne chère ; ce sont des lâches qui
• abandonneront leur Iwuclier dans le combat". - Et encore : • Il y a des omis qui cherehcnl leur . temps et leurs intérêts; ils vous quitteront dans « la mauvaise fortune. Il y a des amis qui décou- « vriront les paroles d'emportement , qui vous " seront tebappées dans votre colcrc. Il y a des
' Jtcrl, Vin, sa, wcuml i.xn.
* Prov. XX « ft.
î Eccl. XXV. 12.
' Ibid. VI , 14, 13.
i Ibid. XXXVil. 21.
* Ibid. 23.
» Ibid. ’iS, 26.
* Ibid, l, 3,3, ».&.
POLITIQUE
• amis de table, que vous ne trouverez pas dans
• le besoin. Dans la prospérité un tel ami sera
• comme un autre vous-méme , et il agira hardi-
• ment dans votre maison. Si vous tombez , il se
• mettra contre vous, et se retirera'. »
Parmi tant de faux sages et de faux amis , il faut faire un choix prudent , et ne se fier qu'à peu de personnes.
Il n'y a point de plus sûr lien d’amitié , que la crainte de Dieu. • Celui qui craint Dieu sera ami
• fidèle; et son ami lui sera comme lui -même'. >
Et de là vient le sage conseil ^ ; <• Ayez ton-
• jours avec vous un homme saint que vous con-
• naîtrez craignant Dieu , dont l'âme s'accorde < avec la vôtre , et qui compatisse à vos secrets
■ défauts. •
Prenez garde , dans tous ces préceptes , que le Sage vous marque toujours un choix exquis ; et qu'il faut se renfermer dans le petit nombre.
Mais il faut surtout consulter Dieu. Qui a Dieu pour ami , Dieu lui donnera des amis. • Un ami
• fidèle est un remède pour nous assurer la vie et
• l'immortalité. Ceux qui craignent Dieu le trou-
• veront*. •
V* PBOPOstTioa.
Ciaquütne moyeu : Écouter et s'inlômier.
Autres sont les personnes qu'il faut consulter ordinairement (la us ses affaires ,autrescelles qu'il faut écouter.
I Le prince doit tenir conseil avec très-pau de personnes. Mais il ne doit pas renfermer dans ce ipclil nombre tous ceux qu'il écoute : autrement, A'il arrivait qu’il y eût de justes plaintes contre ^ conseillers, ou des choses qu’ils ne sussent pas , ou qu’ils résolussent de lui taire , Il n’en saurait jamais rien.
Nous avons vu David écouter sur des affaires Importantes jusqu'à une femme , et suiv're ses conseils : tant II aimait la raison et la vérité, de quelque côté qu’elle lui vint.
Il faut que le prince écoute, cl s'informe de toutes parts, s’il la veut savoir. Ce sont deux choses : il faut qu’il écoute , et remarque ce ejui vient à lui ; et qu’il s’informe avec soin de tout ce (pil n’y vient pas assez clairement. • Si vous
• prêtez l’oreille , vous serez instruit; si vous ai-
■ mez à écouter, vous serez sage *. •
Après tant d'instructions tirées des auteurs sacrés , ne refusons pas d'écouter un prince infidèle , mais habile et grand politique. C'est Dioclétien, (lui disait : • Il n'y a rien de plus difficile que de
' Eccl VI, 8.9, 10, Il , 12,
■ làid. 17. .
J Ibid. XVXVII, IS, IS ' Itid. VI, 10.
‘ Ibid. ai.
I « bien gouverner : quatre ou cinq hommes s’unis- ■ sent , et se concertent pour tromper l’empereur. « Lui , qui est enfermé dans ses cabinets, ne sait ^ • pas la vérité. Il ne peut savoir que ce que lui
• disent ces quatre ou cinq hommes qui l’appro- « chent. Il met dans les charges des hommes in- > capables. Il en éloigne les gens de mérite. C’est « ainsi , disait ce prince , qu’un bon empereur, un O empereur vigilant , et (jui prend garde à lui , « est vendu : Bonus, caulus, oflimus venditur
• impertxtor ■
Oui , sans doute , quand il n’écoute que peu de personnes , et ne daigne pas s’informer de ce qui se passe. .
VI' PBOPOSITIOn.
SixièoM moyen : Prendre içirde à qui on croit, et pcioir les fiMiK mpiKirti.
Dans cette facilité de recevoir des avis de plusieurs endroits , il faut craindre , premièrement , que le prince ne se rabaisse en écoutant des personnes indignes. Cette femme ({ue David écouta si tranquillement', était une femme sage et connue pour telle. L’Ecclésiastique, qui recommande tant d’écouter, veut que ceux (pi’on écoute soient des vieillards honorables , et des hommes sensés. « Soyez avec les sages vieillards, et unissez votre
• cœur à leurs sages pensées. Si vous voyez un
• homme sensé , fréquentez souvent sa maison , « ou l’appelez dans la vôtre’. •
Secondement , il faut craindre que le prince qui écoute trop ne se charge de faux avis, et ne ae laisse surprendre aux mauvais rapports.
* Qui croit aisément, a le cœur léger, etse dé-
• grade lui-même^. ■
Ne croyez donc pas à toute parole ’ : « Pesez
• tout dans une juste balance. • • Comptez et pe- < sez , > dit l’Ecclésiastique*.
Il fautentendre, et non pas croire ; c’est-à-dire, peser les raisons , et non pas croire le premier venu sur sa parole. « Le simple croit tout ce qu’on a lui dit ; le sage entend ses voies’, a
Salomon, qui parle ainsi, avait profité de ce sage avis du roi son père ' ; a Prenez garde que a vous entendiez tout ce que vous faites , et do a quel côté vous aurez à vous tourner, a Comme s’il disait : Tournez-vous de plus d’un côté; car la vérité veut être cherchée en plusieurs endroits : les affaires humaines veulent être aussi tentées par divers moyens; mais de quelque côté que vous
* Ftaviut Fop. Muni.
> II. Rtÿ. XIV. 1.
> Kcct Tl» 36, 3«.
* Ibid. XIX , 4a
* Ihut. Ift.
* Ibid. XLH.7.
* Prov. XIV, 1^.
» III. lieo n.U.
TIRÉE DE L'ECRITURE. LIV. V
vous tourniez , tournez-vous avec connaissance , et ne croyez pas sans raison.
Surtout prenez garde aux faux rapports. • Le « prince qui prend piaisir à écouter ics menson-
• ges , n'a que des mécliants pour ses ministres' . ■
On jugera de vous par ies personnes à qui vous croyez. « Le méchant écoute la méchante langue ;
• le trompeur écoute les lèvres trompeuses’. ■
• Plutét un voleur, dit le Sage*, que la con- ■ versation du menteur. • Le menteur vous dérobe par scs artinces le plus grand de tous les trésors , qui est laconuaissance de la vérité; sans quoi vous ne sauriez faire justice , ni aucun bon choix , ni en un mot aucun bien.
Prenez garde que le menteur, qui a aiguisé sa langue, et préparé son discours pour couper la gorge à quelqu’un, ne manque pas de couvrir ses mauvais desseins sous une apparence de zèle. Miphiboseth , fils de Jonathas , zélé pour David , est trahi par Siba, son serviteur, qui, voulant le perdre pour avoir scs biens , vient au-devant deDavidavec des rafraîchissements pendant qu ii fuyait devant Absalon *. " Où est le fils de votre - maître 7 lui dit David L 11 est demeuré , répon-
• dit le traître , à Jérusalem , disant que Dieu lui
• rendrait le royaume de son père. »
Voilà comme on prépare la voie aux calomnies les plus noires , par une démonstration de zèle.
Lu malice prend quelquefois d’autres couvertures. Elle fait la simple et la sincère. Les pa- > rôles du fourbe paraissent simples , mais elles
• percent le cœur •
Elle fait aussi la plaisante , et s’insinue par des moqueries. Mais de là naissent des querelles dangereuses : ■ Chassez le moqueur : les qucrel-
• les , les procès , et les Injustices se retireront
• avec lui ’. •
En quelque forme que la médisance paraisse , craignez-la comme un serpent. • Si la couleuvre . mord en secret , le médisant qui se cache n’a
• rien de moins odieux *. ■
Le remède souverain contre les faux rapports, est de les punir. Si vous voulez savoir la vérité , 6 prince 1 qu'on ne vous mente pas impunément. Nul ne manque plus de respect pour vous , que celui qui ose porter des mensonges et des calomnies à vos oreilles sacrées.
On ne ment pas aisément à celui qui sait s’in- Ibrmcr, et punir ceux qui le trompent.
La punition que je vous demande pour les
• Prov. xxlx , 12.
> Ibiil. xrll, i.
> tcel. XX, 27.
• II. a#ff.X»l,I,2.
> Ibid. 3.
• Pntr. xvm , S.
’ Ibid. XXII , 10.
» tal. X, II.
faux rapports , c’est d’éter toute croyance à ceux qui les font , et de les chasser d’auprès de vous.
• Éloignez la mauvaise langue; ne laissez point " approcher les lèvres médisantes '. ■
Écouter les médisants , ou seulement les souffrir, c’est participer à leur crime. « N’ayez rien
• à démêler avec le discoureur, et ne jetez point
• de bois dans son feu *. > N’entretenez point les médisances en les écoutant , et en les souffrant. Et encore : « N’allumez point le feu dn pécheur,
• de peur que sa Qanune ne vous dévore •
Ce n’est pas seulement les médisances qui sont à craindre; les fausses louanges ne sont pas moins dangereuses, et les traîtres qui vendent les princes ont des gens apostés pour se faire louer devant eux. Tontes les malices auprès des grands se font sous prétexte de zèle. Tobie l’Ammonite , qui voulait perdre Néhémias, loi faisait donner des avis, en apparence Importants : - Il y a des
• desseins contre votre vie ; ils vous veulent tuer
• cette nuit : entendez-vous avec mol ; tenons con - « scil dans le temple au lieu le plus retiré *. Et je n compris, dit Nchémias *, que Sémaias était « gagné par Tobie et Sanoballat. Tobie entretenait . de secrets commerces dans la Judée ; il avait " plusieurs grands dans scs intérêts , qui le
• louaient devant mol , et lui rapportaient toutes <■ mes paroles *. ■
O Dieu I comment se sauver parmi tant de pièges, si on ne sait se garder des discours artificieux, et parler avec précaution? « Mettez une
• haie d'épines autour de vos oreilles ; • n’y laissez pas entrer toute sorte de discours : « N’écoutez
• pas la mauvaise langue : faites une porte et " une serrure à votre bouche : pesez toutes vos
• paroles ’. -
O prince 1 sans ces précautions , vos affaires pourront souffrir : mais quand votre puissance vous sauverait de ces maux, c’est pour vous le plus grand de tous les maux de faire souffrir les innocents , contre qui les méchantes langues vous auront irrité.
Qu’il est beau d’entendre David chanter sur sa lyre • ; • J’étais dans ma maison avec un cœur . simple ; je ne me proposais point de mauvais «desseins; je haïssais les esprits artificieux, ta . cœur malin ne trouvait point d’accès auprès de
• moi : je persécutais celui qui médisait en secret . contre son prochain ; je ne pouvais vivre avec
■ Prov. n, 21.
> Eeel. Tlil,4.
• IbiM. 13, secaml.
4 II. £«rfr. VI, lu.
• ibid. 12.
6 Ibid. 17,1^,19.
f ErrI. XXVIII, 2«, 2»
• PmI. c.
POLITIQUE
« le superbe et le hautain : mes yeux se tour-
• naient vers les gens de bien pour les faire de-
• raeurer avec moi. Celui qui vit sans reproche « était ie seul que je jugeais digne de me servir ;
• le menteur ne me plaisait pas. Dès ie matin je
« pensaisdextermlneries impies; et je nepouvais
« souffrir les méchants dans la ci té de mon Dieu ! » La belle cour , où l’on voit tant de simplicité et tant d'innocence, et tout ensemble tant de courage , tant d'habileté et tant de sagesse I
vu* PBOPOSITION.
Septième moyen : Consulter les temps passés , et ses propres expériences.
En toutes choses, le temps est un excellent conseiller. Letempsdécouvre les secrets : le temps fait naître les occasions : le temps confirme les bons conseils.
Surtout qui veut bien juger de l'avenir, doit consulter les temps passés.
Si vous voulez savoir ce qui fera du bien et du mal aux siècles futurs, regardez ce qui en a fait aux siècles passés, il n'y a rien de meilleur que les choses éprouvées. • N’outre-passez point
• les bornes posées par vos ancêtres '. » Gardez les anciennes maximes sur lesquelles la inonorebie a été fondée , et s'est soutenue.
Imitez les rois de Perse, qui avaient toujours auprès d'eux • ces sages conseillers lusiruits des « lois et des maximes anciennes ’.
De là les registres dcccsrois, et les annales des siècles passés qu'Âssuérus sc faisait ajiporter pendant la nuit, quand il ne pouvait dormir ’.
Toutes les anciennes monarchies, celle des Égyptiens , celle des Uebreux , tenaient de pareils registres. Les Romains les ont imités. Tous les peuples , enfin , qui ont voulu avoir des conseils suivis , ont marqué soigneusement les choses passées pour les consulter dans le besoin.
■ Qu’est-ce qui sera 7 ce qui a été. Qu'cst-ce
• qui a été fait ? ce qu'on fera. Rien n’est nouveau
• sous le soleil, et personne ne peut dire : Cela
• n’a jamais été vu : cor il a déjà précédé dans les « siècles qui sont devant nous *. ■
Cest pourquoi , comme il est écrit dans lu Sagesse : • Qui sait le passé , peut conjecturer l'a-
• venir ^ •
• L'insensé ne met point de lin à scs diseours. s L’homme ne sait pas ce qui a été devant lui ;
• qui lui pourra découvrir ce qui viendra « après ® ? »
• Pmv. XVII, ÎH.
s tliiil. VI, I.
• ffrrl. I, s. 10.
• Slip, VIII , 8.
■ aert. X, II.
N'écoutez pas les vains et infinis raisonnements , qui ne sont pas fondés sur l’expérience. Il n’y a que le passé qui puisse vous apprendre cl vous garantir l'avenir.
De là vient que l’Écriture appelle toujours aux conseils les vieillards expérimentés. Les passages en sont innombrables. En voici un digne de remarque ' : « Ne vous éloignez point du sen-
• timent des vieillards, écoutez ce qu’ils. vous . racontent ; car ils l'ont appris de leurs pères.
■ Vous trouverez l'intelligence dans leurs con-
• scils , et vous apprendrez à répondre comme le « besoin des affaires le demandera. •
Job déplorant rignorancc humaine , nous fait voir que s’il y a parmi nous quelque étincelle de sagesse , c’est dans les vieillards qu'elle se trouve. « Où réside la sagesse, dit-il ', et d’où « nous vient l'intelligence? Elle est cachée aux « yeux de tous les vivants ; elle est même incon-
• nue aux oiseaux du ciel » (c'est-à-dire, aux esprits les plus élevés ). «. La mort et la corrup- « lion ont dit : Nous en avons oui quelque bi-uit. . Les vieillards cxiiérimentés, qu'un grand âge approdie du tombeau , en ont ouï dire quelque chose.
Job avait dit la même chose eu d'autres paroles :
• Lasagessc est dans les vieillards , et la prudence
• vient avec le temps •
C’est donc par l'expérience que les esprits se raffinent. • Comme le fer émoussé s’aiguise avec > grand travail , ainsi la sagesse suit le travail et
• l’application t. •
* Employez le sage , et vous augmenterez sa
• sagesse • L’usage et l’expérience le fortifiera.
l’ar l’expérience ou profite même de scs fautes.
• Qui n'a point été éprouvé, que sait-il ? L’homme
• qui a beaucoup vu , pensiera bcauimup : qui a
• beaucoup appris , raisonnera bien. Qui n’a point « d'expérience , sait peu de chose. Celui qui a été i trompé SC raffine , et met le comble à sa sagesse. « J’ai beaucoup appris dans mes fautes et dans « mes voyages : l'intclligeiiee que j'y ai acquise
• a passé tous mes raisonnements : je me suis
• trouvé dans de grands périls , et mes expérien- ■« ces m’ont sauvé •
C’est ainsi que la sagesse se forme : nos fautes mêmes nous éciairent , et qui sait en profiter est assez savant.
Travaillez donc, 6 prince I à vous remplir do sagesse. L’expérience toute seule vous la doii-
* Ertl. TIII, Il , is.
■ Job. XXVIII, su, SI, XX.
t Ibitl. XII , IX.
' Erfl. X , lu.
V Pmv. IX, U.
* £(ct. XXXIV, ». lu, Il , IXi vcri. LXX.
Digiti-'. ; ; ,
CiOOy(I(
TIRKE DE L’ECRITURE. LIV. V
ncra, pourvu que vous soyez atteiilif à ce qui se passera devant vos yeux. Mais appliquez-vous de bonne heure : autrement vous vous trouverez aussi peu avancé dans un grand tige , que vous l'avez été dans votre eufauee.
• Pensez-vous trouver dans votre vieillesse ce
• que vous n'aurez point amassé dans votre jeune
• âge ‘ ? •
• 1-aissez t'enfance , et vivez , et marchez par i les voles de la prudence •
viii'’ paoposiTiov
Huitième mu)L'U : S'aecouliimer h Ac résoudre pur soi-méme.
il y a ici deu.x choses : la première , qu'il faut savoir se résoudre i la seconde , qu'il faut savoir se résoudre par soi-même. C'est a ces deux choses qu'il SC faut accoutunicr de bonne heure.
Il faut donc, premièrement, savoir SC résoudre. Écouter, s'informer, prendre conseil , choisir son conseil , et toutes les nul n s choses que nous avons vues , ne sont que pour ccllc-ci , c'est-a-d ire , pour SC résoudre.
il ne faut doue iroint être de ceux qui , à force d'écouter, de cliercher, de délibérer, se confondent dans leurs pensées et ne savent à ([uoi se détennincr ; gens de grandes délibérations et de grandes pnii>ositiuns, mais de nulle exécution. A kl fln tout leur manquera.
• Où il y a lieaucoup de discours, beaucoup de > propositions, de raisonnements infinis, la pau- « vretéy sera. L'abondance e.st dans l’ouvrage L • Il faut conclure et agir.
" Ne soyez jais prompt à parler , et languissant
• à faire*. «iVe soyez point de ces discoureurs qui ont ù la bouche de belles maximes, dont ils ne savent pas faire l’appiication ; et de beaux raisonnements politiques , dont ils ne fout aucun usage. Prenez votre parti , et tournez-vous à l’actiou.
Ne soyez donc point trop Juste ni trop sage ,
• de peur qu’â la lin vous ne soyez comme un stu- « pide *, v immobile dans l’actiou, incapable de prendre un dessein.
Cet homme trop justeettropsage est un homme qui, par faiblesse, et pourne (Kiuvoirsc résoudre, fait scrupule de tout , et trouve des diflleultés iiillnies en toutes choses.
Il y a un certain sens droit qui fait qu’on prend son parti nettement. • Dieu a fait l’homme droit
• et il s'est embarrassé de questions Infinies'’’. • Il reste ù notre nature, même après sa chute,
» Fnl. vvv, s.
* Pruv. Il , C.
• IIV. 33.
• Ktrl. IV, 31.
* Ilml. \ Il , 17.
6 Ibid. 20.
quelque chose de cette droiture : c'est par la qu’il faut se résoudre , et ne pouit toujours s'abandonner à de nouv eaux doutes.
• Qui observe le vent ne sèmera point ; qui con- " sidère les nuées ne fera jamais sa moisson’. » Qui veut trop s'assurer et trop prévoir ne fera rien.
Il n’est pas donné aux hommes de tronver l’assurance entière dans leurs conseils et dans leurs affaires. Après avoir raisonnablement considéré les choses, il faut prendre le meilleur parti, et abandonner le surplus à la Providence.
Au reste, quand on a vu clair, et qu’on s’est déterminé par des raisons solides , il ne faut pas aisément changer. >ous l'avons déjà vu. • Ne
• tournez pas ù tout vent , et ne marchez point en
■ toute voie. Le pécheur (celui qui se conduit mal) " aune double langue’ .• Il dit, et se dédit . il résout d'une façim , et exécute de l'autre. • Soyez
• fenne dans votre intelligence , et que votre dis-
• cours soit un*. »
Quand je dis qu'il faut savoir prendre sa résolution , c'est-à-dire, qu’il la faut prendre par solméme ; autrement, nous ne la prenons pas, on nous la donne; ce n’est pas nous qui nous tournons , on nous tourne.
Revenons toujours à cette parole de David à Salomon* : • Prenez garde, mon fils, que vous
• entendiez tout ce que vousfaitcs,ctdcqiiclcôlé
■ vous aurez à vous tourner. »
• Le sage entend ses voies ’ . » 1 1 a son but , il a ses desseins , il regarde si les moyens qu'on lui propose vont à sa fin. « L'imprudence des fous est « er rante. • Faute d'avoir un but arrêté , ils ne savent où aller, et ils vont comme on les pousse.
Qui SC laisse ainsi mener, ne voit rien ; c’est un aveugle qui suit son guide.
• Que vos yeux précédent vos pas, • nous a déjà dit le Sage^, vos yeux, et non ceux des autres. Faites-vous tout cxplirpier ; faites-vous tout dire ; ouvrez les yeux et marchez; n'avancez que par raison.
Ecoutez donc vos amis, et vos conseillers; mais ne vous abandonnez pas à eux. Le conseil derEcclésinstiiiuccstndmirahlcr> Séparez-vous
■ de vos ennemis , prenez garde à vos amis. Prenez garde qu’ils ne se trompent : prenez garde qu’ils ne vous troniirent.
Que si vous suivez à l'aveugle quelqu'un qui aura l’adresse de vous prendre par votre faible,
■ Fixl. Il, ».
■ Ibid. V, II.
* Ibid. V , lï, rer>. lAX.
* III. Itfy. 11,3.
* Pnii'. \lv, 8.
* Ibid. IV, ÎS.
’ ZTi't/. VI , 13
POLITIQÜE
«Ide s'empBrer de votre esprit; ce ne sera pas vous qui régnerez : ce sera votre serviteur ‘ et votre ministre. Et ce que dit le Sage vous arrivera :
• Trois choses émeuvent la terre : la première est
• un serviteur qui régne •
Dans quelle réputation s'était mis ce roi de Judée, dont il est écrit dans les Actes’ : • Hérode < était en colère contre les T>'riens et les Si- « doniens ; ils vinrent à lui tous ensemble ; et,
• ayant gagné Blastus, chambellan du roi, ils ‘t obtinrent ce qu’ils voulurent. »
On vient au prince par cérémonie , en effet on traite avec le ministre. Le prince a les révérences, le ministre a l'autorité effective.
On rougit encore pour Assuérus , roi de Perse , quand on lit dans l'histoire la Eacilité avec lequel le il se laisse mener par Aman, son favori*.
* Établissez-vousdonc un conseil en votre cœur :
• car vous n'en trouverez point de plus Adèle. L'es-
• prit d'un homme attentif à scs affaires lui rap-
• porte plus de nouvelles que sept sentinelles po- « sées dans des lieux éminents • On ne peut trop vous répéter ce conseil du Sage.
Il est malaisé dans votre jeunesse que vous ne croyiez quelqu'un ; car l'expérience manque dans oet âge : les passions y sont trop impétueuses ; les délibérations y sont trop promptes. Mais si vous voulez devenir bientôt capable d'agir par vousroéme, croyez de telle manière que vous voua fassiez expliquer Jes raisons de tout : accoutumez-vous à goûter les bonnes. • Faites-vous ins-
' Voici let IrçoQs ^'an det losUtuUun de LouU XVI dooneltàeeprioee, sur le sujet qae traite ici Bouuet :■ Lorsque « Dous nstoos dans la ruule où la Prorkleiioe elle'Dtéme dous « a placés, nous derooscompler sur soo asalsUoce ; car, dès « que c’est elle qui veut que xmus soyons dans celte route , U
• est de sa Justice comme de sa txMitè de nous accorder les se-
• cours qui nous sont nécessaires pour que nous y marchions « au gré de sa Toloolé. Ainsi , vous êtes appelé par la Provl- « dcDce 4 régner. Tant que vous rêgnerex par vous>mètne,
• vous êtes eo droit de loi demander, et vous pouvet être cer-
• tain d’en obtenir toutes les lumières , tous les moyens dont
• vous aurai besoin pour bien régner. Mais si ce sont des hro-
• rts ou des ministres , ou la majorité ou même {'unanimité
• d’un CDDsetIqui font louldans votre royaume, alorsce n'est « plus vous qui régnez ; alors vous voila hors de la route ou la
• Providence vous avait ptaeé; alors elle ne vous doit plus " rten.Ceseraltaaevérltablelmpiéiédeiuldemaoderde vous
• aider à bien régner, quand, contre sa volonté, vous refuAei
• de régner. Sans doute , vous ne pourrei pas tout prévenir, « tout ooQoaitre, tout savoir; aussi aurex'voos un conseil ; « consullei-en Jes membres; mais souveoeZ'Vous qu'aucun « d'euK n’est roi, que c’est vouiqui l'êtes, que tout doit rouler
■ sur votre téta. Lors donc que vous aurei appris ce que vous « jiensiez ne pas savoir; lorsque vous aurez rccui’illi ira lumlé' « res que vous pensiez vous ro.vnquer : prononcez, décidez en
• roi, votre opinion fût-elle contraire 4 celle de tous ;el soyez
■ sûr que la Providence sera de votre célé. ■ £/oÿt dm père Btrthifr, par Montjoye; Pttrh, de Vlmprim. ro^aU, 1817, page» et sulv. {BdU. de f'cnüiUee.)
* Pmv. XXX, 31, 32.
5 Act. XII , 30.
* Eslh. III, B. ,
* Brri. XXXVII. 17, is, vers. LU.
traire dans votre Jranessê : et Jusqu’aux cheveux blancs votre sagesse croîtra *. »
Et remarquez ici que la véritable sagesse doit toujours croître ; mais elle doit commencer par la docilité. C'est pourquoi nous avons oui Salomon au commencement de son règne , et dans sa première jeunesse , demander un cœur docile. Et le livre de la Sagesse lui fait dire : • J'étais un en- « tant ingénieux , et j’nvals eu en partage une « bonne ûme ■ c’est-à-dire, portée au bien, et capable de prendre conseil.
Il parviut en peu de temps , par ce moyen , ao plus haut degré de sagesse. Il vous en arrivera autant. Si vous écoutez au commencement, bientût vous mériterez qu'on vous écoute. Si vous êtes quelque temps docile , vous deviendrez bieiytût maître et docteur.