IX- PaOPOUTIOR
NenviCine moyoi ; Éviter les msnvaiees finesees.
Noos en avons déjà vu une belle idée dons ces npits de l’Ecclésiastiqae ’ : > Il y a des hommes « rusés et ortlAcieux , qui se mêleut d'enseigner < les autres , et qui sont inutiles à eux-mémes ;
• il y a des rafllneurs odieux dans lenra discours , . et à qui tout manque. > A force de rafflner, ils sortent du boa sens , et tout leur échappe.
Ce que j’appelle Ici mauvaises Anesses, ce ne sont pas seulement les finesses grossières on les rafUnements trop subtils , mais en général toutes les Anesses qni usent de mauvais moyens.
Elles ne manquent jamais d’embarrasser celui qui s’en sert. ■ Qui marche droitement , se san-
• vera ; qui cherche les voies détournées tombera « dans quelqu’une, « dit le plus sage des rois*.
Il n’y a rien qui se découvre plus tût que les mauvaises Anes^. • Celui qui marche simple- « ment , marche en assurance : celui qui pervertit
• ses voies sera bientût découvert’. •
Le trompeur ne manque jamais d'étre le premier trompé. • Les voles du méchant le trompe- « ront : le trompeur ne gagnera rien ®. » Et encore : « Qui creuse une fosse tombera dedans : qui
• rompt une haie , un serpent le mord ’. >
Écoutez la vive peinture que nous fait le Sage ,
du fourbe et de l'imposteur*. « Le fourbe et l'in- « Adèle B des paroles trompeuses : il cligne les . yeux : il marche sur les pieds : il fait signe des
• doigts • (il a des intelligences secrètes avec tout
* ^rct.TI, IH.
* Sap. TIII , 19.
i Eerî. XXXTII,3I, 3i,3J, vtrr Ut.
* Prov. xxviii, 18.
» Ibid. X , 9.
é /bttf.xil, K, 37.
^ Eccl. X,8.
’ Prov. XI, 12, 13, t*. la.
TIREE DE L’ÉCRITURE. LIV. V
le moDde ) : • son cœur pemrti machine toujours . quelques tromperies; Il fait mille querelles, et
• brouille les meilleurs omis. Il périra bientôt ; une « chute précipitée le brisera , et il n’y aura plus de
• remède. •
SI une telle conduite est odieuse dans les par^ ticullers, combien plus est-ellelndlgnedu prince, qui est le protecteur de la bonne fol !
Souvenez-vous de cette parole vraiment noble et vraiment royale du roi Jean, qui, sollicité de violer un traité , répondit : * Si la bonne fol était
• pérle par toutela terre , elledevralt se retrouver
• dans le cœur et dans la bouche des rois. •
. Les méchants sont abominables aux rois ; les . trônes sont affermis par la justice. Les lèvres
• justes sont les délices des rois; qui parle sincè- . rement , en sera aimé '. •
Voilé comme agit un roi quand il songe à ce qu’il est , et qu’il Veut agir en roi.
X* PBOPOSiiioie. I
Molèles de U Snewe, el de le »e«esM vériUble, dsos la
conduite de Stlil eide David ; pour eervir de preuve
et d'eiemiie à la propoaiUou précédente.
Nous pouvons connaître la différence des sages véritables, d’avec les trompeurs, par l’exemple dcSaûletdeDavid.
Les commencemoits de Saül sont magnifiques ; il craignait le fardeau de la royauté; il était caché dans sa maison , et à peine le put-on trouver quand on l’élut’. Après son élection, il y vivait dons la même simplicité , et appliqué aux mêmes travaux qu’auparavant. Le besoin de l’État l'oblige à user d’autorité; il se tait obéir par son peuple : Il défait les ennenais, son cœur s’ende ; il oublie Dieu
La jalousie s’raapare de son esprit. Il avait aimé David * ; il ne le peut plus souffrir , après que ses services lui ont acquis beaucoup de gloire. Il n’ose chas.ser de la cour un si grand homme, de peur de faire crier contre lui-méme ; mais il l’éloigne, sous prétexte de lui donner un commandement considérable >. Par là il lui fait trouver les moyens d'augmenter sa réputation , et de lui rendre de nouveaux services.
Enfin, ce prince jaloux se résout à perdre David ; et il ne volt pes qu’il perd lui-même le meilleur serviteur qu’il ait dans tout son royaume. Sa jalousie lui fournit de noirs artifices pour réussir dans ce dessein. • Il lui promet sa fille ; mais afin • qu’elle lui soit une occasion de ruine. Il lui fait < dire par ses courtisans : Vous pissez au roi , et
* Prw. XTi, I». 13-
* I. Jteg. 1, 31, etc-, XI, ».
* Ibid. XI , xn , XIII . xiT , XV.
* Ibid. XVI, 3.
* Ibid. XVIII, 7, 8, 0, 13, «te.
« toQ8 SCS ministres vous aiment * ; » mab tout cela pour le perdre. Sous prétexte de lui foire honneur , il l’expose à des occasions hasardeuses, et l’engage dans des périls presque inévitables.
• Vous serez mon gendre , dit-il , si vous tuez
• cent Philistins. David le fit, et Saül lui donna - sa fille. Mais il vit que le Seigneur était avec
• David : il le craignit, et il le bait tonte sa « vie ’. »
SonflIsJonathas, quiaimait David , fit ce quil put pour apaiser son père jaloux. Saül dissimule , et trompe son propre fils, pour mieux tromper David. Il le fait revenir à la cour. David se signale par de nouvelles victoires; et la jalousie transporte de nouveau Saül. Pendant que David jouait de la lyre devant lui, il le veut percer de sa lance. David s’enfuit , et il est contraint de se dérober de la cour*.
Saül le rappelle par de nouvelles caresses, et lui tend toujours de nouveaux pièges. David s’enfuit de nouveau *.
Le malheureux roi , qui voyait la gloire de David s’augmenter toujours , et que scs serviteurs , jusqu’à ses propres parents, et son fils même, aimaient un bbmme en effet si accompli, leur parla en ces termes * : « Écoutez , enfants de Jé- . mini (il était lui-même de cette race) ; est-ce le
• fils d’Isal qui vous donnera des ehamps et des
• vignes , ou qui vous fera capitaines et généraux
• des armées ? Pourquoi avez-vous tous conjuré « contre mol , et que personne ne m’avertit où est « le fils d’Isal, avec qui mon propre fils est lié . d’amitié? Aucun de vous n’a pitié de moi , ni
• ne m’avertit de ce qui se passe. On aime mieux
• servir mon sqjet rebelle , qui fait de continuelles
• entreprises contre ma vie. >
n ne pouvait parler plus artificieusement, pour intéresser tous ses serviteurs dans la perte de David. Il trouve des flatteurs qui entrent dans ses iqjustes desseins. David , très-fidèle au roi, est traité comme un ennemi public. « Les Ziphéens
- vinrent avertir Saül que David était caché
- parmi eux dans une forêt. Et Saül leur dit :
• Bénis soyez- vous de par le Seigneur, vous qui n avez seuls déploré mou sort. Allez, préparez tout
• avec soin ; n’épargnez pas vos peines : recher-
• chez curieusement où il est, et qui l’aura vu.
• Car c'est un homme rusé , qui sait bien que je
• le bais. Pénétrez toutes ses retraites ; rapportez- «mol des nouvelles certaines, afin que j’aille - , avec vous. Fùt-ll caché dans la terre , je l’en
’ I. Jt.,. XTni,1l,33.
■ is.is.
3 ibid. UX.
* Ibid. XX- » Ibid. XXII, 7, 8.
POLITIQUE
• tircrni , et Je le panrsulvml dans tout le pays do « Juda >
Que d'artinees , que de précautions , que do dissimulations, que d'accusations injustes I Mais que d'ordres précis donnés, et avec combien d'attention et de Yigilance 1 Tout cela pour opprimer un sujet fidèle.
VoilA ce qui s'apprdlc des finesses pernicieuses. Mais nous allons voir en David une sagesse véritable.
Plus Safd tâchait , en le Oattant , de faire qu'il s’oubliât lui-même, et s’emportât à des paroles urgueilleuscs, plus sa modestie naturelle lui en Inspirait de respectueuses. • Qui suis-je, et de « ipielle importance est ma vie; quelle est ma pa-
• renté en Israël, afin que je puisse espérer d’être » le gendre du roi * ?» Et encore : * Vous sem-
• bic-t-il que ce soit peu de chose , que d'être le
• gendre du roi 7 Pour moi , je suis un homme « pauvre , et ma fortune est basse ’.»
Il ne se défendit jamais des malices de Saül par aucune voie violente. Il ne se rendait redoutable que par sa prudence , qui lui faisait tout prévoir. « Il agissait prudemment dans toutes ses voies ,
• et le Seigneur était avec lui. Sail vit qu’il était
• prudent, et il le eraigiudt*.
Il avait des adresses innocentes, pour échapper des mains d’un ennemi si artificieux et si puissant. Il se faisait descendre secrètement par une fenêtre , et les satellites de Saül ne trouvaient dans son lit , où iis le cherchaient , qu’une statue bien couverte, qui lui avait servi à dérober sa fuite à scs domestiques *.
S’il se servait de sa prudence pour se précautionner contre la jalousie du roi, il s’en servait encore plus contre les ennemis de l’État. • Quand « les Philisins marchaient en campagne , David
• les observait mieux que tons les autres capitai-
• nés de Saül ; et son nom se rendait célèbre > Comme II était bon ami et reconnaissant , il se
fit des amis fidèles qui ne le trompèrent jamais. Samuel lui donna retraite dans la maison des prophètes ’. Achiméicch le grand prêtre ayant été tué pour avoir servi David innocemment, il sauva son fils Abiathar: • Demeurei avec moi , lui dit-il,
• j’aurai le même soin de votre vie que de la
• mienne, et nous nous sauverons tons deux en-
• semble *. » Abiathar, gagné par un traitement si honnête, ne manqua jamais à David.
• I. Keÿ. isni, IS, 10, SI, H, «
» Ibid, xvni, la
■ Ibid. 13.
t Ibid. I», IS.
* Ibid. MX, II, 11, rtc.
S Ibid. XVIII, 30.
I Ibid. XII, .3, 19,111.
' Ibid. Xin, 1.3.
Son halilleté et sa vertu lui gagnèrent tellement Jonathas , fils de Saül , que, loin de vouloir entrer dans les desseins sanguinaires du roi sou père , il n’oublia jamais rien pour sauver David '. En quoi il rendait service à Saül même, qu’il empêchait de tremper scs moins dans ie sang innocent.
Quoiqu’il sût que Jonathas ne le trompait pas, comme il connaissait mieux Saül que lui , il ne se reposait pas tout à fait sur les assurances que lui donnait son ami. Jonathas lui dit ‘ • Vous ne
• monrrez point; mon i>ère ne fera ni grande ni
• petite chose , qu'il ne me la découvre : m'aurait- « il caché ce seul dessein ? ceb ne sera pas. Mais
• David lui dit ; Votre père sait que vous m’iio-
• norez de votre bienveillance; et il dit en lui- » même : Je ne me découvrirai point à Jonathas,
• de peur de le contrister. Vive le Seigneur I et » vive votre âme I il n'y a qu'un petit espace en- « tre moi et In mort. »
Afin donc de ne se point tromper dans les desseins de Saül, il donna des moyens a Jonathas pour les découvrir; et ils convinrent entre eux d'un sigruil, que Jonathas donnerait à David dans le péril
Comme il vit qu’il n’y avait rien à espérer de Saül, il pourvut à la sûreté de son père et de sa mère, qu’il mit entre les mains du roi de Moob ;
■ jusqu’à CO que je sache , dit-il ce que Dieu
• aura ordonné de moi. » V'oilà un homme qui pense à tout , et qui choisit bien ses protecteurs ; car le roi de Moab ne le trompa point. Par cc moyen, il n’eut plus à penser qu’à lui-même. Et il n'y a rien de plus industrieux ni de plus innocent que fut alors toute sa conduite.
Contraint de se réfugier dans les terres d’Achis, roi des Philistins, les satrapes vinrent dire nu roi : • Voilà David , ce grand homme qnl u
• défait tant de Philistins > David fit réflexion sur ces discours , et sut si bien faire l’insensé , qn’AchIs, au lieu de le craindre et de l’arrêter, le fit chasser de sa présence, et lui donna moyen de se sauver.
Environné trois à quatre fois par toute l’armée de Saül , il trouve moyen de se dégager et d’avoir deu.x fois Saül entre scs mains Alors se vérifia ce que David a lui-même si souvent chanté dans scs Psaumes i : • l-e mé-
• chant est tombé dans la fosse qu’il a creusée :
X il a été pris dans les lacets qu’il a tendus. >
Quand ce fidèle sujet se vit maître de b vie de
' I. ttfg. XK XX.
* Ibid. XX, 3» 3.
* Ibid. XX, b,0, 30, 31, Si.
* Ihftl. XXII, 3, 4.
^ Ibid. XXI, 11, 13, etc.
* Ibid. XXIV, H xxxr
* Ps. VII, 18;ix, IC, eic.
TIRKK DE L'ECRITURE. LIV. V
ton nii, il li en liin nuire nvnnlap:c qnceelui de lui faire connaître combien iirorondcment il le respectait , et de confondre les calomnies de ses ennemis. ■ Il lui cria de loin ■ : Mon seigneur et
■ mon roi , pourquoi écoutez-vous les paroles des
• méchants qui vous dLsent ; David attente con-
• tre votre vie ? >c voyez-vous pas vous-méme " que le Seigneur vous a mis entre mes mains?
■ Et j’ai dit : .K Dieu ne plaise, que j’étende ma
• main sur l’oint du Seigneur I Reconnaissez
• donc , d mon ml ! que Je n’ai point de mauvais
• dessein , et que je n’ai manqué en rien à ce
• que je voua dois. C'est vous qui voulez me per-
■ dre. Que le Seigneur juge entre vous et mol , et
• qu’il me fasse justice quand il lui plaira. Mais
• h Dieu ne plaise que ma main attente sur votre
■ personne ! Contre qui vous acharnez-vous , roi
• d’Isniël? contre qui vous acharnez-vous? - contre un chien mort , contre un ver de terre I
• Que le Seigneur soit juge entre vous et moi , et
• (pi'il proli'-gc ma cause et me délivre de vos
• mains. •
Par celte sage et irrrprm'hable conduite , il contraignait sou ennemi à reconnaître sa faute. • Vous
• êtes plus juste que moi, lui dit Saül ’. »
Iji colère de ce roi injuste ne s’apaisa pas pour cela. • David , toujours poursuivi , dit en lui-mé-
• me’ : Je tomberai un jour entre les mains de
• Saül ; il vaut mieux que je me sauve en la terre
• des Philistins, et que Saiil , désespérant de me
• trtmver dans le royaume d’Israël , se tienne en
• repos. »
Enfin , il fit son traité avec Achis , rot de Geth , et se ménagea tellement, que sans jamais rien faire contre son roi et contre son peuple , il s’entretint toujours dans les bonnes grâces d’ Achis *.
Vous voyez Saûl et David tous deux avisés et habiles , mais d’une manière bien différente. D’un cftté , une intention perverse ; de l’autre , une intention droite. D’un côté , Saül , un grand roi , qui , ne donnant nulles bornes à sa malice, emploie tout sans réserve pour perdre un bon serviteur dont II est jaloux ; de l’autre côté , David , unpartlculierabandonnécttrahi, se fait une nécessité de ne se défendre que par les moyens licites, sans manquer à ce qu’il doit ft son prince et à son pays. Et cependant la sagesse véritable , renfermée dans dos bornes si étroites , est supérieure à la fausse , qui n'oublic rien pour se satisfaire.
■ I. Krg un,». 10, II, 10, 11, li, |«.
» Ibiil. la t Ibid. lïTil, I.
* /Md. vxvii,et xxvin.
ARTICLE III
Des curiosités et connaissances dangereuses , et de la confiance gu'on doit mettre en Dieu.
PRIMIÈBK PBOPOSITION.
Le prinre doit éviter les ronsuUatinns cilrienses et Bu|)ert,tjüeu8cs.
Telles sont les consultations des devins et des aslrologuea : chose que l’ambition et la faiblesse des grands leur fait si souvent rechercher.
• Qu’il ne SC trouve personne parmi vous qui
• consulte les devins, ni qui croie aux songes et
■ aux augures. Qu’il n’y ait ni enchanteur, ni de*
• vin , ni aucun qui se mêle d’évoipier les morts.
• Iæ Seigneur a toutes ces choses en exécration.
• Il a détruit , pour ces crimes , les peuples qu’il a
■ livrés entre vos mains. Soyez parfaits et sans
• tache devant le Seigneur votre Dieu. Les na-
• lions que vous détruirez écoutent les devins et
• ceux qui tirent des augures. Mais pour vous, vous « avez été instruits autrement par le .Seigneur
• votre Dieu. Il veut que vous ne sachiez la vérité
• que iKir lui seul : et s’il ne veut pas vous la dé-
• couvrir, il n’y a qu’à s’abandonner à sa pro- « videncc'. »
Les astrologues sont compris dans ces malédictions de Dieu. Voici comme il parle aux Chaldéens , inventeurs de l'astrologie , en laquelle ils se glorifiaient’ : « Le glaive de Dieu sur les Chal-
• déeiis, dit le Seigneur, et sur les habitants de
• Babylone; sur leurs princes et sur leurs sages.
• Le glaive de Dieu sur leurs devins, qui devien*
• dront fous :1e glaive sur leurs braves, qui trem-
• bleront : le glaive sur leurs chevaux , sur leurs
■ chariots , et sur tout le peuple : ils seront tous
• comme des femmes : le glaive sur leurs trésors , « qui seront pillés. >
II n'y a rien de plus faible ni de pins timide , que ceux qui se fient aux pronostics : trompés dans leurs vains présages , ils perdent cœur, et demeurent sans défense.
Ainsi périt Babylone, la mère des astrologues, au milieu de ses réjouissances , et des triomphes que lui chantaient scs devins. Isaïe , prévoyant sa prise , lui parle en ces termes : • Viens , dit-il ’ ,
• avec tes enchantements et tes maléfices , dans
• lesquels tu t’es exercée dès ta j eunesse , pour voir
• s'ils te serviront , ou te rendront plus puissante.
• Te voilà à bout de tous tes conseils, que tu fon-
• dais sur des pronostics. Appelle tous tes devins, « qui observaient sans cesse le ciel , qui contem-
• plaient les astres, qui comptaient les mois, et
• faisaient des supputations si exactes pour t’an-
’ /Vul.Wllf, 10, 11, II, 13, 14.
■ /nmi. L, 30, M, 37.