INNOCENT PP. XL
Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique. méthode que vous vous ôtes proposée pour former dès ses plus tendres années aux bonnes choses le Dauphin de France, et que vous continuez d’employer avec tant de succès auprès de ce jeune prince, pendant qu'il s’avance à un âge plus mûr, nous a paru mériter que nous dérobassions quelque temps aux importantes affaires de la chrétienté, pour lire la lettre où vous avez si élégamment et si pleinement décrit cette méthode. La félicité publique sera le fruit de la bonne semence que vous jetterez , comme dans
Utis nomine ad optima quæqvic Principcm adbortamiir : Mque perapeximus, maxîmo ad virtutem incitaroento fiiiiM. Be«to» verô dos, qui tantS io re tantum poiitilkeoi, Leonem alteruro, allerum Gregorium, imô Peùiun, adjulorem Uobcamiisi
Beatissixe Pateb ,
Yeslræ Sanctilatia
la paUtIo SaiKîennano. Dcvotinalinus ci •
• MartU iCTS. obnUcoUMùDua auua,
Afc tiynatnm ; t J. RRNICNt'» .
rpUcopui CoudonimiU.
El bxc CTJt UucrtpUo : />mn<pw>.
Domina notro innocenlia papa XI.
INNOŒNTIÜS PP. XI.
Ycncrabilis Fralcr, Mlutcm,c*t aposlolicam bcncdifltonein. Rationem ac nioUiodiim , quA prærlaj-ara Dclpiiùù itKiolcm optimis arlibu», ab iacuiiLc a'tatc, iinbuciidaiii susrepit Fratcmita» tua, et rdiciter adol(»crntcni in pnesens iinbuit ; cli^tanter copiosîH[iip dc.scriplain in luis lilteris, dignamjudiraxiiiius,cui |>cilrgenda' tempus aliquod gravis-HÎniis clu'isiiauæ rcipubliae curis sublt'abcrciniis. Et iiuiiicui jacta A le, quasi ni fcrtili solo, semina virliitum
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
ttnc terre fertile , dans Tcsprit d‘un prince que toute rÉglise respecte déjà comme riiérltier d*un si grand roj aume, et qu'elle \oit, sous la conduite d'un illustre père, se rendre digne non-seulement de protéger la fol catholique, mais encore de l’étendre. Entre tant d’instructions de la véritable sagesse , dont vous remplissez l’esprit du Daupliin , ccl!es-tù sans doute sont les plus belles et les plus digues d’élrc incuU{uées sans cesse , qui apprennent à unir ensemble comme choses inséparables, les intérêts et la gloire des rois avec le bien de leurs peuples, et les règles d'un bon gouvernement. Le prince que vous instruisez connaîtra un jour, avec uu grand accroissement du bien public et un agréable ressouvenir de l’éducation qu'il aura reçue de vous , qu'il n est point si beau ni si glorieux d’étre ne dans la royauté , que de savoir s'en bien servir ; et que le plus digne emploi qu’un prince puisse faire de cette puissance souveraine qu’il reçoit de Dieu , c’est de la faire uniquement servir, non pas à contenter ses passions ou le désir d’une gloire vaine , mois à procurer le bonheur du genre humain. Il connaîtra qu'il ne doit jamais former de desseins ni commencer d’entreprises qui s'éloignent de la voie de la justice, et qui ne se rapportent à l’avancement de la gloire de Dieu , pensant souvent en lui-même que les bleus donttiousjouissons en cette vie, comme ils sont des présents de Dieu , doivent être rapportés à celui qui nous les a donnés , et devant qui s’élèvent ou tombent comme il lui plaît les plus triomphants et les plus florissants empires. Au reste, pour ce qui regarde le siège apostolique , nous espérons que ce prince sera puissammeut e.xcité à
in ejiisprincipîsammo.quein mavimi et clarissimi imperii haerâdem olim fliturimi Jam suspioit , et sub inclyti parcR' A tu diaciptinà detensorem propagatorcinque fidei ex(»erUit Ecck^ia univori^i, ubcrcra ptiblicæ relidtatis «c laliHæ mesaem pollici'ntur. (nier plurima aulcm tiberalixdortrtnæ, et venu sapientiæ mouita , quitus regiani Uelphini men> teni infurmas, ilia in prîmis laudamia, ac surplus inculranda tkientur, quæ regm reelè administrandi régulas, et uliU> tatem popiilcMvun , cum regis ti>sius ratiunibus ac laude coojunctam respidunt : quem industrie ac pietali tus ficopuiu pro|X)situm à te fuisse non dubitamus. Intelliget prufiTtà 8UO tumpore , et magiK) sanè cuin Tructu reipiiUi. CS, gratdquo haustœ à te disciplinæ rccordatione IX'lphi* BUK, non tam pulchnim et pnedanim esse regiâ edi sorte., qiiàm uü sapienter : uiltil regid diguilale ac uiagnitudine dignius quàni tradilam ^ l>eo amplissimam potestatem non ad expleodas cupidilates suas, et ad iiiaois gloiiæ ambiUim , sed in præskliiim ac paLrocinium gencris hu« inani uiûcë conferre : niliil cogitare, milium opus aggredi quod Tel ab sequitatü et jusütiæ seniitâ dcllortat, vol ad divioi lionoris inecemeulum non dirigalur; animo identi* dem repiitando, bona onrnia quitus in |ira?senli viU fruimur, à Dec profecU in Deiim ipsum refundi debere , ad cujus nutum wiunlur cl ucckluol invictissima ac flormiis* sima qiiîpqiic imperia. Pom!i ad aposlolicain Sc<Icm colen* dam, et omnibus fîlialis observantiæ ofliciis pruscqiicndam.
IS
lui donner dans toutes les occasions des marques d’une ohcissancc filiale, tant par l’exemple des rois de France ses prédécesseurs , qui , par le respect qu'ils ont toujours eu pour le saint-siège , ont attiré sur ce royaume d'infinis tK-sors de la libéralité du ciel , que par la tendresse et raffection véritablement maternelle, que nous ressentons pour lui dans notre cœur. Cependant nous ne cessons de rendre grâces à la bonté de Dieu qu’il se soit trouve un homme tel que vous, digne d'élever et d'ii^truire un prince né pour de si grandes choses; et nous lui demandons soigneusement dans nos prières que cette âme naturellement portée au bien , que le Dauphin a reçue en partage, y fasse chaque jour, par vos instructions et par vos soins , de nouveaux progrès , et qu’ainsi puissent être instruits à l'avenir tous ceux qui gouvernent la terre. Quant à vous, vcuérahle frcrc, nous vous donnons de bon cœur notre bénédiction apostolique, comme une marque de l’amitié que nous vous portons et de la grande estime que nous faisons de votre vertu.
Donnéà Rome à Saint-Pierre , sous l'anneau du Péebcur, le 19 avril 1G79, et le IIP de notre pontificat.
Signé Marics Spi>(ula.
El au-dc«su8 : notrt vrnrrabU frère i’évéque
de Condom,
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
Ne croyeï pas , monseigneur, qu’on tous reprenne si sévèrement pendant vos études , pour
magDO iUi iodUmenlo seinper fore conlldirous , tam rcligiosiséimorum Gallûe regiim m^oruoi suonim exenipla , uode perennes in Utud regnuin fluxere urvlcstU benelirentiæ thcftauri : liim lunluam ac plané maUTiiam ejuAdem Sedis in ipso ainplectendo charitatem. Nos inlerini Dei benignilali débitas liabcmus gratias, quod Untic spes adule>retiti par cüucalur institulorque coutigerit : et accaratas fuodimus preccs, ut anima bona, quam Delphiima ftortilus est, mullù etiam iuslitutiooe curAque tuA melior flat;et pariter enidiantur omnes,qui jiidicaut terram. Tibique, veDCrabilis Fraler, aposloUcom beoedictioneui, indicein amoris erga te nostri , animique prax taré de lui virtulc exUliiuaiiüs, peramanter iutpertùnur.
Daluin Itoma* apud S. Fetrum , sub anmilo Fiscalori.s, die XIX Aprüis m. ne ixxix , poiitificalûs noslri anni lcrtii.
Signatum Makiuh SprnuLA.
Et lucc ent IlscrlpUo : ^enerabiU /ratri rpUeepo
Condomèmi.