‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 161 sur 518 · POLITIQUE TIRÉE DE L’ÉCRITURE · texte numérisé non relu

POLITIQUE TIRÉE DE L’ÉCRITURE

■ que Dieu donne aux hommes dans celte vio mal-

• heureuse (ou pour leur faire sentir sa libëra-

< Ilté , ou pour leur servir de consolation dans

• leurs misères), ont été accordées même aux Ido-

< létres, qui n'ont aucune part an royaume cé-

> leste , où les empereurs chrétiens sont appelés. Ainsi , nous ne les estimons pas heureux pour

é • avoir ces choses qui leur sont communes avec les . • ennemis de Dieu : et il leur a fait beaucoup de > > grâces , lorsque , leur inspirant de croire en lui ,

• il les a empêchés de mettre leur félicité dans des j • biensdecettenature.IIssontdoncvéritablement ' " heureux, s’ils gouvernent avec justice les pen-

.• pies qui leur sont soumis; s’ils ne s’enorgueili • lissent point parmi les discours de leurs llat- ' leurs , et au milieu des bassesses de leurs conr-

> tisans ; si leur élévation ne les empêche pas de

• se souvenir qu’ils sont des hommes martels ; s’ils

■ font servir leur puissance A étendre le culte de

> Dieu, et â faire révérer cette majesté inflnic;

• s’ils craignent Dieu , s'ils l’aiment , s’ils l’ado-

• rent; s’ils préfèrent au royaume où ils sont les « seuls maîtres , celui où ils ne craignent point « d’avoir des égaux ; s’ils sont lents A punir, et

« au contraire prompts A pardonner; s’ils exer-

• cent la vengeance publique, non pour se satis-

• faire eux-mémes, mais pour le bien de l’État,

• qui a besoin nécessairement de cette sévérité ;

• si le pardon qu’ils accordent tend a l’amende-

• ment de ceux qui font mal , et non à l'impunité

• desmaovalscsactions;si, lorsqu’ils sont obligés

• d’user de quelque rigueur, ils prennent soin de

• l’adoucir autant qu’ils peuvent par des bienfaits

• et par des marques de bonté ; si leurs passions

• sont d’autant plus réprimées qu’elles peuvent

• être plus libres;s’ilsaimentmieux se commander

• A eux-mêmes et A leurs mauvais désirs, qu’aux < nations les plus indomptables et les plus fleres ;

• et s’ils sont portés A faire ces choses non par le « sentiment d’une vainc gloire , mais par l’amour

• de la félicité étemelle; offrant tous les jours A

• Dieu pour leurs péeliés un sacrifice agréable de

• saintes prières, de compassion sincère des maux

• que souffrent les hommes, etd’humil ité profonde 1 devant la majesté du Roi des rois. I.csempereora

• qui vivent ainsi sont heureux en cette vie par

• espérance ; et ils le seront un jour en effet , s quand la gloire quenous attendons sera arrivée.*

DÉFENSE DE LA TRADITION

ET DES SAINTS PÈRES

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