‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 162 sur 518 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

OV EST BlPOfti LE DESSEm ET U DITISIOH DE CCT OLTIUCE.

Il M faut pastbamkKUier plus longti^mps aux Doureaui critiqurs la doctrine des Pères et U tmdUion de TÊ^IIse. S'il n'y a^atlque les hérétiques qui s’iSevasscnt contre une autorité si sainti' ; comme on coimatl leur erreur, la sédac« tion serait moins h cmiiidre : mais lorsqu des catlioliques et des prêtres; des prêtres, dis- je, ce q\ie je répète avec douleur, eutreot dans leur sentiiDeut, et lèveut dans TE ^ise même Tétendard de la rébellion contre les Pères; k>rs(pj'iU prenaimt contre eux et contre r£^liie , sous une belle apparcikce, le i>arti des novateurs, H faut craindre que les fidèles séduits ne disent comme quelques Juifs, lorsque letrompeorAlcboes'insinua parmi eux * : Unprétredu sang d'Aaron, de cette ancienne succession, de cette ordination apostolique à laquelle Jésus^hrist a promis qu’elle durera toujours , est venu d nous , t/ ne noiu trompera pas ; et si ceux qui sont en sentinelle sur U mal* son d’Israél ne sooocnt point de 1a trompette , Dieu demandera de leur nuin le sang de leurs frères, qui seront déçus foute d'avoir été avertis.

U nous est venu depuis peu d'Hollande un livre intitulé. Histoire critique des principaux commentateurs du Nouveau Testament depuis le eommencement du eAristianisme jusqu'à noire temps, etc. ; par H. Simon , prêtre. C'est un de ces livres qui ne pouvant trouver d'appit^teurs dans l’Église catholique, ni par conséquent de permissiao pour être imprimée parmi nous, ne peuvent paraître que dans un pays où tout cet permis , et panni les ennemis ^ la foi.

Crpeodant, malgré la vigUance et 1a sagesse du magistrat , cet Hvres pénètrent peu à peu ; ils se répandent , on se les dôme les uns aux autres : c'est un attrait pour les foire tire, qu'ils soient recherchés, qu’ils soient rares, qu'ils soient curieux, en un root qu'ils soient défoodus , et qu’ils contiennent une doctrine que perso ow ne veut ap- I prouver ; c'est un air de capacité et de science , que de s'é- ! carter des sentiments communs : et ceux qui ne songent ^ pas qu'il y a une mauvaise liberté, kmcnl les auteurs de ces livres comme gens lfl>res et désabusés des préjugés communs.

A toutes ces qudités l'aateur do livre dont nous parlons rdoute celle d'èlre critique , c’est-4-dire , ds peser les mots par les règles de la grammaire ; et 11 croit pouvoir imposer au monde , et décider sur la foi et sur la théologie par le grec ou par l'hébreu dont U se vante.

Sans ici lui disputer l'avantage qu'il veut tirer de ces langues, et sans embrasser le parti de ceux qui y excellent le

' t. Mockeb. Vil, t«.

I plus , et qui n’avouent pas que M. Simon y ait fait autant I de progrès qu'il se i'ipiagine , je me contcuU>rai de lui faire voir dans la suite de cet ouvrage , qu’il est tout À foit novice eo IliéoUigie , cl non- seuloniont qull prononce trop hardimest, mais encore qa'il prononce mal , pour ne lieu dire de plus, sur des matières qui le passent.

Avant que d'entrer dans cette discussion , il faudrait donner en général une idée de son ou vrage ; nrais personne ne le saurait faire bien iM-écisément. S'il s'en foltail rapporter au titre, on croirait qu’en promettant de donner l^Utoire des principaux commentateurs du Nouveau Testàmciit , n voudrait nous faire coiin;iltre seulement leur génie et leur savoir, leur genre décrire, leur mankio d'interpréter, le temps et Poccasion de leur coüi|K>sition , et les autres choses semblables , sans entrer tlaiis les questions, ou décider sur le fond , qui serait un ouvtage immense , et auquel plusieurs grands solunies ne suniralenl pas; mais co n'est pas le dessein de notre auteur. Sous prétexte d'uuc analy-se toUc quelle , qu'il tait sémillant de vouloir donner de certains endroits , il veut dire son sentiment sur le fond des explicaliuns , louer, corriger, reprendre qui il lui plaira, et les Pères couujie h» autres; décider des qiicstious : non {tas è la vérité de toutes, car ce serait une entreprise infinie, mais de celles i|u'il a voulu choisir, et en particulier de celh's où il a occa’<ton d'insinuer les sentiments des sociniens , tant contre la divinité de JAsusdiristqnesur la matière de la grâce ,où ,en com* mettant les grecs avec les latins, et les Pères les plus ajidens avec ceux qui les ont suivis, il interpose son jiigcroott avec une autorité qui assurément ne lui convient pas.

On ne voit donc pas {wurqaoi U lui plaît d’entrer dans ces questions, puisque assurément il n'est pas possible qu’il les éclaircisse autant qu’il faut dans un volume rommo le sien : ce qui est cause qn'en remuant une inûnilé de ditficultés , qu’il ne peut ni ne veut résoudre , il n'est propre qu'à foire naître des doutes sur la religion ; et c’e.st un uouveau charme pour les libertins , qui aiment toujours à douter de ce qui les condamne. On ne peut rendre non plus aucune raison du clioix qu'H a fait des aiileursdoat il a voulu composer sa roropilatioo telle quelle. S'il se vmilaJl lédiiiie selon son titre, à traiter des commentateurs du Nouveau Testament, on ne voit pas ce qui Tohligeait à parler de saiut Athanase , de saint Grégoire de Nazianze , et des autres qui n'ont point fait de commentaires , ni des écrits polémiques de ces Pères , ou de ceux de saint Augustin. Si, sous le THunde commentateurs, il veut comprendre tous les auteurs qui ont traité du Nouveau Testament, c'est-à-dire, tous les auteurs ecclésiastiques . on ne voit pas pourquoi ü oublie un saint Anseime» un Hugues de saint Victor, un saint Jfernard, et surtout un saint Grégoire te Grand; d'autant plus que les deux derniers,

I outre qu'ils ont traité comme 1<^ autres la doctrine de TÉ-

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