‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 164 sur 518 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La tiadilion attaquée onrcrteinent en la personbe de aaint Augustin.

Pour commencer par où il commence luimême , c'est-ù-dire , par saint Augustin , il l'attaque sans déguisement , comme sans mesure , dès les premiers mots de sa préface ; et il l'attaque sur la matière où II a le plus excellé , qui est celle de la grâce : ce que je remarque ici , non dans le dessein d'entamer ce sujet, que je viens de réserver pour la fin de cet ouvrage , mais seulement pour montrer dans le procédé de l'auteùr un mépris manifeste de la tradition qu'il fait semblant de vouloir défendre. Je dis donc, avant toutes choses , que M. Simon ne craint point d'accuser saint Augustin , sur cette matière ' , d^être fauteur ffun nouveau système, de s' être éloigné des anciens commentateurs, et Savoir inventé des explications dont on n'avait point entendu parler auparavant.

Voilà comme il traite celui qu'il appelle en même temps le docteur de l'Ocddcnt ; et il semble qu'il ne le relève que pour avoir plus de gloire à l'atterrer. Son ignoranee est extrême , aussi bien que sa témérité. S'il avait lu seulement avec une médiocre attention les livres de ce saint docteur, il l'aurait toqjours vù attaclié à la doctrine qu'il avait trouvée, comme il dit lui-même , très fondée et très établie dans toute l'Église. Il n'y a aucune partie de son système , puisqu'il plaît à notre auteur de parler ainsi, que ce grand homme n'ait appuyée par le témoignage des Pères ses prédécesseurs , et des grecs comme des latins ; où il ne les suive , pour ainsi dire , pas à pas , et qu’il ne trouve très-solidement et très-invinciblement établie dans les sacrements de l 'Église et dans toutes les prières de son sacrifice.

M. Simon cependant l'accuse d'être un nova-

• Prit.

tenr : c’est ce qu’il avance dans sa préhce ; c’est ce qu’il soutient dans tout son livre, où, à vrai dire , il n’a en but que saint Augustin. Il en revient, à tontes les pages, aux nouveautés de ce Père , à ses opinions particulières , auxquelles U accommode le texte sacré. Il ne songe qu’ù le rendre auteur des sentiments les plus odieux, comme de ceux de Luther et de Calvin. Il affecte de dire partout que ces impies, qui font Dieu cause du péché, et Wiclef, qui est l’auteur de ce hlasphème, regardaient saint Augustin comme leur guide ; sans avoir pris aucun soin de leur montrer qu’ils se trompent , et même sans l’avoir dit une seule fois : en sorte que noua pouvons dire que tout son ouvrage est écrit directement contre ce saint

CH.APITRE II.

Que M. SimoQ se roodamoe lui-méine , en avouent que saint Augustin , qu'il accuse d'ètre novateur, a été suivi de tout l'Occident.

Il ne sera pas malaisé de le réfùter; mais, en attendant que j'entreprenne une si facile et ai nécessaire réfutation , il est bon de faire voir, en un mot , que oc téméraire censeur se réfute lui-méme le premier. Car, en attaquant si hardiment ce saint docteur ' , il est forcé d’avouer en même temps qu'il est te docteur de l’Occident , et que c'est à sa doctrine que les théologiens latins se sont principalement attachés; ce qui s’entend, de son aveu propre, de ce qu'il a enseigné sur la matière de la gidee plus encore , sans comparaison , que de tout le reste ; car c’est à l’occasion de cette matière que notre auteur demeure d’accord que saint A ugustin était devenu V oracle de l’Occident *. Voici donc le prodige qu'il enseigne : qu'une nouveauté, une opinion particulière, une explication de l'Écriture, dont on n’avait jamais entendu parler, et encore une explication dure et rigoureuse, comme l’appelle M. Simon à toutes les pages , a gagné d'ahord tout l'Occident.

Je n'en veux pas davantage , et , sons ici disputer pour saint Augustin contre sou accusateur, j'appelle son accusateur insensé devant l’Église d'Üccident , à qui il fùit suivre la doctrine d'un novateur, sans songer qu’avec l'Église d'Occident il accuse d'innovation toute l'Église catholique , qu’elle a maintenant comme renfermée dans son sein. Mais afin qu'on pénètre mieux l'attentat de ce critique, non pas contre suint Augustin , mais contre l’Église, il faut tirer de son livre une espèce d'histedre abrégée des approbations de la doctrine de ce l’erc.

■ eref.

• P. 3.TJ.

TRADITION , iTc. 4(f

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