CH.\P1TRE VII
Taille réponse de M. Sifium , que saint Angustin n’esl pas
la règle de notre fui : malgié ccUe cuviilatioo, ce rriii-
que ne laisse pas d’ètre convainen d’avoir ooodaifuié les
papes, et loule rEglise qui les a stiiris.
Il n’est donc pas ici question de savoir si les sentiments de saint Augustin sont la règle de notre créance , qui est le tour odieux que M. Simon vent donner à la doctrine de ceux qui défendent l’autorité de ce Père. Non , sans doute , saint Augnstin n’est pas la règle de notre foi , et aucun docteur particulier ne le peut être; il n’est pas même encore question en quel degré d’autorité les papes ont mis ses ouvrages en les approuvant : car nous réservons cet examen à la suite de ce traité. II s’agit ici de savoir si, après que saint Augustin est devenu l’oraele de l’Occident, on peut le traiter de novateur sans accuser les papes et toute l’Église d'avoir du moins appuyé et favorisé des nouveautés , d'avoir changé la doctrine qu'une tradition constante avait apportée, et si cela même n’est pas renverser les fondements de l’Église.
Il ne faut pas que M. Simon s’imagine qu’on lui souffre ces excès , ni que sous prétexte que quelques-uns auront abusé dans ces derniers siècles du nom et de In doctrine de saint Augustin , il lui soit permis d’en mépriser l’autorité. C’est déjà une Insupportable témérité de s'ériger en eenseurd’un si grand homme , que tout le monde regarde comme une lumière de l'Église, et d'écrire directement contre lui ; c’en est une encore
ET DES SAINTS PÈRES. UV. I
plus grande, et qui tient de l’impiété et du blasphémé, de le traiter de novateur et de fauteur des hérétiques : mais le blâmer d'une manière qui retomberait sur toute l'Église , et la convaincrait d'avoir changé de croyance, c’est le comble de l'aveuglement j de sorte que dorénavant Je n'ai pas brâoin d'appeler à mon secours ceux qui respectent, comme ils doivent, un Père si éclairé: ses ennemis, s'il en a, sont obliges de condamner M. Simon , & moins de vouloir condamner l’Église même , la faire varier dons la foi , et imiter les hérétiques, qui par toutes sortes de moyens tâchent d'y trouver de la contradiction et de l'erreur.