CHAPITRE XVI
Pourquoi uist Augutlio el les anciens ont dit qae rcucliS'
risUe était nécessaire, et qu’elle l’est en effet; mais en
son rang et à sa manière.
Mais d'où vient donc que saint Augustin a établi la nécessité de l'eucharistie? La question n’est pas dlflidle. Il en a établi la nécessité, parce qu'en effet elle est nécessaire. Jésus-Christ n’a pas dit en vain : &' vous ne mangez ta chair du Fils de l’homme , et ne buvez son sang , vous n’aurez point la vie en vous L’eucharistie est donc nécessaire, mais à sa manière. La chose t de ce sacrement , qui est l’incorporation au corps mystique de Jésus-Christ, est itéeessaire de né-
' Rom. Tiii , 17.
• Cotou. I , IS.
• Joan. ?1 , M
• OardM.
cessité de salut ; nuiis saint Augustin nous a fait voir qu'on la trouve dans le baptême ; et le sacrement de l'eucharistie , établi pour signifier plus expressément une chose si nécessaire , est nécessaire aussi; mais toujours, comme on a dit, à sa manière , de nécessité de précepte , et non pas de nécessité de moyen , ainsi que parle l'école : ou , si l'on veut s'expliquer en termes plus simples , l’eucharistie sera nécessaire comme nourriture dans la suite pour conserver la vie chrétienne ; mais elle suppose auparavant une autre première nécessité , qui est celle de naître en Jésus^ihrist par le bapttoe. On peut être quelques moments sans manger, mais on ne peut être un seul moment sans être né ; car ce serait être avant que d’être. Ainsi la première nécessité est celle de recevoir la vie avec la naissance ; et la seconde , qui en approche , qui est de même ordre , mais toutefois moindre et inférieure , est celle de recevoir des aliments , afin de conserver la vie. Appliquez cette comparaison à l'eucharistie , vous trouverez la difficulté très-clairement résolue. Il faudra seulement penser que , coirune les eomparalsons des choses naturelles avec les morales ne sont jamais parfaitement justes , la nécessité de recevoir le céleste aliment de l’eucharistie aura une latitude que la nourriture naturelle n’aura pas ; et la connaissance en dépend des principes constitutifs de l’homme spirituel régénéré par le baptême , à qui l’Église , qui lui est donnée pour mère et pour nourrice tout eiuiemble , doit prescrire les temps convenables pour recevoir cette divine iKNirriture.