CHAPITRE XVIII
La nécessilê de l'niclisrisüe est expliquée seloo les principes de saint Aogiistin par la nécessité du baptême.
Ainsi il ne fallait pas abuser des passages où l’eucharistie est posée comme nécessaire. Saint Augustin a donné lui-même'les ouvertures pour les expliquer. Il a dit en cent endroits ' , et nous disons tous après lui , que le baptême est nécessaire. En disons-nous moins pour cela , et lui et nous , qu’on est sauvé sans baptême en certains cas ; par exemple , par le martyre , et par la seule conversion du cœur? Que si cela n’empêche pas que le baptême ne soit jugé nécessaire , parce qu’il en faut du moins avoir le vœu , n’en peut-on pas dire autant de l’eucharistie , dont le vœu est en quelque façon renfermé dans le baptême? Car quiconque est baptisé en Jésus-Christ, reçoit avec le baptême , non-seulement un droit réel sur
■ De petr. mer. et remiu. Ub. t, ap . xt ; Hb ni , e*p. tu. Comtro Jmt. lib. T, cap. ili.'IV aaim. et ej. orig. Ub. i, cap. Il ; lib. n , cap. iii De eiviL Del , llb. im , cap. Tii. De Bop~ (i«M.coa/re £>0m/. iT, cap. xiii.
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ET DES SAINTS PERES. LIV. 1
le corps et sur le sang de Jésus-Christ , mais encore une tendance secréte à cette viande céleste , et une intime disposition à la désirer.
Elie est donc dans le baptême par le désir , comme le baptême est par le désir dans In conversion du cœur et dans le martyre ; et ainsi la nécessité de l'eucharistie est comprise en quelque façon dans celle du baptême même.
Ainsi , au lieu de chercher querelle à l'Église, de propos délibéré , et de la faire errer dans ses plus brâux Jours , dès son origine , et encore dans le temps de saint Augustin , sur une matière si claire , il n'y avait qu'è dire en trois mots , que le baptême et l'euchariatie , à la vérité , sont nécessaires , mais non pas en même degré , ni de la même manière , parce qu'au défaut de l'eucharistie les petits enfants ont le baptême , qui les incorpore à Jésus-Christ : au lieu que si le baptême leur manquait; comme il n'y a point de sacrement préc^nt qui en supplée le défaut , le baptême sera pour eux d’une première et inévitable nécessité : ce qui ne peut convenir à l’eucharistie , qui aura été prévenue par la sanctifleation du baptême.