CHAPITRE IV
Que les moyeiLSde M. Simon «mtie I'f.criturt portent éfui. lenienl crmtre la Iradilion , et qu'il tlélruit l'autorilti des PCres par les rontradictions qu'il leur attribue. Passage de saint Atlianase.
C'est encore dans le même endroit une autre remarque fort essentielle A notre sujet, que par le même moyen par lequel l'auteur alTalblit les preuves de l'Écriture, il détruit également celles qu'on tire de la tradition. Voici ce qu'il dit sur l'Écriture Cela ( la dispute qu'on vient de voir sous le nom de saint Athanase et d'Arius ) nous apprend qu’il ne faut pas toujours réfuter les novateurs par f Ecriture; autrement il n’y aurait jamais de fin aux disputes, chacun prenant la liberté d’y trouver de nouveaux sens. Mais il sait qu'il en est dp même des Pères, et que chacun
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PÉHES. UV. II. SOI
.prend ta liberté de leur donner de nouveaux sens, comme à f Écriture. 11 choisit donc un moyen contre les preuves de l'Éci iture, par lequel, en sa conscience, il sait bien que la tradition tombe en même temps ; et il n'y a qu'à suivre cet aveugle pour tomber inévitablement avec lui dans le précipice.
Il ne faut pas dissimuler qu'il remarque dans ce même lieu ' , qu'cncore que saint Athanase n'oppose presque aux ariens que f Écriture sainte , il n’a pas négligé les preures qu’on tire de la tradition, et même que finalement il nous renvoie A l'ÉgliK et au concile de Nicéc. Mais (lour ce qui est de l'Église et de ce concile, l'auteur ne tardera pas à nous ôter ce refuge, qu'il semble nous donner Ici ; et pour la tradition , on peut voir d'abord avec quelle froideur il en parle, puisqu'il se contente de dire que saint Atlianase ne la néglige pas. Il nous prépare par ce i»tlt mot à ce qu'il en dira ailleurs plus ouverlement, et jiar avance nous venons de voir le principe qu'il a posé pour la renverser.
J'observe enllii, dans le même lieu, ce qu'il dit de saint Athanase ' : qu'i'f nous découvre luime'me à la fin de son Traité de fincarnation du Verbe, d’où il tirait les principes de la théologie. Car parlant en ce lieu à celui à qui il adresse son ouvrage , il lui dit : $i après avoir lu ce que je viens de vous écrire, vous vous appliquez sérieusement à la lecture des livres sacrés , vous y apprendrez bien mieux et bien plus clairement la vérité de tout ce que j’ai avancé. Un moment auparavant, il ne travaillait qu'A nous faire sentir qu'il n'y avait rien de convaincant dans les preuves de l'Écriture; il fait dire ici A saint .Athanase , qu'il n'y a rien de plus clair : A quoi aboutit cet embarras , si ce n'est A conci ure , d'un côté, que les Pères et saint Athanase luimême , qui est le maître de tousiesautres en cette matière, opt prétendu trouver la Trinité clairement et démonstrativement dans l'Écriture; et de l'autre côté, que l'expérience nous a fait voir le contraire , et que les disputes par l'Écriture n'ont aucun fruit?