CHAPITRE VI
Yrmie idée tle la tradition, et que faute de l'avoir suivie
l'auteur iuiluit son Icelcur à l'itulitTerence des religiuu.s.
Ce n’est pas ainsi qu’il faut établir In nécessité de la tradition; et la métluHie de l'appuyer sur les débris des preuves de l'Éerilure , est un moyen qui tend plulùt à la détruire. Elle se prouve por deux moyens ; l’un , qu’il y a des dogmes <(ui ne i sont point écrits , ou ne le sont point clairement ;’ l’autre, que dans les dogmes oti rEeriture est la plus claire, lu tradition est une preuve de cette évidence : n’y ayant rien qui fn.sse mieux voir l'évidence d'un passage jHiur établir une vérité , ipic lorsque l’Eglise y a toujours vu cette vérité dont il s’agit.
Pour prendre donc l’idec véritable de l’Eeri- Inre et de la tradition , de la pamle écrite et non écrite, il faut dire, comme notiTauteura dit (jueli|uefois, mais non pas aussi clairement qu'il le fallait , que les preuves de l’Écriture sur certains points principaux sont convaincantes par ellesmêmes : que celles de la tradition ne le sont pas moins ; et qu’encorc que cbacunes à part puissent subsister par leur propre foi-ce, elles se prêtent la main , et se donnent un mutuel secours.
Selon cette règle invariable, on fait bien de joindre la tradition aux pas.sages les plus évidents de l’Ecriture , comme une nouvelle preuve de leur évidence. Mais c’est mal fait de n’alléguer In traililion que pour affaiblir, sous ec prétexte, les preuves de riieriture; encore plus mal d’avoir mis toute la force de l’Eglise dans la tnidition, dont en même temps on suppose (jue l’on ne se i servait pas; et enfin le comble du mal , c’est l’affectation de faire sortir d'une dispute un catholique et un arien avec un égal avantage, sans que ni l’un ni l’autre prouve rien; en sorte qu'il ne ; reste plus qu’à tirer cette conséquence, que tout ■ cela est indifférent. 1