‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 192 sur 518 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

Qm M. Simon «’esl rffiirré de ilélniire l’aulofilé de la tnuliliim , oxnmr relie de rSrrIlure , dans la ilispiile de saint Augustin cuntiv l'élane : idée de cet aulftir sur h crilii|ue , i t que 1a sienne n’est , «loo lui-niévue, que rliiranc : fuisse doctrine quil allrihue à s.vint Augiistin sur la traditioa , et contraire è celle du concile de Trente.

Notre auteur a voulu trouver le même défaut dans lu dispute de saint Augustin contre les pélagiens. Selon lui ' , saint Augustin a toujours cru Ut dispute sur le pêehê uriginel Ircs-claircmenl décidée par la seule nutorilé de l'Ecriture. Il pnxluit lui-méme un passage où ce Peredit : ilUfV AptUre nepoumit /larler p/ut précise innit , plus clairement, p/us dècisirrmcnl’ que lorsqu'il a proposé Adam eomme celui en qui loua avaient prélié, »'« quo omnes pecearerunO. Il n'importe que M. Simon , trop favorable ù Pelage , soutienne dans tout son livre , non-seulement ù saint Augustin, mais encore a trois conciles d’Afrique et au concile de ’l'rente, que ce passage qu'ils ont employé cmniiic le plus décisif,

■ lie l'est pas (c’est ce que nous v errons ailleura); il nous suffit maintenant que saint Augustin , eomme l'avoue notre auteur ‘ , fût j>ersuaüé qu'it j arait prouvé ta créance de l'Éijlisc par des passatjes de l'Écriture qui ne prurcnl être roatestcs. G est doue 1 esprit de l’Eglise de croire que l’oii (ximbattait en cerlains points la doctrine des IiérétUpics, par des passages si clairs, qu’il ne leur restait, à vrai diiv, aucune répliqtic. Mais il semlile que notre auteur lie nous monire cette vérité que pour la dé'truirc; puisqu 'après avoir vainement tâelié de re(Knidre par la critique un passage de saint Paul , il conclut enfin ses remarques grammaticales par cetlc exclamation* : Tant il est difficile de convaincre tes hérétiques pardes textes si/orme/sde f Ecriture, qu'on n'tj puisse troureraucunenmbiijuilé, surtout quand ils sont exe nés dans la critique.' CeM donc là le fruit de la critique, d’apprendre aux hérétiques à éluder les passages où les saints l’eres et Imite l’Eglise ont trouvé le plus d’évidenee, et de leur faire trouver an contraire, comme ftiit M. Simon en cette occasion, des aiubiijiiités, c’esi-ù-dire, des chicanes et des pointillés de grammaire.

Mais ce qui monire que ce critique ne fait que brouiller, c’est qu 'après avoir affaibli les preuves de l’Ecriture par son reeonrs aux traditions, il été encore à ia tradition ce qu’elle avait de plus fort dans l’antiquité, c’est-à-dire, le témoignage de saint .Augustin. On sait que ce saint doeleur.

' P. iwi.

* .-tiiy. itt' /wYv. iMfr. I, 10.

Digitize:^ b'/ Cf''vqlv

ET DES SAINTS PÈ!\ES. LIV. II

qui avait di'jù établi d'uiu.' manière invincible l'autorité de la tradition «outre les donatistes rebap- Usuiits , atterre encore les pélagieus par In même voie, en leur opposant le consentement des l’ercs, et des Grecs autant que des Latins, comme une des preuves les plus constantes de la vérité. Que dit cependant M. Simon? voici ses paroles ' : Saint Augustin fait aussi venir quelquefois o son secours la tradition fondée sur les témoignages des anciens éerieains ecclésiastiques ; tnais il semble ne la suivre que comme un accessoire pour s’accommoder à la méthode de ses adversaires, qui prétendaient que toute la tradition était pour eux. C'est nous montrer la preuve de la tradition, non comme une preuve naturelle et du propre fond de l'Kglise, mais comme une preuve étrangère et empruntée de ses ennemis; non comme une prenve constante et perpétuelle, mais comme une preuve que l’on appelait quelquefois à .son secours ; non comme une preuve essentielle et principale , mais comme une preuve accidentelle et accessoire. Voilà l'idée qu'on nous donne de la tradition dans la dispute contre Pélage.

Mais elle est directement opposée à celle du concile de Trente , qui décide que la tradition , c'est-à-dire , In parole non écrite , doit être reçue avec un pareil sentiment de piété et une pareille révérence, part joic<a?« ae rrverenlid ’. Ce ii'est done ni un accessoire , ni rien d'étrar^er à l'Église , mais le fond même de sa doctrine et de sa preuve , aussi bien que l'Écriture.

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