CHAPITRE VllI
Vaine excuse de M. Simon, qui dit qu'il n’écrit que i>our
les savants : quels sont les savanU pour qui il écrit.
Mais il n’écrit , dit-il , que pour les savants qui en peuvent tirer quelque avantage. Pouwiuol donc , puisqu’il y a parmi nous une langue des savants, ne parle-t-il pas plutôt en celle-là? Pourquoi met-ii tant d’impiétés , tant de blasphèmes entre les mains du vulgaire , et des femmes , qu’il rend curieuses , disputeuseset promptes à émouvoir des questions dont la résolution est au-dessus de leur portée? Car, par les soins de M. Simon et de nos auteurs critiques , qui mettent en toutes les mains Indifféremment leurs recherches pleines de doutes et d’incertitudes sur les mystères de la fol , nous sommes arrivés à des temps semblables à ceux que déplore saint Grégoire de Nazlanxe * , où tout le monde et les femmes même SC mêlent de décider sur la religion , et tournent en raisonnement et en art la simplicité de la croyance. On a cette obligation à notre auteur et à ses semblables , qui réduisent l’incrédulité en méthode , et mettent encore en français cette espèce de libertinage, afin que tout le monde devienne capable de cette science. Et pour ce qui est des savants à qui le criti ',ue se vante de profiter, de quels savants veut-il parler? Les véritables savants n’ont que faire ni de Socin ni de Crcllius , que pour apprendre leurs sentiments, lorsqu’il faut les réfuter. La critique de ces auteurs n’est
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pas si rare , leur méthode n’est pas si nécessaire qu’on en puisse tirer un grand secours. Pour quels savants écrit donc M. Simon , si ce n’est pour ces esprits aussi faibles et aussi vains que curieux qui ne trouvent rien de savant s’il n’est extraordinaire et nouveau? M. Simon a écrit iwur satisfaire ou plutôt pour irriter leur cupidité et l’insatiable démangeaison qu’ils ont de savoir ce q\ii n’est bon qu’à les perdre.