CHAPITRE X
Le Cl ilique se laisse embarrasser des opinions des sodnicus , et les justifie par ses répousos.
Parmi une Infinité de passages de notre auteur, que j’omets , je n’en puis dissimuler quelquesuns, qui à la lin feront connaître de quel esprit il est animé. Schilchtingiux , dit-il ', donne un nouveau sens aux paroles de saint Jean, Vea- B»H KR\T APHD Decm. Cijr il CToU que Jésus- Christ était avec Dieu ( apco Deum ) , parce qu’il était monté en effet au ciel; et il te prouve par cet autre passage du même évangéliste : Pebsoxisx ns hoste au ciel que celui gri EST DESCEnnu ov citLyUrc. Sur quoi il s’étend au long dans la note sur cet endroit, comme XI Jésus-Christ avait voulu prouver en ce lieu qu’il était au-dessus de Moïse et des prophètes, parce qu’il n’y a que lui qui soit véritablement monté au ciel, et qui en soit descendu; en sorte qu’il aura appris dans le ciel même la doctrine qu’il enseignait aux hommes. Ce qu’il répète sur le chapitre vi, *. 62, du même évangéliste, cfù nous lisons : Si nonc vous voyez le Fils DS L’nOHMEHOnTEa ou IL ÉTAIT AUPARAVAMT. Je rapporte au long ce passage de M. Simon , afin qu'on voie le grand soin de ce critique à mettre dans tout son jour la doctrine des unitaires. Pour ne rien laisser à deviner, il rapporte encore les conséquences de son auteur, qui dit que Jésus-Christ né sur la terre ne pouvait descendre du ciel , ni en être envoyé , s'il n’y montait : d’où il conclut qu'en effet il y montait et
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en descendait souvent; et que c’est l'unique raison iwur laquelie saint Jean a pu dire qu’il était au commencement avec Dieu, apud Deuv.
Il n’y a rien de plus pitoyable que tout le raisonnement de cet auteur. Il suppose que Jésns- Christ montait et descendait souvent du ciel. C'est sans fondement, et l’Évangile ne nous fait connaître qu'une seule ascension de Jésus-Christ, non plus qu'une seule descente actuellement accomplie. Le socinien suppose encore que Jésus- Christ n'es» né que sur la terre ; c’est In question. Il sait bien que les catholiques le reconnaissent né dans le ciel comme Verbe. Il n’y a donc rien de plus naturel ni de moins embarrassant à un catholique que de répondre à cet liérétique : qu'en effet le Fils de Dieu est né dans le ciel , et qu'il en est descendu quand il s'eat fait homme. C’est aussi à quoi nous conduit la suite du texte sacré. C'était au commencement et avant l'Incarnation que le Verbe était avec Dieu : c'est dans la suite qu’il s’est fait homme et qu’il a habité au milieu de nous; et depuis qu’il a commencé « Aobiler, c'était a Nazareth ou à Capharnaûm qu’il avait son habitation , et non pas dans le ciel avec son Père. Il n'y a rien là que de clair et de littéral ; et M. Simon , qui , à cette fois, fait semblant de vouloir répondre à ce socinien, n'avait que ce mot à dire pour trancher nettement la difficulté ; mais comme si cette réponse , qui est celle de toute l'Église , était vainc ou obscure , M. Simon n’en dit rien ; et comme embarrassé de l'objection , il tire la chose en longueur par ce circuit ; L’interprétation paradoxe et inconnue à toute l'antiquité île ce socinien a été approuvée de plusieurs unitaires , parce qu’elle a du rapport avec leurs préjugés, et qu’elle exprime smPLEHENT et sans aucune métaphore les paroles du texte; mais il est nécessaire en beaucoup d endroits, surtout dans l’Évangile de saint Jean, de recourir aux métaphores pour trouver le sens véritable et naturel. Ainsi , sans nécessité , il abandonne au socinien la simplicité de la lettre , pendant que le texte même est évidemment pour les catholiques. Il se réserve, comme pressé par la lettre, à se sauver par la métaphore. Son recours à l'antiquité dans cette occasion aide encore à faire penser qu’il n’a que cette ressource , et il ne travaille qu’à rendre l'erreur imincibic du côté de l’Écriture.