CHAPITRE XIV
Tout r«ür du livre de M. Simon in»piro le lüj<‘rtiiui;;c r\ le m^pri^do l.i i)u’j| alTi'cte |iarU>ul d'u|>|tuM'r
à U üimidicilé de rhcritiire.
Outre les pas»ages particuliers qui appuient ouvertement les sociniens, tout l'air du livre leur est fa> arable , parce qu'il inspire une liberté, ou plutôt une indifférence qui alTalhlit insensiblement lu fei'meté de la foi. Ce n'est point cette force des saints Pères, qui , sans rien imputer aux héivsies (|ui ne leur convienne, dtvouvrent dans leurs earactércs naturels quelque chose qui fait horreur. M. Simon, au contraire, par une fausse équité , que les sociniens ont introduite , ne veut paraître implacable envers aucune opinion, et parait vouloir contenter tous les partis. H inspiro encore partout une certaine simplicité que les méin(^ sociniens ont tdebé de mettre à la mode. Elle consiste à déixmiller la religion de ce qu elle a de sublime et d'impénétrable , pour la rnp|X)rter da- j vantngc au sens humain. Dans cet esprit, il ne fait i paraître que du dégoût et du déilaiii pour la théo- I logie, je ne dis pas seulement ]>uur la théologie scolastique, qu'il méprise au souverain degré, mais pour li>ute la théologie en généra! ; ce qui est | encore une |wirtie de eet esprit sociiiicn qu'il a | fait régner dans tout son livre. i
Pour l'entendre, il faut remarquer que dans , son style le littéral est opposé au théologique. Par ' exemple il bldmc Servet de s’étre attaché à réfu- [ ter certains passages dont sc servait Pierre Lom- i Ijard , sans considérer, dit-il ' , que les anciens docteurs de l'Église ont appliqué à la Trinité certains passages plutôt par un sens ihvohgique que litléralct naturel; comme si la théologie, c'i‘st-n-dire, la contemplation des mystères sublimes de la religion , n’était pas fondée sur la lettre et sur le sens naturel de l’Écriture, ou que les sens
qu'inspire la théologie fussent forcés et \iolenN, et que ce fnss4*nt choses oj)j)os<'*es d'explhpier théo logiquement rÉcriture , et de lexpliquer naturellement et littéralement. C'est ce qu’il im’ulque eu un nuire endroit d’une manière encore plus forte, lona|u'en (variant de saint .Augtistinil ose dire' : qu'il SC faut pncuidionner contre lui, en lisant dans scs écrits plusieurs jHts.sages du ISoui'cnu Testament qu'il a expliqués par rapport à ses opinions sur ta grâce et sur la prédestinnlion ; ce qu'il conclut en disant que ses explications sont pltdtd Uiéotogiques que littérales; ce qui est dans le style de eet auteur le comble de ce qu'on (veut dire pour 11*8 décrier. C'est le laug;ige ordinaire de notre eritM(ue, et on le trouvera semé dans tout son livre.
Ainsi l'idée qu'il altaelie aux explientionstiuM>logiques est d'avoir je ne sais quoi de subtil et d’alambiqué , qui s’écarte du droit sens des livre.s saints , qui par conséquent doit être suspect, puisqu’il se faut prccautionner contre. C'est ce qu’il attribue perpétuellement à saint Augustin, qui est devenu l'objet de son aversion , parce qu’on trouve dans ses écrits, plus peut-être que dans tous les autres, cette sublime théologie qui nous élève au-dessus des sens et nous intnKluit plus avant dans le cellier de l’Époux, c'est-à-dire, dans la profonde et intime contemplation de la vérité.