‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 225 sur 518 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Historiette du docteur U'Espeasc, relevée malirieuseraeiil par l’auteur iwur lilümer noiiie , et inépri.sr-r de nouveau la lltéologip, romme induisant à l’erreur.

Voici encore, sous le nom du docteur d'Espensc, un trait de malignité contre la théologie, ou plutôt contre la religion : Il nous apprend, dit-il', qu’un gealilhomme romain, qui n’élail pas ignorant , lui disait souvent, que ceux de son ]>ays avaient un grand éloignement de l’étude de la théologie, de peur de devenir hérétiques; qu'ils s’appliquaient seulement au droit civil et au droit canon, qui leur ouvrait le chemin dans la roule, pour parvenir aux évêchés, au canlinatal, etaux plus grandes nonciatures. On m’uvoucra que ni le discours de ce gentilhomme , ni le récit de d’F-spense ne servait de rien à la critique , si ce n'est à celle qui fait les moqueurs , qui se livrent a i'esprit de dérision tant réprouve dans l’Écriture, sans même épargner la reli;pon et l'Église. Cette remarque de M. Simon n'est bonne qu'a faire penser aux lilrertins ([u’eii étudiant In théoiogie, c'est-à-dire, en approfondissant la doctrine chrétienne , on s en degotMc et on devient hérétique : que c'est là le sentiment

ET DES SAINTS PÈRES. LIV. III

de rUalie et do Borne même , et que toute l'étude de CO pnyg-là n’est que politique et intérêt. Peuton faire une plus sanglante et plus insolente satire , Je ne dirai pas seulement de Rome , mais encore de la reli^on et de la foi? Mais de peur qu'on ne s’imagine que cette satire de notre critique ne regarde Rome que pour le temps de d’kspense, ce moqueur couli nue en cette sorte: Je me trompe fort si cet esprit ne règne encore présentement à Home, et même dans toute l'Italie. Tout le monde y est dans l’esprit de ce prétendu gentilhomme de d’Espense. Que les sociniens, que les protestants , seront contents de M. Simon! qu’il sait flatter agréablement leur goût et cet esprit de satire qui les a poussés dans le schisme! Cependant ce satirique malin fait cette morsure en jouant. Ce n'est pas lui , c’est d'Esponse , c'est un gentilhommequi n'était pas ignorant : car il en fallait encore marquer ce petit éloge , afln que scs sentiments fussent mieux reçus ; et pour conclusion , une satire si mordante se tourne en forme d’avertissement par ces dernières paroles : Peut-être, continue M. Simon , serait-il à désirer qu'en France les personnes de qualité, qui sont élevées aux plus grandes dignités de V Église , étudiassent un p"u moins de théologie scolastique , et qu'ils s'appliquassent davantage à l'étude du droit et de la pratique des affaires ecclésiastiques. C’est ainsi qu’nprès avoir satisfait à sa malignité , il fait encore semblant de vouloir servir ccu.x qu'il déchire, et entrer dans leur sentiment.

Au reste, s’il agissait avec un peu de sincérité et de bonne fui , après avoir attaqué obliquement il sa manière la théologie scolastique, il n’aurait pas tourné tout court à la pratique et au droit ; il aurait marqué du moins en un mot à ces gens de qualité , qu’il veut instruire pour la prélature , qu’il y a une théologie encore plus nécessaire aux prélats que tous les canons , qui est celle de l’Ecriture et des Pères , à moins qu’on ne mette, avec notre auteur, l’étude de l'Ecriture, aussi hicn que celle des Pères , uniquement dans la critique.

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