CHAPITRE XXV
Seconde et (roiniènu! source de la tradition de la preuve des prophéties dans les prole-ssions de Toi , et dans la démoiislratioii de l'authenlicité des livres de l’Ancien Testament.
Saint Irénée, dont on sait l’antiquité , n’a point fait d’apologie pour la religion ; mais il nous fournit une autre preuve de la créance commune de tous les fidèles dans la confession de fol qu’il met ù la tète de son livre des Hérésies , où nous trouvons ces paroles ^ : La foi de l'Église dispersée par toute la terre est de croire en un seul Dieu, Père tout-puissant, et en un seul Jésus- Christ, Fils de Dieu, incarné pour notre salut, en un seul Saint-Esprit qui a prédit par lcs.prophètes toutes les dispositions de Dieu, et l'avénement, ta nativité, la passion, la résurrection, l'ascension, et ladcscente future de Jésus-Christ pour accomplir toutes choses. Les prédictions des prophètes et leur accomplissement entrent donc dans la profession de foi de l’Église, et le
* Tcrlull. Apol. n* 18.
* Adv. Jud. VIII , p. 16t.
> Lib. I, p. 38, 43, 43, 78, 80; lib. III, p. 137.
‘ Lib. I , p. 38.
‘ Ub. I, p. 2.
ET DES SAENTS
caractère par où l'oo désigne la troisième Peraonne divine , c'est de les avoir inspirées. C'était un style de l'Église , qui parait dès le tem|is d'Athèiingoras , le plus ancien des apologistes de la religion chrétienne. C'est aussi ce qu'on a suivi dans tous les conciles. On y a toujours caractérisé le Saint-Esprit eu l'appelant Y Esprit prophélifue, ou , comme parle le symbole de Nicée , expliqué à Cuiistantiiiuple dans le second concile général , l'esprit qui a parlé par les prophètes. E'intention est de faire voir qu'il a parlé de Jésus- Christ , et que la fui du Fils de Dieu , qu'on exposait dans le symbole , était lu foi des prophètes comme celle des apètres.
Théodore de Mopsueste ayant détourné les prophéties en un autre sens , comme si celui où elles sont appliquées à la personne et ù l'histoire de Jésus-Christ était impropre , ambigu et peu littéral , mais au contraire attribué au Sauveur du monde par l'avénement seulement , sans que ce fût le dessein de Dieu de les consacrer et approprier directement à son Fils , scandali.sa toute l'Église et fut frappé d’anathème comme impie et blasphémateur, premièrement par le pape Vigile ' , et ensuite par le concile rin(|uicme général ’ : de sorte qu'on ne peut douter que la fui de la certitude des prophéties et de lu détermination de leur vrai sens ù Jésus-Christ , selon l'intention directe et primitive du Saint-Esprit , ije soit la foi de toute l'Église catholique.
Cette fui parait en troisième lieu dans la preuve dont on a soutenu contre Mareion et les autres hérétiques Tautlientieité de l'Ancien Testament. Dès l'origine du christianisme , saint Irénéc les confondait par les prophéties de Jésus-Christ, qu'on y trouvait dans tous les livres qui composaient l’ancienne alliance. Il faisait consister sa preuve en ce que ce n’était point par hasard que tant de prophètes avaient concouru à prédire de Jésus-Christ les même choses ; qu'ils avaient pu faire encore moins que ces prédictions se fussent accomplies en sa personne, n'y ayant, dit-il aucun des anciens, ni aucuis des rois, ni en un mot aucun autre que Notre-Seigneur, à qui elles soient arrivées.