‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 24 sur 518 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

OéfÎDflion de la liljerté doot il a'aj^t. DifTéreoce entre ce qui est pennis , ce qui est volontaire , et ce qui est libre.

Mous appelons quelquefois libre ce qui est permis par les lois; mois la notion de iibcrté ;'étcnd encore plus loin , puisqu'il ne nous arrive que trop de faire même beaucoup de choses que les lois ni la raison ne permettent pas.

On appelle encore faire librement ce qu'on fait volontairement , et sans contrainte. Ainsi nous voulons tous être heureux , et ne pouvons pas vouloir le contraire; mais comme nous le voulons sans peine et sans violence , on peut dire pn bn certain sens , que nous le voulons librement. Car on prend souvent pour la même chose liberté et volonté, volontaire et libre. Libéré, d'où vient libertas, semble vouloir dire la même chose que velJe, d’où vient volunlas ; et on peut confondre en ce sens la liberté et la volonté ; ce qu'on fait tibentiisimè , avec ce qu'on fait liberrimé.

On ne doute point de la liberté en ces deux

/ sens. On convient qu'il y a des choses permises ,

; et en ce sens libres ; eomme il y a des choses commandées , et en cela nécessaires. On est aussi d'accord qu'on veut quelque chose, et on ne doute non plus de sa volonté que de son être. La question est de savoir s’il y a des choses qui soient tellement en notre pouvoir, et en la liberté de notre choix , que nous poissious ou les choisir ou ne les choisir pas.

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