CHAPITRE IV
llèrMe formeile du même auteur sur la grâce : qu'il D’en
dit pas plus que l'élage sur celte nuliêre; et que M. Sé
nion s'implique dans son erreur, en le louant.
Il n'est pas moins avant-coureur de cet hérétique dans la matière de la grâce, de l’aveu de âl. Simon, puisqu’il s’étudie à rapporter les passages ‘ où ce diacre montre qu'elle n'est pas prévenante; BU contraire, que la vocation est prévenue par la volonté de l’bomme, ce qui est précisément la même erreur qu'on a condamnée dans Pélage : que la grâce est donnée selon les mérites.
Je sais que quelques auteurs se sont étudiés n le justifier, en cherchant dans les saints docteurs des locations semblables aux siennes, afin de
• P. I te. lu Som. 16. — > P. 1.17.
> P. 137. /» ftom. %v. IS.
• IHé. le Rem. I. 16. — ‘ P. IM-
PÈRES. LIV. V. sss
nous obliger à prendre en meilleure part celles de ce diacre. Mais Je ne puisleur avouer ce qu’ils avancent : au contraire, en recherchant avec soin dans cet auteur tout ce qui pourrait insinuer la ■vraie grâce de Jésus- Christ, je ne trouve sous le nom de grâce que la loi , la prédication , les sacrements , la rémission des péchés , et en un mot nulle autre grâce que celle qu’on trouve aussi dans les pélagiens, et dans Pélage même.
M. Simon a raison de dire de cet hérésiarque ' , que dans certains endroits de son commentaire, il parle de la sainteté et de la grâce d'une manière qui ferait croire qu'il n'a eu làdessus aucun sentiment particulier. Mais tout cela ne passe pas la rémission des péchés, qu’il reconnaissait gratuite, fondée et accompagnée de In grâce du Saint-Esprit. On n’en trouvera pas davantage dans H ilaire. Il n’y a aucun auteur, excepté Pélage et ses disciples , qui se soit attaché à dire aussi opiniâtrément, et sans s’adoucir jamais , que la volonté prévient la grâce sans en être prévenue , ni qui ait pris plus de soins d’éluder tous les passages par où l'on peut établir la grâce intérieure de la volonté. Par exemple, il n’y a rien de plus formel pour cela que êe passage de saint Paul : Dieu opère eh nous le vouloir et le parfaire selon son bon plaisir *. Mais Hilaire le détourne sans ménagement par cette note : L'apéitre rapporte parla toute la grâee de Dieu, en sorte que c'est à nous à vouloir, et à Dieu à parfaire, ou à achever. On ne pouvait faire une altération plus grossière ni plus hardie, que de distinguer le vouloir d’avec le parfaire, que son texte unissait si clairement. Je ne vois non plus aucun auteur, si ce n’est Pélage , qui ait inculqué avec tant de force et si constamment que les Gentils convertis aient eru en Dieu et en Jésus-Christ ^ : car c’est ici le mot essentiel ; en Dieu et en Jésus-Christ , ou Pèro et au l'its : iN Dkuh et Creistum, in Patbem et Filium, par la conduite de la nature : duce natuba; parla raison naturelle * : pbb bationem natubaî; par leur jugement naturel : natubali lumcio ; encore un coup : duce natuba, oyonf popr guide la nature; peb solam hatubam, par la seule nature. S'il faut excuser tout cela dans un homme qui tient toujours ce même langage , et qu'on voit d’ailleurs si vacillant , ou , si l'on vent, d’une doctrine si mêlée et si peu suivie dans le dogme du péché originel , on ne sait plus à quoi s' en tenir ; et quoi qu'il en soit , je n'at pas à considérer ce qu'on peut dire pour excuser
* P. 230. Comtn. m Rom. lU, 21. 11. rtm. l, 9.
* Phit. >1.13.
* In R»m. H, H.
DÉFENSE DE LA TDADITION
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un auteur si peu digue d’ètre ménagé, mais ce qu'en a pensé M. Simon , qui , bien loin de lui savoir mauvais gré de Javoriser les sentiments de Pelage, prend de ià occasion de ie iouer. Si, àit-ii', sa théologie adurappori enquelques endroits aven celle des pélagiens , on ne peul pas Vaccuser pour cela de pélagianisme ; puisqu'il a écrit avant que Pétage eût publié ses sentiments ; au contraire, il est louable de n’avoir point eu d’opinions particulières sur des matières aussi difficiles que sont celles qui regardent ta prédestination.
Ia prédestination , qui est un terme odieux pour M. Simon, lui sert à mettre b couvert ce qu’Hilaire a dit contre ta grlce et contre le péché originet ; et même de son aveu , comme on vient de voir. Tout cela donc , selon lui , n’empéche pas qu’it ne suit digne de louange piutét que de blême. Au reste, dit notre auteur*, s’il ne parait pas toujours orthodoxe à ceux qui font profession de suivre la doctrine de saint Augustin , on doit considérer qu’il a écrit avant que ce Père eût publié ses opinions. Est-ce pour dire qu'ii tes eût suivies s'it avait écrit après iui? Point du tout, puisque notre auteur encore à présent enseigne qu'ettes sont mauvaises; mais c'est pour confirmer ce qu'ii dit partout : que tous ceux qui ont écrit avant saint Augustin sont contraires à ce saint docteur, et n'en sont pas moins orthodoxes ; puisque le diacre Hilaire est même loué pour avoir rejeté ses sentiments.