CHAPITRE XII
llixième démonstration et plusieurs preuves conslantes que l'Orient n’avait pas moins en vénération la doetnue (le saint Augustin contre Pelage , que l'Occident : actes de l'assemblée des prêtres de Jéi usaient : saint Aiigustin attentit a l'Orient (xtmme à roccident : pourquoi il est invité en particulier au concile œcuménique d'Éphése.
En dixième et dernier lieu , l'Orient ne cédait en rien à l'Occident dans la profonde vénération qu'on y avait pour saint Augustin. Le témoignage de saint Jérême, qui vivait en cette partie de l'univers , en est la première preuve. La seconde se tire des actes des assemblées d'Orient dans la cause de la grâce chrétienne. Saint Augustin , qui n'y était pas, ne laissa pas d'y poursuivre Pelage et Célestlus par scs écrits et par Paul Orosc , son disciple. Lorsque Jean , évêque de Jérusalem , qui favorisait secrètement ces hérétiques, assembla son presbytère pour les justifier s'il eût pu , ou du moins pour éluder la poursuite que l'on commençait , Paul Orose produisit contre eux la lettre de saint Augustin à Hilaire , et les li- \rtsde la Nature eAde ta Grâce qui venaient d'être publiés*. Comme Pelage eut répondu qu'il n'avait que faire de saint Augustin, tout te monde s’é-
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cria contre ce btasphème qu’il avait proféré con- I tre un évéque par ta bouche de qui Dieu avait I guéri toute l’Afrique du schisme (tes donatistes ; et on dit qu’it fallait chasser Pélage, non-seulement de cette assemblée , mais même de toute l’Église. Sur quoi Jean de Jérusalem ayant dit ; Je suis Augustin , pour insinuer que c'était à lut à venger l’injure et à soutenir la cause d'un évêque, Orosc lui répondit : .Si tous voulez représenter lapersonne (T Augustin ,suirez-en aussi les sentiments. Dès lors donc, c'est-à-dire, dés le commencement de la querelle , et dans une assemblée qui servit de préliminaire au concile de Diospolis, on commençait à presser Pélage par l’autorité de saint Augustin : Voilà, disait-on, ce que le concile d’Afrique a détesté dans la personne de Célestius ; voilà ce que l'ét^que Augustin a eu en horreur dans tes écrits qu’on a produits, etc. En même temps on déclarait qu'on s’attachait à la foi des Pères qui étaient eu vénération par toute l’ Église , et par là on déclarait que saint Augustin en était le défenseur'. C'est donc ainsi qu'on parlait de ce grand homme en Orient , à l’ouverture , pour ainsi parler, de la dispute. Mais à la fin et quinze ans après, l'Orient rendit encore un témoignage plus authentique à la doctrine de ce Père, lorsque l’empereur Théodose , sans aucune recommandation que celle de sa doctrine , l’invita au concile oecuménique d'É- I phèse , par une lettre particulière ; honneur qu'au- ; cun évéque , ni en Orient ni en Occident , n'a jamais reçu. On sait que les empereurs, lorsqu'ils écrivaient de telles lettres, le faisaient avec le conseil et très-souvent par la plume des plus grands évêques qu’ils eussent aux environs. Dans la lettre que nous avons. Théodose reconnais.sait saint Augustin pour la lumière du monde, pour le vainqueur des hérésies , et comme celui en particulier dont les écrits avaient triomphé de celle de Pélage. Mais , comme plusieurs la rejettent comme supposée; sans nous arrêter à cette critique, le fait allégué dans cette lettre est assez constant d'ailleurs , et personne n'ignore ni ne nie ce qu'a écrit saint Prosper : que durant vingtans de guerre avec tes pélagiens , l'armée catholique n’avait combattu ni triomphé que parles mains de saint Augustin, qui ne leur avait pas laissé le loisir de respirer'.
En effet , en quelque endroit de l'univers qu'ils se remuassent, saint Augustin les prévenait. Pour découvrir les artifices par lesquels ils tâchaient d'abuser l'Orient , il adressa à .Albinos , à Pinien
' Csnrn.diMSt.M, p. 215.
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ET DES SAINTS PÈRES. I.IV. V
et A Méinnie, qui étaient à Jérusniem, ses livres. dt la Grâce de Jésut-Ckritte\.du Péché originel ' Ainsi , malgré leurs finesses et la protection de Jean de Jérusalem, leurs efforts Rirent inutiles : saint Augustin fut le vengeur de l'Église grecque comme de la latine , et il défendit le concile de Palestine avec le même zèle et la même farce que les conciles de Carthage et de Milève.
Il ne faut donc pas permettre A M. Simon de diviser l’Orient d'avec l'Occident sur le sujet de cePère ;etan contraire, on doit reconnaître avec saint Pinsper' que, non-seulement l'Église romaine avec l'africaine, mais encore par tout Ctmivers les erfants de la promesse ont été d’accord avec lui dans la doctrine de la grâce , comme dans tous tes autres articles de la foi.
Ainsi, ses travaux et ses services étant célèbres autant qu'utiles par toute la terre, il ne faut pas s’étonner qu'il ait été appelé en Orient au concile universel , avec la distinction qu'on vient de voir.
In force et la profondeur de ses écrits, les beaux principes qu'il avait doiuiés contre toutes les hérésies et pour l'intelligence de l’Écriture ; ses lettres, qui volaient par tout l'univers et y étaient reçues comme des oracles ; ses disputes , où tant de fois il avait fermé la bouche aux hérétiques -, la conférence de Carthage , dont ii avait été l'Ame , et où il avait donné le dernier coup au schisme de Donat, lui acquirent cette autorité dans toutes les Églises, et jusque dans le synode des prêtres de Jérusalem , jusque dans la cour de Constantinople ; et l'on peut juger maintenant si les Orientaux auraient fait cet honneur A un évêque qu’ils auraient cru opposé aux sentiments de leurs Pères, dont ils étaient si jaloux.