CHAPITRE XVI
Seconde contesloltoQ sur U matière de la grâce émue par
Faoale de Riès, et nreonde décision en faveur de saint
Aupustin |iar quatre papes. Réflexion sur le décret de
saint llonnisdas.
Soixante ans après on vit s’élever la seconde contestation contre les écrits de ce Père , et en même temps le second jugement de toute l'Église en sa faveur. Faustc , évêque de Ries , en donna l'occasion. Ceux qui ont tâché de l'excuser en nos jours l'ont fait à l’opprobre du jugement de (piatre papes et de quatre conciles.
Læ premier pape est saint Gélase, dont nous verrons les décrets en parlant des conciles.
Le second pape est saint Hormisdas , (pii lit deux choses ; l’une de condamner Fauste , et l’autre de se déclarer plus ouvertement que jamais pour saint Augustin (pi’on attaquait * ; jusqu’à dire, comme on a vu, (pic qui voudrait savoir l'opinion de l'Église romaine sur la grâce et le libre arbitre n'avait <pi'à consulter ses ouvrages , surtout les derniers , qu’il désigne expressément par leur titre , comme ies livres adressés à Prosper et à'Hilaire ’.
I.Æ3 adversaires de ce Père chicanaient sor l'approbation de saint Célestin , où ils prétendaient que cesdemiers livres n’étaient pas compris. (Quoique cette chicane (ùt vaine par deux raisons : l'une, que la contestation était formée sur ces livres, comme on a vu ; l’autre, comme on a vu semblablement, que les autres livres de saint Augustin ne différaient en rien de ceux-ci : saint Hormisdas ôta tout inrétexte à cette distinction des livres de saint Augustin, en désignant expressément les derniers comme les plus corrects, et en leur donnant une approbation si authentique. Il accompagne cette approbation d'uns
' CAp. m.
* Kpthl. nd Ptm. ta tipp. I. » Jaj. p. 150.
» Ibid. p. Ul.
DÉFE.NSK DE LA TRADITION
sot
oxprcMc déclaration , que les Pères ont fixé la doctrine; que leur doctrine montre le chemin que tous les fidèles doivent suivre : par où il montre qu’en approuvant la doctrine de saint Aui^ustin il ne fait que suivre les Pères , et par conséquent qu’il n’y a rien de plus insensé que d’accuser saint Augustin d’étre novateur.
Le troisième et le quat rième papes sont Félix 1 V et Boniface II • , dont le premier a envoyé les chapitres dont a été composé le second concile d’Orange , et le second a confirmé le môme concile, où la doctrine de saint Augustin a reçu une approbation qu’on Verra bientôt.