‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 279 sur 518 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

, OiH trille coiisunte de toute U tlHiotagic sur U préferrore des Pères qui ont écrit diqiui-s le.s coulesUliuiis des liCre. ti(|iiC5 ; beau passage d saint TUoiuas , qui a puisé ilana saint Aiigiislin toute sa doctrine : passages de ce Père.

Pour reprendre les choses de plus haut , et découvrir par principes les illusions de M. Simon , Il faut une fois se rendre attentif A une excellente doctrine de tous les théologiens , que saint Thomas a expliquée avec sa précaution et sa netteté ordinaire, dans un de scs Opuscules contre les erreurs des Grecs, dédié au pope Urbain IV, et composé par son ordre. Dés le prologue de ce docte ouvrage, il parle ainsi ■ : • Les erreurs contre

■ la saine doctrine ont donné occasion aux saints a docteurs d’expliquer avec plus de circonspec- « tion ce qui appartient a la foi , pour éloigner le.s " erreurs qui s’élevaient dans l’Église comme

> il parait dans les écrits des docteurs qui ont

• précédé Arius, où l'on ne trouve pas l’unité de « l'essence divine si précisément exprimée que « dans ceux qui les ont suivis. Il en est de même

• des antres erreurs : et cela ne paraît pas seule

> ment en divers docteurs ; mais même dans saint

• Augustin , qui excelle entre tous les autres. Car

■ dans les livres qu’il a composés après l'hérésie

• de l’élagc , il a parlé du pouvoir du libre arbitre € avec plus de précaution qu’il n’avait fait avant

< la naissance de cette hérésie, lorsque, défendant

< le libre arbitre contre les manichéens, il a dit

• des choses dont les pélagiens, c’est-à-dire, les

• ennemis de la grâce , se sont servis. »

Telle a été la doctrine de saint Thomas dans un de ses ouvrages les plus authentiques ; l’on y remarque deux vérrtés : l’une de fait , dans la préférence qu’il donne à saint Augustin; l'nutre rte droit, lorsqu’il établit raccroisscraent des lumières de l'Église dans ses disputes, où il n'a fait qu'expliquer le sentiment unanime de tous les docteurs.

Il l'avait pris, selon sa coutume, du saint .Augustin , dont les paroles sur ce sujet sont tous les

• t. tv»/. 6ne<’. Pn»t.

ET Dl-S SAINTS

jours à la bouche des théologiens , et servent de diMioütnent à toutes les diflleultés de la tra- ] dition : Nous avons appris , dit ee Père ' , çue I chaque hérésie apparie à l’EyKse des di(ficultés particulières, contre lesquelles on défend plus exactement les Écritures divines, que si ton n’avait point eu de pareille nécessité de s’y appliquer. Ce qui fait dire au même docteur qu'avant la naissance d<s hérésies il ne faut pas exiger des Pères la même précaution dans leurs expressions que si les matières avaient déjà été agitées, parce que, la question n’étant point émue, tes hérétiques ne leur faisant pas les mêmes difficullés, ils croyaient qu’on les entendait dans un bon sens , et ils parlaient avec plus de sécurité, secubiusi-oquebautiib ' : d'où le même Père conclut qu'il n'est pas toujours nécessaire , dans les nouvelles questions émues par les hérétiques , de rechercher avec scrupule et inquiétude les ouvrages des Pères qui ont écrit auparavant, parce qu'ils ne touchaient qu’en passant et hrievement dans quelques-uns de leurs ouvrages, TBAUSEUSTEB ET BBEViTEH, Ics matières dont il s’agissait, s’arrêtant à celles qu’on agitait de leur temps, et s’appliquant à instruire leurs peuples sur la pratique êtes vertus Voilà ce que dit saint Augustin à l'occasion de sa dispute avec les semi-pélagiens. C'est la réponse commune, non-seulement des théologiens, mais encore de saint Athanase, de Vincent de Lérins et des autres Pèics , quand il s'agit d'expliquer les auteurs qui ont ^rit devant les disputes ; et tout cela n'est autre chose que ce que disait le même saint Augustin dans ses Confessions , hors de toute contestation et par la seule impression de la vérité : O Seigneur, tes disputes des hérétiquesfont paraitre dans un plus grandjour et comme dans un lieu plus éminent ce que pense votre Eglise, et ce qu’enseigne la saine doctrine *. Car il faut même qu'il y ait des hérésies : ce que Dieu ne permettrait pas s'il n'en voulait tirer cet avantage, lui qui ne |>ermet le mal que pour procurer le bien par de justes et Impénétrables conseils.

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