‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 278 sur 518 · CHAPITRE X.XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE X.XIV

Témoignages des ordres rcligietix , de celui de saint lîenolt, de celui de suint Dominique et de suint Tliomas , de celui de saint François et de Scot. Saint Tliomas recommandé par les papes, pour avoir suivi saiot Augustin : concours de toute l'École : le maître des senlenccs.

Il ne serait pas inutile d’alléguer ici en particulier les témoignages de l’ordre de saint Benoit, puisque durant huit ou neuf siècles il a comme présidé à la doctrine et rempli les plus grands sièges de l’Eglise. Mais cette preuve est déjà faite dès qu’on a rapporté le sentiment de ce grand ordre, tant dans sa lige, comme on l’a vu |>ar Bèdc et les autres , que dans scs branches et dans

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los réfomica, comme dans celle de Ciuni par Pierre le Vénérable , et dans celle de CIleaux par saint Bernard.

L’ordre de saint Dominique n'est pas moins affectionné à suint Anjmstin, puisque saint Thomas, qui est le docteur de cet onire, à vrai dire, n'est autre chose dans le fond , et surtout dans les matières de la piédestination et de la ('itlce , que saint .Au;mstin réduit à la méthode de récofe. C'est même pour avoir été le disciple de saint Aupistin , qu'il s'est acquis dans l'Eÿlisc un si l'rand nom , comme le pape L'idiain V l'a déclaré dans (a huile de la translation de ce saint , ou il met su grande louange en ce que, suivant les rrsti/jes de saint Augustin, il a éclairé, pur sa doctrine, Cnrdre des frères préclseurs et l'Eglise universelle.

L'école de Scot et l'onlre de saint Kraneois n'a pas un autre sentiment. Nous trouvons dans l'Histoire générale de l'ordre des Ei miti-s de saint Augustin une célèbre dispute sur le sujet d'un serment', par lequel on prétendait obliger l’univci-site de Salaman(|ue à suivre conjointement les sentiments de saint Augustin et de saint Thomas, qti'on croyait les mêmes. Les franciscains dirent alors que c’était faire injure à saint Augustin que d’e.xiger ce serment ; qu'il était le docteur commun de toutes les écoles; que celle de | Scot ne lui était pas moins soumise que celle de | saint Thomas, et que le docteur subtil avait tiré toutes scs conclusions de ce Père, et les avait soutenues par plus de huit cents passages qu'il en avait alU'-gués dans scs écrits.

Ainsi il n'y eut jamais aucune dispute sur l'autorité de saint Augusl in : les deux écoles contraires conviennent de s'y soumettre; quelques ordres religieux , comme celui des Carmes déchaussés ; quelques universités, comme celle de Salamanque, s’y sont obligées par sèment ou par délibération : d’autres ont cru inutile de se faire une obligation («irticulière d'un devoir commun.

On peut juger par la des sentiments de l'école : et si l'on veut remonter à Pierre Lombard , on treuvera que son livre, sur lequel roulait toute raneieniie scolastique , n'est qu'un tissu des passages des Pères; et c'est pourquoi il lui donna le nom de Sentences, i»ur montrer le dessein qu'il s’y proposait de mettre un abrégé de leurs sentiments entre les mains des étudiants en théologie , principalement de ceux de saint Augustin, et surtout dans la matière de la prériestination et de la grâce, où il le suit pied â pied. On trouve à la lin de son livre des Sentences, les articles on ce maître de l’école a été repris ; mais on n’y

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trouve rien sur cette matière qui suil noté, el| au contraire , l’autorité de saint Augustin est de* meuréc inviolable à toute l'école.

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