CHAPITRE XX
Suite flps témoignages des catitolîquesen faveur de l'auto-
rite de saint Augustin sur b matière du b grAec du|Uiis
Liillier et Calvin : saint Cliarles, les raniinaux Helbr-
ntin, Tulut et du IVrrun; les savants Jésuites Henri.
quer, Suaiez, Va.vquez.
Nous avons vu le témoignage dit cardinal saint Charles Borroméc : le cardinal Bcllarmin s'est étudié à prouver ', par les décrets du saint-siège qu’on a rapjiortés, que la tloririnc de saint Augustin sur la prédestination, particuliérement dans scs derniers livres, qui est l’endroit où l’on veut trouver de l’innovation , n’est pas la doctrine particulière de ce saint, mais la foi de [Église catholique. Le cardinal Tolet • , en remarquant quelque différence entre les Grecs et saint Augustin , dans les expressions , comme on verra , ou en tout cas dans des minuties, leur préfère saint .Augustin comme le docteur particulier de la grâce : le cardinal du Perron , la lumière nnn-seulemcnt de l’Église de France, mais encore de toute l'Eglise sur les controverses, oppose aux excès des cal vinistes , sur la prédestination , l’autorité de saint Augustin, qu’i'f novnme le plus grand docteur au point de la prédestinalion qui ait été depuis les apMres , voire la voix et [organe de [ancienne Église pour ce regard^.
Ce docte cardinal eût donc été bien éloigné de la faiblesse de ceux qui n’ont pas su soutenir contre les hérétiques le plus grand docteur de l’Église. Je dois ce témoignage A une savante compagnie d’avoir été très-opposée A leur sentiment. On l’a ouïe dans les cardinaux Tolet et Bellarmin , deux lumières de cet ordre et de l’Figlise cbthult'que. Mais les autres n’ont pas été moins respectueux. Henriquezi : • I-es conciles et les papes révèrent
• l'autorité de saint Augustin ; et dans la matière
• de la prédestination et de la grAcc, le seul Au- " gustin vaut mille témoins. » Suarcs ‘ • Ce que « saint Augu.stin établit comme certain et appar-
• tenant aux dogmes de fol , doit être tenu et dé-
• fendu de tout prudent et habile théolugien ,
• encore qu'il ne soit pas certain qu'il a été déliui
> Lib. Il df Oral, et Lib. xtrb. cap. xi.
* In Jvan. cl ad Hom. patsini.
* Hrp. au roi de la Grande’BreJagMe, cap. XII , p Ub
* Itr uU./Ih. hom. cap. ii.
* Pro/fj. VI. cap. VI, O* 17.
Digitizeu uy Gvjvjgle
ET DES SAINTS
• par rÉglUe \ parce que l’Église ayant üint déféré
• à saint Augustin sur cette motierCi q\rellc a « suivi sa doctrine en condamnant les erreurs
• opposées à la grâce y ce serait une grande témé* " rité à un docteur |>articulier d’oser contredire « saint Augustin , lorsqu’il enseigne quelque chose 1 sur la grâce de Dieu comme orthodoxe : à cause
• aussi principalement que ce Père a travaillé si « longtemps , avec tant de sagesse , tant d’esprit y « tant de soin et de persévérance, et , ce qui est
• plus , avec tant de dons de Dieu à défendra et à « expliquer la grâce. » Il ne faut point de commentaire à ces paroles, et il n’y a qu’à les retenir pour en foire l'application quand il faudra; mais ceci n'est pas moins exprès : Rien n'a iani fait adînirer et révérer saint Augustin que la doctrine de la grâce; et s'il avait erré en l'expliquant, son autorité serait fort affaiblie, et ce serait sans raison que l' Eglise aurait suivi son jugement avec tant de confiance pour expliquer cette doctrine : ce qui serait impie à penser. Ainsi l’honneur de l'Eglise est engagé manifestement avec celui de saint Augustin , et ce serait une impiété de les séparer. Entln ce théologien , non content de s’étre expliqué sur les ouvrages de saint Augustin en général dans In matière de la grâce , vient en particulier à ceux d’ou l'on veut tirer principalement sespretendues innovations ‘ :
• Les deux derniers livres de saint Augustin, de
• la Prédestination et de laPersévéï'ance, qu’il a « écrits dans sa dernière vieillesse, sont comme 1 le testament de ce Père , et ont Je ne sais quelle « autorité plus grande , tant à cause qu’ils ont été
• travaillés après une extrême application et une c longue méditation de cette matière, qu'à cause t aussi que, l’erreur de ceux contre qui il écrivait
• étant plus subtile , ils ont élé composés avec
• plus de pénétration. vOnavouera qu'il n'y avait rien à dire sur ce sujet , ni de pins exprès, ni qui fût fondé sur des raisons plus convaincantes. I quez* : « Il vaut mieux suivre les sentiments de c saint Augustin que des outres , dans la roaticrc A de la grâce et de la prédestination ; U éclate parmi « les Peres comme le soleil sur les autres astres : « d'oü il conclut, qu'encore que l'autorité des
• autres Pères doive être de grand poids dans « toutes les matières ; dans celle-ci , qui est celle " de la prédestination , le seul Augustin , dit-il, - me tieudra lieu de plusieurs docteurs, a cause;
• principalement , que, du commun consentement « de tous ceux qui en jugent bien , U excelle de « beaucoup au-dessus des autres. •>
1^ préférence qu'il donne à saint Augustin sur les autres Pères, il la donne aux derniers livres du
• Prvlrÿ. V», cflp. VI, n’ 13.
* In I p. ditp. fri, cap. I, IV.