‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 296 sur 518 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Témoignages des savants jésuites <|ui ont écrit de nos jours, le iw-re IVUn , le père (.amitT, le pore Ueseliamps. Ar- Itunnnit de VasTple/ pour délltunlrer que les dôcisioDS des p.qHS,rie V el (tréuoiic XIU ne ijeinent pa. élre crminiresi) saini An;;uslln ; cmutiisiuii : que si ce I*ére a erré dans U nraliér.. de l.a RtAre, ré'dliae ne peut être evenipte d'erreur.

De nos jours, le pere Pelau étahlit trois vérités' ; la première, qtie, • lorst|u'il s'agit de la

- grâce ou de la pnVlestitmtion , on a coutume d'a- . voir moiits d'égard j»ur les atieiens Pères, qui » ont écrit dev aiit la nai.ssanec de l'héréslc de Pe- > loge, qtie i>our eeti.x ([iii les ont suivis; » la seconde, .qti'oiut lieaueoup plusd'égardsattx Laiitts « qu’aux tirées, même à ceux qui ont écrit après

- eette hérésie : parce que l'Eglise latine en a été

• pltisexcrcéeqiierÉgliïcorieiitalCjCneorcqtt'elle

- ait donné occasion à eette dispute ; ch sorte que

• la pluiwtrt desCreesontou profondément ignoré,

• ou [lénélré moins exactement le fond des dog s mes des pélagiens. • l.a troisième vérité , e'est que . de tous le.s luitins , dont nous avons dit que s l'autorité était la plus urande dans cidtc d ispiite , " le premier, du rnmmun consentement des theo- " ingiens, est saint .Vogustin , dont les Pères qui « ont suivi, les papes et les conciles ont déclare . que la doctrine était avouée et catholique, »a- ” TVM ET c.vTHouc vu ; Cil sortc qu'ils oiit cstimé . que c’était un suffisant témoigmige de la vérité " (l'un dogme , qu'il .se trouvât constamment éta- . hli et autorisé parsaint .Augustin. . Vous auiuus c'i considérer dans la suite les eonsi'quences de (x;s vérilé’S ; il suffit à présent de voir que, bien loin de nous renvover de saint .\ugusliu aux anciens et aux (irees , le pi’re Petau prend un chemin contraire, du commun conseuteraent des tlic’ologiens; et il ii'y a rien de mieux oi-donné ([uc ces degrés ou il passe des Grecs aux Uitiiis , et des Latins h saint .Augustin , pour arriver au comble de l’intelligcnee.

Depuis peu le père Garuier, célèbre parmi les savants , iwlir avoir enseigné 1a théologie jusqu'à la mort, avec l’application que tout le monde sait, et (|ul a laissé dans sa eonipagnie tant de disciples après lui , a reconnu , comme on a vu ’ , saint Augustin , et surtout dans ses derniers livres de la l’rédeslinalinn el delà Persrirrtmre, comvie

' Jn. t p. disp. rap. VM.

* I, Tarn. Ub. iv, cap. vi. n* ».

> liv. T, cliap. VIII. Garnier, DisserL t», cli.vp. | •

i« ciine LU EitT i>055i par lr saint • sifxe , , f t comme la source d'ou il faut tirer la droite doctrine j et Dieu conserve encore à présent, dans le même ordre , un écrivain aussi renommé dans sa compagnie qu'estimé au dehors ■ , qui conclut ainsi ce qu’il a dit sur l'aulorilé de saint Augustin : " J'augmenterai plutôt que de diminuer les

■ éloges de ce Perc , que je regarde comme le plus . grand de tous les esprits , comme celui où l'on

• trouve le dernier degré d’intelligence dont l’hu- - manité est capable, un miracle de doctrine,

■ celui dont la doctrine nous montre les bornes •• dans lesquelles se doit renfermer la théologie ,

. l’apôtre de la grôec, le prédicateur de la prédes-

• tination, la bibliothèque et l’arsenal de l'Église,

• la langue de la vérité , le foudre des béri'Sies ,

■ le siège de la sagesse , l'oracle des treize siècles,

> l’abrégé des anciens docteurs et la pépinière ou

• ceux qui ont suivi se sont formés. Il développe

• les mystères de la prédestination et de la grôce,

■ comme s’il les avait vus dans l’intelligence et

• dans la i>ensée de Dieu même. • Que voudraient dire ces grandes et magnifiques paroles , s’il se trouvait que saint Augustin fût un novateur dans les dogmes qu'il se serait le plus attaché à prouver?

Il est vrai que ce savant homme apporte deux exceptions à son discours : l'une, s’il se trouvait que saint Augustin eût enseigné des choses contraires aux décisions des conciles ou des |mpes; l’autre , si tous les Pères ou la partie considérablement la plus grande de ces saints docteurs lui étaient contraires. Je reçois la condition, et j’ajoute seulement avec Suarez ' , qui l’a donnée le premier, que cela se trouvera rarement ou point du tout. Il se trouvera si rarement, que ni Suarez, ni le savant père Deschamps qui l’a imité, n’en ont marqué aucun exemple, en sorte que de bonne foi il faut réduire ce rarement à point du tout , et reconaltre que ses restrictions (il faut suivre saint Augustin, si l’Église ou le commun des Pères ne lui sont pas contraires) sont apposées, non pour montrer que le cas soit arrivé, mais pour expliquer seulement en ce cas, quelle autorité serait préférable.

J’ajouterai encore, avec Vasquez’, que personne ne doit penser que les papes , et notamment Pie V et Grégoire XIII dans leur bulle contre Baius , aient condamne le sentimestt de saint Augustin, qui a reçu en cette matière (de ta grâce) une si merveilleuse recommandation cl approbation par le prnpc Célestin I" et qui a été

* Dfschamp» de hrr. Jans. lib. I|(, disp, i , cap. vi,

* De Grat. pmlcg. i, n* J7.

’ In I, 7. D. Thom. disp, hw, cap. \vm.

.A TRADmON

, célébré avec tant d'éloges dans tous les siècles suirnnis ; en .sorte , conclut-il ‘ , qu'il nous faut tâcher d'expliquer la censure de ces papes sainement et d’une manière qui se puisse concilier avec la doctrine de ce Père. J’ajouteml , en dernier lieu, comme un corollaire de tout ce qu'on vient de voir, que si l’on prétendait avec M. Simon , que saint .Augustin fût contraire à la tradition des saints docteurs , ou aux décrets de l’Église dans quelques dogmes touchant la grâce qu'il aurait entrepris d’établir comme de foi dans tous ses ouvrages , principalement dans les derniers , qui sont les plus approuvés; tous les éloges que lui ont donnés 1rs siècles suivants , et tous les décrets des papes en sa faveur, ne seraient qu’une illusion : saint Augustin ne serait pas un guide donné par l’Église, si on s’égarait en le suivant; il ne serait pas la bouche de l’Église , s'il avait souftlé le froid et le chaud , le vrai et le faux , le bien et le mal : le pape saint Célestin ne devait point avoir si sévèrement réprimé ceux qui disaient que ce Père était l’auteur d’une nouvelle doctrine , si en effet il l’était , ni ceux qui le reprenaient d’avoir excédé , si en effet il excédait jusque dans des matières capitales : il ne fallait pas, comme a fait le pape Ilormisdas , pour trouver le sacré dépôt de la tradition et de la saine doctrine sur la grâce et le libre arbitre , renvoyer aux livres de ce Père , avec un choix si précis de ceux qu’il fallait principalement consulter, si , de ces deux matières dont U s’agissait , il avait outré l’une et affaibli l’autre : il y eût fallu au contraire distinguer le bon d’avec le mauvais , le douteux ou le suspect d’avec le certain , et non pas y renvoyer indéfiniment ; autrement, on égarait les savants, on tendait on piège aux simples, et, comme dit Suarez , l’Église , ce qu’û Dieu ne plaise , les induisait en erreur.

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