‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 310 sur 518 · CHAPITRE .XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE .XIII

Quatre conciles oniverscllcment approuvés , et entré au . très celui de Trente , ont décidé , sous peine d'anatliéme , que dans le pAssage de saint Paul ( Hom. v, tS), il faut traduire in quo, et non pas quatrnus. M. Simon lué* prise ouverlemrnl l'anlorilé de ces colKiléS.

Le premier est celui de Milève , où soixante évêques rapportent ce passage selon la Vulgate, et n’allcguent que celui-là dans leur lettre synodique à saint Innocent , avec un autre de même sens du même saint Paul ; ce qui montre qu Ils en faisaient le principal fondement de la condamnation dus pélagiens.

Le second concile est celui de Carthage ou d'Afriepte, de deux ceut tpiatorzc évêques, qui, dans le chapitre ii , après avoir établi la foi du péché

• romm. tu Epûl. od Rom. v.

» Ambr. Itb. IT, n» «7, m Luc.

» AHÿ- Ub. 1 contr. Jul. CAp irt, q* I0>

• Comment, in P.pist. ad Rom. T-

iP.

6«6 T)ÉFE>SE DE

origiiifl sur le baptême enfants, analhémntlse les contrediwnts; à cause , dit-il, t/u'il ne faut pas entendre autrement ce que dit T Apôtre : Ij: péché est entré dans le monde par un seul homme., en qui tous ont péchés in quo omnes PECCAVERUNT, que comme l'Église catholique tejMndue par toute la terre Catoi^joursentcndu : ou le concile, en suivant la version qu'ou veut contester, dit deux choses : premièrement, que le sens qu’il donne à ce passage n’est pas seulement le véritable , mais encore celui qui a toujours été reçu dans l’Église universelle; secondement, que pour cela même il n’est pas permis de ne le pas suivre, à moins qu’on ne dise en même temps qu'il est permis de s’opposer à l’intelligence constante et perpétuelle de toute l’Église.

Le troisième concile est celui d’Orange U, qui, dans une semblable décision * , allègue pour tout fondement le même passage entendu de la même sorte, traduit de la même sorte.

l.e quatrième est le concile oecuménique de Trente * , qui répète de mot à mot les décrets de ces deux derniers conciles, et par deux fols le passage dont il s’agit, comme le fondement de sa décision ; en déclarant, dans les mêmes termes du concile d'Afrique , que l’Église catholique l’a toujours entendu ainsi, et qu'il ne faut pas, c'estn-dire qu'il n’est pas permis, de l’entendre autrement.

Mais M. Simon ne craint pas d'éluder cette explication , et fornoellement l'autorité de ces conciles, .vurce^ mots EN QUI TOUS ONT PRCUB. Corfiétiusà Lapide, dit-il *, traite à fond du péché ohginet, opposant à ceux qui croient qu'on ne le peut pas prouver efficacement de ce passage, le concile de Milève et celui de Trente ,■ mais il n'y a pas d'apparence que ces deux conciles aient voulu condamner les plus doctes Pères qui l'o7ït entendu autrement. Ainsi l'autorité de ces deux conciles, dont l'un est (ccuménique et l’autre de même valeur, et de deux autres qu’on vient de voir, également app^ou^ és, ne fait rien à M. Simon : il n’y aura plus qu’à rapporter quelques passages des Pères , pour conclure que les conciles qui auront plus précisément examiné la matière, ne sont rien. On en sera quitte pour dire qu'il n'y a pas d'apparence qtt'on ait voulu conduinncrlcs plus doctes Pères. Voilà un beau champ ouvert aux hérétiques; et sur ce pied ils n’auront guère à se mettre en peine des décisions de l'Église.

' Op. U.

* Ses$. v, can. n.

LA TRADITION

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