‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 325 sur 518 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Cette métliode de saint Augustin est précisément ta même

que Vinceut de Lerins étendit ensuite davantage.

Cest cette même méthode, qui depuis a été plus étendue par le docte Vincent de Lerins. 'Tout homme judieieux conviendra qu'elle est prise principalement de saint Augustin , contre lequel pourtant on veut dire qu'il l'ait inventée. Quoi qu'il en soit , elle est fondée manifestement sur les principes de ce Père , qu'on vient de voir j et c'est pourquoi, à l'exemple de ce saint docteur, quand il s'agit de prouver que la multitude des Pères est fhvorable à un dogme , Vincent de Lerins ne croit pus qu'il soit nécessaire de remuer toutes les bibliothèques, pour examiner en particulier tous les ouvrages des Pères. Il le prouve par l'exemple du concile d'Éphèse, ou, pour établir l'antiquité et l'universalité du dogme qu'on y avait déflni , on se contenta du témoignage de dix auteurs ; non, dit Vincent de Lerins ’ , qu'on ne pût produire un nombre beaucoup plus grand des anciens Pères; mais cela n'était pas nécessaire, parce que personne ne doutait que ces dix n'eussent eu te même sentiment que tous leurs autres collègues.

Saint Augustin, et les Pères d'Afrique, qui ont condamné Pélage, ont suivi la même méthode que toute l'Éghse embrassa un peu après , pour condamner Nestorius. On se copteuta du petit nombre de Pères que saint Augustin produisait : on crut entendre tous les autres dans cenx-IU : l'unaidmité de l'Église , conduite par un même esprit et une même tradition , ne permit pas d'en

* Otnt Jul. Ilb. I , cap. VII , D*** 32 .

* Il Comm. p. 967.

douter. S'il y en avait quelqoca autres qui semblassent penser différeniment, on croyait ou qu'ils s'étaient mal expliqués , ou , eu tout cas , qu'il ne fallait pas les écouter. Ainsi , sans avoir égard a ces légères difficultés, et sans hésiter, on prononçait que toute l'Église catholique avait toujours cru la même chose qu'on définissait alors; et voilà le fruit de la méthode de saint Augustin , ou plutôt de celle de toute l'Église , si solidement expliquée par la bouche de ce docte Pète.

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