‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 346 sur 518 · CHAPITRE XXVIII. C · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII. C

Pa-^wage» d•Orig^ne : vaincs rrillqiMN sur rcs pnARap's , tWcitUirt pnr s«»n livre ctmhc Cclse ; que ctl aulciir ne rapporte pas & une vie préréilmU*, mais au seul A<1ain , le |iédi^ que omis ap|>ortons eu naissant : pourquoi laiul Augustin n'a cité ni Origèoe ni Tcrtullieu.

Nous pouvons ranger Orlgènc apr^s son mnî- \re Clément Alexandrin. I-es témoignages de cet auteur pour le péché originel sont si exprès, que ceux mêmes de saint Augustin ne le sont pas plus \ et en si grand nombi'e , qu’il ne faut pasentrcpreiulre de les copier tous. TiMit le monde sait j ceux des homélies viii et xii sur le LtWlUqut* * , , du traité ix sur saint Mattliicu^, du traité xiv sur | saint ïauc^, où il est parlé du Iwptéme des petits \ enfants en rémission des pi^chés et des souillures de leur naissance, dont ils ne peuvent être purifiés que par le baptême , confonnément à cette pai*ole de Notrc-Sclgneiir : .Sï on ne rc;imV d'eau et du Saint-Esprity on n'enire pas dans te royaume de Dieu. On voit aussi par le livre v, sur l’épître aux Romains (pie. par o> ü a entendu in quoj avec la Vulgatc; et non pas quatk.nus ou to QCOD, à cause que^ comme le voulaient les |H'1agicns \ par où il établit qu<^ tous les hommes ont été dans le paradis en Adam. Il enseigne, dans le meme cndixiit , que la mort qui a passé à tous l(’S hommes par Adam, est ctdle de féme, par cnnsixiucDt le péché , d'où suit en tous la mort du corps.

On fait diverses critiques sur quelques-uns de CCS passages d’Origène, et il y en a qui >culcnt qu’une partie ne soit pns de lui®, comçie ceux sur 1e Lévitique. On dit aussi, aprt‘s saint Jérùmc, que les péchés qui sont remis par le baptême. sont attribués, par Origène, à une vie précédente; mais ceiu ne sc trouvera pas, cC Origène

* T. I, p. 80, vu, 109.

* Ihhi. t II, p. 40.

* Ihtd. lia.

» Ibtd. .‘141, 313, 348.

* Oirtf. i\sjrrii. Ub. i,cap. i, p. 6, 0.

les attribue constamment au péché d’Adam. Pour la critique qui ôte à Origène les homélies sur le Lévitique , clic n’est pns suivie ; cor tout y ressent Origène ; et quoi qu'il en soit , la difficulté est levée , puisqu'il dit In même chose dans les autres homélies , comme sur saint Matthieu et saint Luc. Les livres sur l’épilre aux Romains, traduits par saint JériVme , ne sont ni douteux ni suspects et ne souffrent point de réplique, Origène y refiiU-: même ceux (jui voulaient trouver (Lins une autre vie, qui précédait celle-ci , le péché que nous np portons en naissant

Mais CO qui finit toutes li^ critiques sur le sujet d'Orlgèuc, c’est sa d(K*trlne constante dans son livre contre Celse , où nous avons le grec de ce grand auteur, sans qu’il faille nous en rapporter à scs interprètes. Il enseigne premièrement, que nul homme n'est sans péché j et (lue nous sommes tous pécheurs par nature * : secondement , que nous le sommes par nahsance ; et ce qui est (iéclsif, que c’est pour cela que la loi ordanne qu'on offre j)ourles cnfunD nouvellement nés te sucrijice pour le péché, à cause qu'ils ne sont point purs de péché, et que ces ^ijro/e.s de David: y K\ btb conçu kx iniquité , cowviennent en cetétat^. Nous avons remarqué ailleurs^ deux autres pa.ssages, où cet auteur entend du péché origine! ce célèbre verset de I)u\ id ; mais celui-ci, qui est le plus décisif, à cause du livre où U sc trouve , nous avait échappé. Troisièmement, il regarde la nature raisonnable comme corrompue et pécheresse^, ce qui emporte un véritable péché commun a toute noti*e nature. Quatrièmement , Origène rapporte toujours cette tache originelle au péché d’AdAim®, ce qui ne laisse aucun doute du sentiment de ce grand homme. -

Il est vrai (pie sur l'épitre aux Romains, en racontant toutes les manières dont Adam a pu nuire à sa postérité, il ivraarque, entre les autres , eclleque les pêlaglcns ont suivie depuis, c'est-ù- (lire, celle de l'exemple qu’il nous a laissé de désobéir ; mais c’est en présupposant , et là , et partout ailleurs, une autre maniéré de nous nuire , en faisant passer à nous , par la naissance , un véritable péché, qu’il fallait laver par te baptême, même daus les petits enfants.

Il est vrai encore qu’Origène a reconnu dans les âmes une vie, qui a précédé celle où elles se trouvent unies ù un corps mortel ; car U la croyait nécessaire pour justifier la diversité infinie de»

> IJb. III, p. 14», ISO, t&i.

» Ibid. VII , p. noa , 3<w.

• Sttpp. in Ptal. t. I, p. CIO.

• LIb. IV, p. 939.

• Ibid. p. 201; VII, p. 3;i.

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déi'k.nsh: I)i; la tradition

peines et des états dans la vie humaine , lestjuels il ne croyait pas pouvoir rapporter au seul péché originel , qui était commun à tous. Il disait donc que la cause de cette inégalité était les divers mérites dans une vicpn'cédente ; mais il ne se trouvera pas qu’il ait une seule fois allégué cette raison , quand il a parlé de ce péché que nous apportions en naissant , et qu'il fallait expier par le baptême ; au eoiitralre, nous avons vu qu'il l’a toujours rapi«rtc au premier Père ; et lorsque saint Jérôme lui attribue autre chose', c’est plutôt une conséi|uence qn’il remarque qu’on eut pu tirer de scs principes, qu’une doctrine qu’il ait jamais enseignée.

.Au reste , d’autres que nous , et entre autres le pere Garnier, après le père Petau , si je ne me trompe, ont fait voir que les pélagiens , loin d’avoir prétendu suivre Origène, se glorifiaient de combattre scs erreurs; et, quoi qu’il en soit, il est bien certain qu’ils ne peuvent avoir pris de lui leur doctrine contre le péclié originel , puis'|uc ce grand homme a ait établi la sienne dans les mêmes termes dont saint .Augustin s' est servi , et avec toute l’évidence qu’on a vue.

Que si ce Père n’a pas employé l’autorité d’Origène, non plus que celle de Tertullieu, c’est qu’ils étaient des auteurs flétris; le premier, par le jugemeut de Tliéophile d’Alexandrie , confirmé par celui du pape saint Anastase; et le second , par son schisme» ; mais comme ce n’est point sur cet article que ces grands auteurs ont été notés, et qu’au contraire ils l’ont explique selon toutes les règles de la tradition , on peut très-bien les employer [wur en explicpter la suite.

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