‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 352 sur 518 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Béponse de ARint Augustin : pRiURge do l’homélie qu'on lui uhjectRit, pRr où U en découvre lo vroi sans.

Sur ce passage de saint Chrysostême , saint Augustin fait trois choses : ht première , il corrige la traduction de Julien ; secondement, il fait voir le sens véritable de salut Chry sostême : en troisième lieu il prouve ce sens par la suite de l'homélie sur les nouveaux baptisés , qui était celle qu’on lui objectait. Nous commencerons par ce dernier endroit de la réponse , parce qu’il fait voir la solidité des deux autres. Voici donc dans cette homélie les paroles de saiiit'Chrysostâme dont saint Augustin nous rapporte le grec , que nous n’avons plus, et qu’il nous traduit ainsi de mot à mot ‘ : Jésus-Christ est venu une fois, il a trouvé notre cédule ou obligation paternelle, cniBOGBApnuii PATEBxV'u, qu’ Adam a écrite : celui-ci a établi le commencement de la dette, nous l'avons augmentée par nos péchés postérieurs ; ille ixitii'm ixocxit debiti , nos EIKNIIS AUXIML'S POSTÏBIOBIUfS PECCATIS. I.C

passage est évident : les termes sont clairs. Cm- BooKAPHuu est ici la cédule ou l’obligation pour contracter une dette. Saint ChrysosWrae cuseigue ailleurs ', que c’est là naturellement ce que ce mot signifie. La cédule ou obligation paternelle, cniBOGHAPiiuu PATEBNUM, morquc UGc dette ancienne qui se trouve parmi les effets de la succession ; FOEN us signifie en ce lieu , selon l’usage ordinaire, Æs alienuu, dette. L’intelligence des termes étant supposée, la chose ne reçoit plus de difficulté. Saint Chrysostême ne parlerait p.as des péchés postérieurs qui ont augmenté notre dette , s’il n’en avait supposé un premier qui l'a commencée. I.e terme même de dette signifie péché dans l'usage de l'Écriture ; et nous donnons tous les jours ce nom au péché , lorsque nous disons dons l'Oraison dominicale : oimitte nobis OEBiTA NosTBA, remcttez-nous nos péchés, comme nous les remettons à ceux qui nous doivent. En ce sens nous avons deux sortes de dettes : la première est celle que nous avons contractée dans notre premier père ; et la seconde , celle que nous augmentons par nos péchés. Nous sommes des deux cêtés redevables à la justice divine. Saint Augustin remarque très-bien de cette première dette , qu'elle est nôtre , et qu’elle est aussi paternelle. Saint Chrysostôme , dit-il , l’appelle nôtre, cbiboobaphum nostbum, parce qu'elle nous devient propre par la succession :

> CoHl. Jul. Hb. I, cap. w, n* sa.

> Hom. VI, m Cotait, ii, it.

DÉFKNSE DE LA TILVDITIO.V

Non cu.ntkntus h it iuceki; ovrEiiNUM ciimocntPiH'M, MSI ADOFRETNasTiiuM. Ellc cst aussi lialiTiiclIt, iiarce (|u‘t'lle nous vient <lc notre l’crc, dont nous sommes héritiers, et que c’est, pour ainsi parler, le seul effet de eette malheureuse sueeession ; d'où il s'ensuit (lu'il y a en nous , outre nos dettes particulières, une dette, c'est-àdire, eomnic on n vu, un iH'ché héréditaire.

CIIAPITHE III.

Ëiideiiro de la réponse de Saint .Viian.stiii : en quel sens il

a dit lui-même que les enfanU étaient iineu'enU.

Ce fondement suppos*'- , la ir’ponse de saint Aupustin ne souffre point de difllculté; puisr|u’ayant prouvé par saint Chrysostùme (ju'il reconnaissait dans les baptisés des péchés postérieurs que nous ajoutons a celui qui nous vient d'Adam , il n’y avait rien de plus naturel que de eroire , lorsqu'il disait que les enfants n’ont point de péchés, qu’il l’entendait (je ces péchés postérieurs ajoutés nu premier péché par leur t olonté, ipii étaient iTiix qu'en effet les enfants ne pouvaient avoir.

C'est pour(|uoi saint Auitustln avait beaucoup de raison de corriper la version de Julien, qui au lieu qu’on lisait dans l’orlpinul de saint Chrv sostùme, que les enfants n'ont point de péchés nu nombre pluriel, quamvis peccata non habentes, traduisait qu'ils n'élaicnl poin! souillés du péché, CfM SON SINT COISqUISATI l'F.CCATO ’ ;

ce ([ui était faire parler saint ClirjsostAme bien plus pénéralemeiit et plus indéfiniment qu'il n'avait fait.

Il n'y avait donc rien de plus net (pie la solution de saint .\upustin ; il dit (saint Clirysostùmc) que les enfants n’ont point de péchés, c'est-àdire, propres; et c’est qiotirquoi, continue t-il , nous les appelons innocents et avec raison , nu sens que sidnt Paul a dit de Jacob et d'Ésaü, | qu'ils n’araient fait ni bien, ni mal, et non en | celui où il n dit qu'on est pécheur dans un seul *, I par le |K'ché d’autrui, et non par le sien propre.

Et pour entendre à fond cette réponse de saint Aujnistin ’ , il faut savoir tpi’il y n une innocence dans les jietiLs enfants, que ce Père a été oblipéde défendre contre les pélagiens. Pressés par cette iiiterropation, [lourquoi on baptisait les enfants en la rémission des ptohés, s’ils n'en avaient aucmi ; plutôt que d'avouer le péché oripinel avec le reste des chrétiens, ils disaient que les enfants n'étaient p.as incapables de pécher par leur propie volonté, et que c’éUiit de tels [véchés qu'on leur remettait dans le baptême. Omtre cette folle opinion ,<iue l’Église ni l'humanité ne eou-

« ConC Jtil. lue. ril.vt n® 22.

’ Rom. V. I*).

Ut' 1, ’lfjxcf. mtr. c.*p. XWIV et XXXV ,

naissaient pas, saint Augu-stin eut a soiileiür en plusieurs endroits , l’innocrnce des enfants ' , et le langage commun du genre humain , qui lesap- (lelait innocents. Il dit même que saint Cypricn n défendu leur innocence ■ , du côté des [léchés qu’on peut commettre par sa v olonté ; et [lour cela il allègue le passage qu'on vient de voir de saint Paul, où il parle de Jacob et d’Ésaû comme n’aqantfait ni bien ni maP. Il pouvait aussi ra|>porter ce (|ue dit le même apôtre : Im mort a ré- <jné sur tous ceux qui n’ont point péché *. Il viv nait de dire qu’ils ont péché en Adam , et il dit aussitôt après qu'ils n'ont point péché , c’est-àdire, comme il ajoute, qu’ils n'ont [wlnt péché en ressemblance de la prévarication d’.idam , et , comme l’e-vplique saint Jéi-ôme ‘ aussi bien que saint -Augustin ‘,/)nr/eur/)ro/)re et particulière volonté, ün peut donedire qu’ils ont péché eln’ont point péché à divers égards ; et c’est vouloir embrouiller une cliosecUùre, que de chercher ici du l’embarras.

Page 1