CHAPITRE IV
Pûurqaoi «.vint ChvMistanie n'a [wint parlé cxpn'sstùneiit
rnce Jieii du jièrlié originel, an lieu que Nt».toriuH et
eaiut Isidore do IlamiHU; en ont [rariè im peu a|ues
aveu une efttière cluilé.
Aure-Ste, dans la liberté qu’on avait, selon ses diverses vues, de mettre les petits enfants au rang des coupables ou des innueeuts , suint Cliry ■ sostôine, en ce lieu, avait ses raisons pour les regarder de cette dernière manière; etu il avait a réfuter eeu.x qui dégradaient le ba[ptémc , et en mutilaient la gi-aee en la restreignant au seul pardon , à l’c-vclusion des autres dons beaucoup [ilus grands. C’e.st ce qui parait par le te.\tc de son homélie , qu’il faut encore une fois , pour un plus grand débrouillement de cette matière, picsenter au,x yeux des lecteurs : // y en a, dit-il, qui veulent croire que la grâce de ce sacrement consiste toute dans la rémission des péchés; mais nous tenons (ïcn raconter dix avantages. C’est aussi pour cette raison que nous baptisons les enfants, quoiqu’ils n’aient point de péchés, pour leur ajouter ta sainteté, la justice, T adoption, l’héritage, la fraternité de Jésus-Chnst, rhonneur d’etre ses membres cl la demeure du Saint-Esprit.
Dans le dessein que se pro[)osalt ce grand personnage , on voit qu’il avait besoin , non [loint des péchés dont le baptême nous délivre , mais des
' lib t, de pecf. mer. cap ivu.
1 Ibid. XXXV.
} Ht,m. rx. II.
* Ibid. V, 14.
» .Idv. Pet- lib. lii, p. »TI.
* Ve ixvc. mer. iiJi. i, rap. xi.
KT T)RS SMNTS V^JiKS. IJV. IV.
pr.lc’os (|u'il nous ponfiTP. Crst iHiuriiuoi il c.\apere les dons , et passe légèrement sur le péché des enfants. Ht si l’on demande : Pounpioi , en illsant qu'ils n'avaient point de péchés, ne s'explique-t-il pas davantage? (pie lui ev'it-il eodté de dire qu'ils n'avaient point de péchés propres, et de mettre tout A eouvert parce |H-u de mots? saint Augustin répond pour lui ‘ , ([u'il ne faut pas s’étonner s’il n'a pas eu cette précaution, dans un temps qu'il n'y avait [las de question qui i'y ohligcAt, et <pic les pélagiens ne s'eluicut pas encore élevés.
Kt [K)ur montrer la solidité de cette ré|>onsc , ii n'y a qu'à voir comment on parle depuis la naissance de celte hérésie. Avant que Nestorius eut éclaté contre l’higlise, nous avons vu qu’il s’était servi , contre Pélage et Celeslins , de cette cedulo que saint ChrysosWmc avait préehéc peut-être dans la même chaire’. .Mais .Nestorius s'explique plus clairement (picu’avalt fait saint (ihry sost Ame. Car il dit ivisitlvement que cette cédule, c’est le l>cc/ic d'Adam. Il ajoute que ectie eédide nous exclut du eiel, et nous fait mourir dans la puissance du diable. D’ou vient cpi’il a parlé plus précisément et avec plus de pré-caution que saint Chrysosliémc, bien plus habile que lui ; si ce n’est que Julien le pélagien , n'fugié A Constantinople apres sa condamnation , et pré-sent peut-être à ce sermon , l’avait rendu plus attentif A riiérésic pela- j gienne, qu'il se faisait alors un honneur de combattre? C'est |svurquc)i on peut bien trouver le ' mévme fond de doctrine dans saint Chrysosti'ime , mais non pas toujours pour cela la même précision.
C’est ce ([ui parait encore plus clairement un peu après dans saint Isidore de Damiette. On lui demande pourquoi on baptise les [letits enfants, encore qu’ils soient sans péché , «vjjxaprr.-ra Svt«.
• Kt il y en a, répond-il ’, qui, s’attachant aux
■ petites choses , en rendent cette raison, qu’on
• efface par ce moyen la tache qui [lasse en nous « par la prévarication d’Adam : pour moi , je crois " aussi que cela si* fait ; mais non pas cela seii-
■ lement , car ce serait peu de chose. Il y faut
■ donc ajouter les dons qui surpassent notre na-
• ture : elle ne reçoit pas seulement ce qui lui est
• nécessaire pour effacer le péché, mais elle est - oniée des dons divins ; elle n’est pas seulement » délivrée du supplice, ni de tonte la malice du « péché , mais elle est régénéiée d’en haut, racbc-
téc, sanctillcc, adoptée, justifiée, cohéritière du
• Fils unique , et unie A ce chef comme un de scs « membres. • Kt un peu après : • Sous n’avons pas
• Coût. Jal. lil». I, Mp. IV, n’ M.
» ApaU. .Vereot. Serai. II. tS'nt. ir' 7, S. Gara. p. SI.
* Lib. III, Ep- cxry.
GH
■ seulement reçu un remède contre une plaie,
• mais une Ix-nuté au-dessus de tous nos iiiériles. « .\insi il ne faut pas croire que le baptême l'itc « seulement les péchés; mais encore qu'il ojK-re
• avec l'ndoption mille autres dons, dont j’ai expli-
• qué une partie. •
Je ne crois p.vs que personne puisse lire cette lettre d’un Itimmic, que l’on sait d'nilleui's nioir été si affectionné a la lecture de saint Cbrysostéme ', sans sentir qu’il avait en vue l'homélie de ce Père que Julien objectait. On voit dans toutes les deux, je veux dire, et dans la lettre et dans l'homi lie,iion-seulement le même dessein de prouver que le baptême ne consiste pas dans la seule rémission di-s pochés; mais encore les mêmes prcuvi-s, les mêmes expressions, le même ordix“, et le même esprit de ne s’am'ter presque pies A la rémission du péché, en comparaison des dons immenses qui sont attachés A ce sacrement. Si saint Isidore s’expliciuc plus clairement; s'il exprime en termes formels qu’un des effets du baptême des petits enfants est d'effacer la taclic du péchéoriginel, et d’en guérir la plaie; s’il l’appelle formellement un péché, une malice; en un mot, s'il expliipic si distinctement ec que saint Chrysostême n’a dit qu'en gros : ce n'est pas qu’il soit plus savant que ce grand évêque, ni qu'il pense autrement que lui, puisqu’il le nomme si souvent comme son maître; mais c’est qu’étant i-évcillé par l’hérésie des pélagiens, qui avait fait tant du bruit par toute la terre, il a été plus nltentif A des choses que saint Chrysostomc n’avait point d’obligation d’expliquer.
ciiAPiraE V.
Passagi-s (le saint Clirysoslùiile dans l’Iinmélie x sur l'épllro aux Riunains, prupoiHis en paitie iiar saint Aiigusiui, pour le péi’hé oi
Outre l’homélie sur les nouveaux baplisés , que nous n’nvons plus, saint Augustin oppose A Julien les passages du l’homélie x sur l'Epitre aux Romains que nous avons. C’est reconnaître , ditil , le péehé originel que d’enseigner, comme saint Chrysostême a fa t au commencement de cette homélie, que le péché qui a tout souillé n'est pas celui qui vient de la transgression de la loi de Moise; mais celui qui vient de la désobéissance d'Adam’. 1 1 s’agit d’un véritable péehé, puisqu’on le compare A la transgression de la loi de Moïse : ce péché est universel , puisqu’il .souille tout , et d’une souillure qui est comparée A celle que l’on contracte par la prévarication de la loi de Moïse. Ce n’est donc pas seulement lu peine, mais cn-
* Llh. T, Ep. xxxil.
I CSrytotl. Nom. X, in Epitt. ad Rom. apad Aag. llb. I. coni. Jat. cap. Vl , Q- 17.
DÉKKNSE DE LA TRADITION
rare le péché (|ui passe d Adam à tous Ica hommes, et qui infecte tout le üenre humain.
Saint Augustin nous fait voir encore dans la suite (le cette homélie , que tous ceux qui sont baptisés en la mort de Jésus-Christ etensevelis avec lui, ont en eux-mêmes un 2>éché auquel ils meurent. Les enfants en ont donc un , puisqu'on les baptise, de l’aveu desaint Chr) sost6me, comme de tout le reste des Pères.
Que si nous continuons la lecture de cette homélie,nousy tronveroBS ces mots : Site Jutf demande comment est-ce que toute la terre a été sauvée par ta sainteté d'un seul Jésus-Christ; demande ^-lui, à votre tour, comment est-ce qu'elle a été condamnée par la désobéissance d'un seul Adam'. La comparaison est nulle, si de même que vous mettez d’un cité une véritable justice, qui nous est communiquée , dit saint Chrysostôrae , par la croix et robéissan ce tic Jésus-Christ, vous ne mettez aussi de l’autre un véritable péché qui nous vient de la désobéissance d’Adam. C’est pourquoi ce saint docteur continue ainsi : De peur que t'oKsne croyiez, quand vous entendez nommer Adam, qu'on ne vous ôte que le seul péché qu'il a introduit, saint Paul nous apprend qu'on nous a remis tous les péchés qui ont suivi ce premier péché commis dans le paradis.
Il y a donc un péché qu’Adam a introduit dans le monde. Qu’est-ce que l’introduire , si ce n’est le communiquer et le répaudre? Or ce péché introduit n’est pas moins péché que les autres, puisqu’il a besoin d’étre remis à chacun de nous comme ceux que nous avons commis.