CHAPITRE VIF
Pourquoi en on eerlaio sens uint ClirysaslAine ne donnail le iMii de i»écl»é qu’au seul p^-üé actuel.
Et |mur pousser la cIkmc à Iwut, si I on demande à quoi servait à saint Chrj’sosWmc de distinguer l'actuel de l'originel dans cette précision ; cela lui servait à montrer qu'H y avait un libre arbitre, et par conséquent un péché de propre détermination, de propre volonté, de propre choix, ce que niaient les gnostiqtics et les manichéens, qui attribuaient le i>cché à une nature mauvaise : les uns, qui étaient les gnostiques, en disant tpi il y avait des hommes de différente nature, iloiit quelques-uns étaient essentiellement mauvais ; et les autres , qui étaient les manichéens , en attribuant le péché à ce principe mauvais qu’ils reconnaissent indépendant de Dieu même, sans clue Di les uns ni les autres voulussent avouer un libre arbitre, ni par conséquent aucun péché qui v int d'un propre clioix.
Il lui était donc important de montrer aux uns cl aux autres, non-seulement qu’il y avait des péehés de propre choix , mais encore que le péché venait de là naturellement ; puisque même le péclié d'Adam , qui passait en nous avec la naissance, était dans la source et dans Adam même un péelié de propre volonté , qui , dans cette précision et en ce sens, ne venait point jusqu'à nous.
C’est donc ce qui lui fait dire en un certain sens qu’on n'a point péclié en Adam. De cette manière singulière de péclier, qui consiste dans l’acte même et dans le propre choix , cela est vrai : en excluant toute tache de péché généralement , on a vu fout le contraire dans saint Chrj-sostôme.
Et afin de tout expliquer par un seul principe , il faut eutendre sju’y ayant deux choses dans le péché, l'acte qui passe, comme, par exemple, dans un homicide l'action même de tuer, et la tache qui demeure, par laquelle aussi celui qui cesse de faire l’acte, par exemple, de tuer, demeure coupable et criminel ; l'iutention de saint Chrysostôme est d’exclure des enfants d'Adam ce qu’il y a d'actuel dans son péché , c'est-à-dire , la manducation actuelle du fruit défendu j et non pas ce qu'il y a d'habituel et de permanent, c’est-à-dire, la tache même du péché, qui fait qu’aprés avoir cessé de le commettre on ne laisse pas d'en demeurer toujours coupable. Pour ce qui est donc de 1 acte du péché d Adam , H fi’a garde de passer à ses enfants ou d'y demeurer, puisqu'il ne demeure pas en Adam mime , et c’est tout ce que veut dire saint Chiysostême; mais quant à ce
qu’il y n d'habituel et de permanent dans le péché, ce saint docteur l'exclut si peu, qu'au contraire il le présuppose comme le fondement nécessaire des peines.