‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 354 sur 518 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

Qti'cn parlant Irès-hien au fond dans l'IioDiélie x sur l'Ëpl* tre aux Runuins, saint CtirysostOme s’embarrasse un peu dans une questiun qui u’était pas enoire bien éclaircie.

Après avoir parlé si clairement du péché originel en tant d’endroits de cette savante homélie, s’il s’embarrasse dons la suite , s’il ne trouve aucune apparence qu'on soit pécheur par la désobéissance d’autrui, il faut ici entendre nécessairement, par être pécheur, l’être par un péché propre et actuel : autrement , un si grand docteur n’aurait pas seulement contredit les autres, mais se serait encore contredit lui-même.

Mais d’où vient donc que partout , dans cette homélie. Il explique pccAer en Adam, de la peine plutAt que du péclié? C’est lù qu’il ne parait pas que sa doctrine soit assez suivie, ou du moins assez expliquée ; et néanmoins dons le fond , et à parler de bonne foi, on doit plutôt dire qu’il s’em-

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barrasse dans une matière qui n’était pas encore bien éclaircie, qu’on ne doit dire qu’il se trompe. Ceux qui lui attribuent l’erreur de rcconiudtre le supplice où le péché ne serait pas, et le font, en cela , plus déraisonnable ({ue u’out été les pélogicns , comme on l’a démontré plus haut ', devraient trouver quelque part dans ses écrits , que la justice permit de punir de mort des innocents , ou de faire sentir la peine à ceux cpii n’ont pas de part au crime. Mais loin qu’on trouve quelque part une si étrange doctrine dans les ouvrages de ce Père, on y trouve tout le contraire, et même dans l’hamélie x, et dans l’endroit cpi’on nous oppose. Car au même endroit où il dit qu’i7 n’y a aucune apparence qu'on soit pécheur pur la désobéissance d'autrui, il ajoute : Qu’on trouvera que celui qui serait tel, c’est-àdire, qui serait pécheur du péché d’un autre, ne serait redevable d'aucune peine , puisqu'il ne serait point pécheur en lui-méine, ou en son particulier êutcOsv. Quiconque donc n’n point de péché en lui-même ne peut , scion la règle de saint Chrysostôme, être assujetti à la peine, et ceux qui lui attribuent une autre doctrine sont réfutés par lui-même.

Il est pourtant vrai qu’il venait de dire, dans cette même homélie, qa’encore qu’il ne semble pas raisonnable qu'on soit puni pour le f'éehé d'autrui, cela néanmoins est arrivé aux enfants d'Adam; et on ne (teut concilier ces deux endroits du même discours , à moins de reconnaître que ce péché , qu’il app<dlii le péché d’autrui , ù cause qu’un autre l’a commis oetuelleinent , devient le propre pé-ché de tous les autres, eu tant qu’ils en ont la tache en eux-mêmes par contagion : de même, à peu prés , qu’cncore qu’on prenne le mal de ipiclqu’un , on ne laisse pas de l’avoir en sol ; et c’est la comparaison que saint Augustin fait en plusieurs endroits , d’où il infère que le péché que nous tirons de nus premiers parents nous est étranger d’une certaine façon, quoiqu’il soit propre dune autre : étranger en le regardant selon la propriété de Faction qui appartient en ce sens à Adam qui l’a fait ; cl ;trapre cependant par la contagion de notre naissance ’, qui le fait passer en nous avec la vie.

Il ne faut pourtant pas s’imaginer que la comparaison de la contagion soit parfaite , puisque cette maladie , que nous aurions contractée dans unaircpi’unpestiféréauraitinfccté serait de même nature quela sienne : au lieu que le péché que nous avons contracté d’Adam ne peut pas être en nous cunmieil est cului,niabsolumcntde même nature: puisqu’il n’y peut jamais être aussi actuel et aussi

’ Ci-4r*iv*t liv. viii, ch»p. xii et miv.

) Cow/. Jul. lUi. Tl, Cvip. IT,

propro qu'il est i\ ce premier iicre tre vie et de notre faute.

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