IV
I Ibid. Ul. 31-
• üm». CbaU. HIrt. Cluld. mmn. Æmpl.
Phim. HhL Mm. ^fc. D<nme. lU). XCVI. Mbté. de Med. et Aserr. apud. loi. Aniiq. Jud. lib. I, can- IV, >1. s ; el lili. I, eonl. Aplon ; et Cioei. Pnep. Ev.
Ilb. 14 , cap. XI , XII , PlbUirc bfiae. Plane nievt terr. an aquet. antmal. Lneian. de Dea Syr.
ijg DISCOURS
DEUXIÈME ÉPOQUE. a toiro ancienne, où U ne pai'aisse, non-
i 2 Ifo^ou U Délugt. seulement dans ces premiers temps , mois
encore longtemps après, des vestiges >• = P DtuiiPM ««« du monde. maniîcsles de la iiouvenulé du monde. On
lau I6M Près du déluge se rangent le décroîs IC07 S347 sement de la vie humaine , le changement dans le vivre, et une nouvelle nourriture substituée aus fruits de la terre ; quelques m7 ïM7 préceptes donnés i Noé de vive voix seulement ; la confusion des langues arrivée à la tour de Babel , premier monument de l’orgueil et de la faiblesse des hommes ; le partage des trois enfants de Noé , et la première distribution des terres.
La mémoire de ces trois premiers auteurs des nations eldes peuples s'est conservée parmi les hommes. Japhet , qui a peuplé la plus grande partie de l’Occident, y est demeuré célèbre sous le nom fameux d’Iapet. Cham et son fils Chanaan n’ont pas été moins connus parmi les égyptiens et les Phéniciens ; et la mémoire de Sem a toujours duré Hans le peuple hébreu , qui en est sorti.
lin peu après ce premier partage du genre humain , Nemrod , homme farouche , devient par son humeur violente le premier des conquérants; et teile est l’origine des conquêtes. 11 établit son royaume à Bahylone ’ , au même lieu où la tour avait été commencée, et déjè élevée fort haut ; mais non pas autant que le souhaitait la vanité humaine. Environ dans le même temps, Ninive fut bâtie, et quelques anciens royaumes établis. Ils étaient petits dans ces premiers temps ; et on trouve dans la seule Égypte quatre dynasties ou principautés, celle de Thebes, celle de ’Diin , celle de Memphis , et celle de Tanis : c’était la capitale de la basse Ég> pte. On peut aussi rapporter à ce temps le commencement des lois et de la police des Égyptiens ; celui de leurs pyramides qui durent encore, et celui des IT71 713J observations astronomiques , tant de ces peuples que des Chaldéens. Aussi voit -on remonter jusqu’à ce temps, et pas plus haut, les observations que les Chaldéens, c’est-à-dire, sans contestation, les premiers observateurs des astres , donnèrent Han» Babylone à Callisthène pour Aristote*.
Tout commence : il n’y a point d’his-
■ Cr«. x, 8, e, 10. II.
• Porfhyr. apud Simpl. In llbr. il; Arutot. de Colo*
voit les lois s’établir, les mœurs se jwlir, et les empires se former. Le genre humain sort peu a |)cu de l'ignorance ; l’cxiiéricnce l'instruit , et les ai-ts sont inventés ou perfectionnés. A mesure que les hommes se multiplient , la terre se peuple de proche en proche : on passe les montagnes et les précipices; on traverse les fleuves , et enfin les mers, et on établit de nouvelles habitations. La terre , qui n’était au commencement qu’une forêt immense , prend une autre forme; les bois abattus font place aux champs, aux pâturages, aux hameaux , aux bourgades , et enfin aux villes. On s’instruit à prendre certains animaux, à apprivoiser les autres , et à les accoutumer au service. On eut d'abord A combattre les bêtes farouches. Les premiers héros se signalèrentdansccsguèrres.
Elles firent inventer les armes, que les hommes tournèrent après contre leurs semblables : Nemiod , le premier guerrier et le premier conquérant , est appelé dans l’Écriture un fort chasseur ' . Avec les animaux , l’homme sut encore adoucir les fruits et les plantes; il plia jusqu’aux métaux à son usage , et peu à peu il y fit servir toute la nature. Comme il était naturel que le temps fit inventer beaucoup de choses, il devait aussi en faire oublier d’autres , du moins à la plupart des hommes. Ces premiers arts que Noé avait conservés , et qu’on voit aussi toujours en vigueur dans les contrées où se fit le premier établissement du genre humain , se perdirent à mesure qu’on s’éloigna de ce pays. Il fallut , ou lea rapprendre • avec le temps , ou que ceux qui les avaient conservés , les reportassent aux autres.
C'est pourquoi on voit tout venir de ces terres toujours habitées, où les fondements des arts demeurèrent en leur entier ; et là même on apprenait tous les jours beaucoup de choses importantes, f-a connaissance. de Dieu et la mémoire de la création s'y conserva; mais elle allait s’affaiblissant peu à peu. Les anciennes traditions s’oubliaient et s’obscurcissaient ; les fables, qui leur succédèrent , n’en retenaient plus que de grossières
■Cf». I.». •
J.C Ans da
Ans da
SUR L'HISTOIRE UNIVERSELLE
S- idées; les fausses diïinitcs se multl- ^1' pliaient : cl c’est ce qui donna lieu à P la vocation d'.Vbraham.
TnOISlÈMK É'POQUE.
La vocation d'AOraham , ou ic commencement du pcufle de Dieu et de l'alliance.
TroUtème du inonde.
Quatre cent vingt-si.T ans après le déluge, comme les i)cuples marchaient ehacun en sa voie, et oubliaient celui qui les avait faits, Dieu, pour empêcher le progrès d’un si grand mal , au milieu de la eorruption commença à se séparer un peuple élu. .Abraham fut choisi pour être la tige et le père de tous les croyants. Dieu l'appela dans la terre de Chanaan , soea uni où il voulait établir son culte et les en- ' fants de ce patriarche , qu'il avait résolu de multiplier comme les étoiles du ciel et comme le sable delamer.Ala promesse qu'il lui lit de donner cette terre à ses descendants , il joignit quelque chose de bien plus illustre; et ce fut cette grande bénédiction qui devait être répandue sur tous les peuples du monde, en Jésus-Christ sorti de sa race. C'est ce J ésus-Christ qu' Abraham honore en la personne du grand pontife Melchisédcch qui le représente; c'est ù lui qu’il paye la dlmedu butin qu’il avait gagné sur les rois vaincus ; et c’est par lui qu’il est béni ’. Dans des rlcbesses immenses, et dans une puissance qui . égalait celle des rois , Abraham conserva les mœurs antiques : il mena toujours une vie simple et pastorale , qui toutefois avait sa magnificence , que co patriarche faisait paraître principalement en exerçant l’hospitalité envers tout le monde, lits ii»« Le ciel lui donna des hôtes : les anges lui , apprirent les conseils de Dieu ; il y crut , et parut en tout plein de foi et de piété. De son temps , Inacliiis , le plus ancien de tous les rois connus par les Grecs , fonda le royaume d'Argos. Après Ahraham, on trouve Isaac son fils , et Jacob son petit-llls, imitateurs de sa foi et de sa simplicité dans la même vie pastorale. Dieu leur réitère aussi les mêmes promesses qu’il avait faites à leur père , et les conduit comme lui en toutes choses. Isaac bénit ats 176» Jacob au préjudice d’Ésaü son frère aîné ; •et trompé en apparence , en effet il exécuta les conseils de Dieu , et régla la des-
I Hfbr. vn. I, »,
•OtSCCT. — T. I.
linée do deux peuples. Ésaü eut encore g »• J le nom d’Édom , d’où sont nommés les S • j g Iduméens dont il est le pore. Jacob, ■ • p que Dieu protégeait, excella en tout au-dessus d’Ésaü. Un ange , contre qui il eut un combat plein de mystères, lui donna le nom d’Israël , d’où ses enfants sont appelés les Israélites. De lui naquirent les douze patriarches, pères des douze tribus du peuple hébreu : entre autres Ix'vi, d’où devaient sortir les ministres des choses sacrées; Juda, d’où devait sortir avec la race royale le Christ,
Roi des rois et Seigneur des seigneurs; et Joseph , que Jacob aima pins que tous scs autres enfants. Là se déclarent de nouveaux secrets de la providence divine.
On y volt, avant toutes choses , l’innocence et la sagesse du jeune Joseph toujours ennemie de» vices, et soigneuse de les réprimer dan» ses frères ; ses songes mystérieux et prophétiques ; ses frères jaloux , et lajalousie cause pour la seconde n?» i:»s fois d'un parricide ; la vente de ce grand homme ; la iidélité qU’il garde à son maître, et.sa chasteté admirable; lesperséeutions qu’elle lui attire ; sa prison et sa constance; ses prédictions; sa délivrance miraculeuse ; cette fameuse explication »»»7 ni? des songes de Pharaon ; le mérite d’un si as» m» grand homme reconnu; son génie élevé et droit , et la protection de Dieu qui le fait dominer partout où il est ; sa prévoyance; scs sages conseils, et son pouvoir absolu dans le royaume de la basse Égypte ; par ce moyen le salut de son père Jacob et de sa famille. Cette famille chérie lai noi de Dieu s’établit ainsi dans cette partie de l’Égypte dont Tanis était la capitale , et dont les rois prenaient tous le nom de Pharaon. Jacob meurt ; et un peu devant sa mort il fait cette célèbre prophétie , où ,• découvrant ù ses enfants l’état de leur an ise» postérité, ildécouvre en particulier ù Juda le temps du Messie qui devait sortir de sa race. maison de ce patriarche devient un grand peuple en peu de temps : cette prodigieuse multiplication excite la Jalousie des Égyptiens : les Hébreux sont injustement bals, et Impitoyablement persécutés : Dieu fait naître Moïse leur libérateur , qu’il délivre des eaux du Nil , et »«m i67I le fait tomber entre les mains de la fille de Pharaon ; elle l’élève comme sou fils , et le fait instruire dans toute la sagesse des Egyptiens. En ces temps , les peuples d’É-
DISCOUUS
pj'pto s'établirent en divers endroits de la Grèce. La colonie que Cécrops amena d'Égypte fonda douze villes, ou plutôt MIS I vM douze bourgs , dont il composa le royaume d' Athènes, et où II établit, avec les lois de son pays , les dieux qu'on y adorait. Un peu après arriva le déluge de Deuralion dans la Thessalie, confondu par les Grecs avec le déluge universel '. Ilellen, fils de Deucalion, régna en Phtie, pays de la Tbessalie, et donna son nom à la Grèce. Ses peuples, auparavant appelés Grecs, prirent toujours depuis le nom d'Hellènes, quoique les Latins leur aient conservé leur ancien nom. Environ dans le même temps, Cadmus , (Ils d'Agénor, transporta en Grèce une colonie de Phéniciens, et fonda la ville de Thèbes dans la Bcotie. Les dieux de Syrie et de Phénicie entrèrent avec lui dans la Grèce. Cependant Moïse s’avançait en Age. A quarante ans, U73 1V3I il méprisa les richesses de la cour d'Égypte ; et touché des maux de ses frères les Israélites , il se mit en péril pour les soulager. Ceux-ci , loin de profiter de son zèle et de son courage , l'exposèrent è la fureur de Pharaon , qui résolut sa perte. Moïse se sauva d'Égypte en Arabie , dans la terre de Madian , où sa vertu , toujours secourable aux oppressés , lui fit trouver une retraite assurée. Ce grand homme perdant l'espérance de délivrer son peuple, ou attendant un meilleur temps, avait passé quarante ans à paître les trouuiaiisi peaux de son beau-père Jéthro, quand il vit dans le désert le buisson ardent , et entendit la voix du Dieu de ses pères, qui le renvoyait en Égypte , pour tirer ses frères de la servitude. Là paraissent l'humilité , le courage et les miracles de ce divin législateur ; l'endurcissement de Pharaon , et les terribles châtiments que Dieu lui envoie ; la Pilquc , et le lendemain le passage de la mer Kouge ; Pharaon et les Égyptiens ensevelis dans les eaux , et l'entière délivrance des Israélites.