‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 362 sur 518 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Comment la cois:upi.a:enco est expliquée par saint ChrysustOmc ; deux raisons |Ktiii'quoî sa doctrine n’est pas aussi liée et aussi suivie que celle de saint Augustin , quoique la même dam le fond.

C’est la doetrine de tous les siècles sur la liaison de ia concupiscence avec le )>éché originel. Il ne nous reste qu'à remarquer que saint Chrysostéme attache ordinairement la concupiscence à la mortalité , parce que l'homme , devenu mortel , tombe par là dans cette indigence d'où naissent nus faiblesses et nus mauvais désirs , ainsi que ce Père , et après lui Théodoret , l'explique sur ce verset du psaume l : Ecce in iniqnitalibu3, etc.

BUSUtT. — T. I.

C’est aussi une des raisons pour laquelle cet éloquent patriarche de Constantinople parle si souvent de la mort en expliquant le péché originel : i>arce qu'il regarde la mortalité comme la source de nos faiblesses et la pépinière de tous nos vices : en quoi, s'il ne touche peut-être pas la source la plus profonde de nos maux héréditaires, qui est l'orgueil et l'amour-propre , il en expose du moins la cause la plus sensible.

On peut voir par toutes ces choses , qu'il a reconnu dans le fond le péché originel aussi certainement que tous les autres Pères ; et que tout ce qu'il peut y avoir d’embarras dans sa doctrine , c’est qu’elle n’est pas aussi attentive , aussi précautionme , aussi suivie que celle de sidnt Augustin, a cause en partie que les questions sur cette matière ne s'étaient pas encore elcveà;s : en partie aussi parce que ce docte Père à la vérité ne cède à aucun des autres en bon sens et en éloquence ; mais de dire qu'on y trouve autant de principes et de profondeurou un corps de doctrine aussi suivi que dans saint Augustin , qui est l’aigle des docteurs : avec le respect et l’admiration qui est due à cette lumière de l’Église grecque , la vérité ne le permet pas.

Il nous suffit , en considérant le corps de doctrine de ce Père , d'y avoir trouvé qu'on no pèche point en Adam , ou , ce qui est la même chose, qu’on ne reçoit point en lui la mort du péché , si on regarde la propriété de l'action ; mais qu’on a péché en Adam et qu’on a reçu en lui la mort du péché , si un en regarde la tache , la contagion , la malice, ou ce qu’on appelle reatas, puisque c’est là précisément ee qui est effacé par le baptême.

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