CHAPITRE XX
Rècapitulalioa de la doctrine des deux denders livres : prodiiiicuv égarement de M. Simon.
Pour peu qu on fosse de réflexions sur les preuves qu’on vient de voir, on demeurera étonné de l’erreur et de tous les faux raisonnements des nouveaux critiques.
On voit d’abord que s’il y a une vérité dans la religion, qui soit clairement attestée par l’Écriture et par la tradition, c’est celle de ce péché que nous avons hérité d’Adam. On n’ose ni on ne veut la nier absolument. On l'élude en disant : que ce que nous avens hérité de ce premier père est la mort , ou en tout cas , avec la mort , la concupiscence, et non pas un péché proprement dit.
Par la on trouve le moyen d’attribuer à saint Augustin, que toute l'Église a suivi, un sentiment particulier, qui donne lieu aux répréhensions de Théodore de .Mopsueste , ce qui est déjà une fausseté et une erreur numifeste.
En voici une autre ; c’est que par là on élude la nécessité du haptéme des petits enfants; puisque s’ils n’ont hérité d’Adam que la mort et la concupiscence , que ce sacrement ne leur ôte pas, il s’ensuit qu’il n’opère en eux actuellement aucune rémission , et que la plus ancienne tradition de l’Eglise est anéantie. On peut ici se ressouvenir de ce qu’a dit M. Simon de la nécessité de ce sacrement , et de la plaie qu’il a voulu faire à l’autorité de l’Église.
Pour en venir à la doctrine des saints Pères , on a vu qu’ils convenaient en tout et partout avec saint Augustin , tant dans le fond que dans la preuve.
Danslefond, ilsndmcllcnttous,en termes aussi formels que saint Augustin, un véritable péché dans les enfants. Pour la preuve, ils se sont servis , pour établir ce péché , des mêmes textes de l’Écriture. Il y en a deux principaux, dont l’un est dans l’Ancien Testament, celui de David : Ecce ego in iniquilaUhm, etc. ; et l’autre dans le Nouveau, de saint Paul : Per unum hoininem, etc.
Sur le passage de David, en ramassant toutes les interprétations que nous en avons rapportées , on formera une chaîne eomposée des autorités de saint Hilaire, de saint Basile, de saint Grégoire
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ET DES SAINTS PÈRES. EIV. IX
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de Ntzianze , de saint Ambroise , de saint Clir}’sostAme, de saint Jérôme, de saint Augustin, qui a été suivi de tout l'Occidciit, comme on eu convient.
Quant nu passage de saint Paul, nous avons vu que la tradition qui tourne cf' ui i>ar in qm, et non pas par quatenus ou quia, est de tuule l'Église latine et de tous les auteurs latins, sans en excepter Hilaire et Pélage; (|u'elle est con- I forme aux plus anciens et plus doctes Grecs, comme Origène et saint Chrjsostômc ; qu'elle est posée par les papes et par les conciles comme un fondement de la fol du péché originel : aprrè quoi je laisse aux sages lecteurs ô prononcer sur la critique de M. Simon, et à juger si Théodoret et Photius, avec quelques scolinstes du bas âge, qui sont les seuls auteurs qu’il allègue contre notre interprétation, peuvent empêcher qu'on ne la tienne pour universelle, et pour la seule recevable BOUS prétexte qu'Érasme, Calvin, et peut-être quelque catholique mal instruit ou peu attentif, les aura suivis seulement nu siècle passe.