‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 374 sur 518 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

M. Simon est jeté dans cet excès par une fausse idée du

libre arbitre : si l'on |>eut dire comme lui que le libre

arbitre est maître de lui-méme ENTitBKHE.NT : passages I de saint Ambroise.

Pour cela il faut entendre ce qu’il avance nu chapitre xx. Il est certain , dit-il ', gue Pélnge ^ cl après lui ses disciples , ont abusé de plusieurs passages qui font les hommes entièrement les maîtres de leurs actions. Remarquez cet entièrement, en quoi consistait une partie très-essentielle de l’erreur des pélagiens. Ils ajoutaient au pouvoir que l’Écriture donne aux hommes sur leurs actions cct entièrement qui n’y est pas, et qui y donne un très-mauvais sens , pour ne rien dire de plus : nu contraire elle disait tpie le cœur du roi, et par conséquent de tout homme, est entre les mains de Dieu, et qu*il l’incline où il veut ’ ; ce qui est conforme à cette parole de David : Dieu dirige les pas de l'homme, et il voudra sa voie * , sans doute lorsque Dieu y dirigera ses pas, comme le démontre saint Augustin et comme il parait assez par la chose même. Jérémie a dit aussi dans le même esprit ^ : Je sais. Seigneur, que la t>oic de l'homme n'est pas en son pouvoir, et qu'il ne lui appartient pas de marcher et de diriger ses pas à .son gré. Car pour être EXTiknEMF.XT maître de ses actions, comme le veut M. Simon , il faudrait pouvoir aimer et haïr, se plaire et se dégoûter de ce que l’on veut, ce qui n’est pas , comme saint Augustin le dit souvent, et que l’expérience le fait assez voir ; et c’est aussi à cct égard que saint Ambroise disait que l'homme n'a pas son cœur en sa puissance : Non est in nostra potf.state cob kostruu®; ce que tout homme de bien et rempli , dit saint Augustin, d’une humble et sincère piété, éprouve très - véritablement ; car on a des inclinations dont on n’est pas le maître; en sorte, dit saint Ambroise , que l’homme ne se tourne pas comme il veut. Pendant , dit ce saint docteur, qu’il veut aller d’un côté, des pensées l’entraînent de l’autre : il ne peut disposer de ses propres dispositions, ni mettre dans son cœur ce qui lui plaît. Ses sentiments , poursuit-il , le dominent , sans que souvent il s’en puisse dépouiller : c’est aussi par là qu’on le prend pour le mener où l’on veut par sa propre pente ; et si les hommes le savent faire en tant de rencontres. Dieu ne pourra-t-il pas le faire autant qu’il voudra , lui qui connaît tous scs penchants, et sait outre cela toucher l’homme

» PiW. XXI, I.

* Ps. XXXVI , 23.

* F.p. ad ru. ccxvii, al. cvii.

‘ Jcr. X , 23.

* .dp. z/i/jr. de don. penev. cap. Tiil, ■* 20.

ET DES SAINTS PÈaES. LIV. X.

cnr

par (les endroits cnoorc plus intimes et plus déllents? cnr il connaît U-s plus secrets ressorts par où une drne }H'Ut être ébranlée : lui seul les sait manier avec une dextérité et une puissance inconcevable ; ce qui fait conclure nu même saint Amhmist; ' , à Tuccasion de saint Pierre , que tous ceux que Jésus regarde pleurent leurs péchés, qu'il leur inspire une tendresse à laquelle ils no résistent pas, et en toute oecasiou qu’i7 appelle qui il rculf el qu*il fait religieux qui il luiplait:

gros DIONXTL'R VOCAT, ET Qt'EM VULT HE-

uniosi'M FACiT* J en un mot, qu’il change les hommes comme H veut , du mal au bien , et fait d^mls ceux qui èlaienl opposés à la dci^olion : SI VOLIMSSET, EX INDEVOTIS FF.CISSET DEVOTOS. Ces petits mots échappt-s, pour ainsi parler, naturellement à saint Ambroise avant toutes h's disputes, font sentir l’esprit de rF^rlisc. Saint Augustin ii*n donc rien dit de particulier, quand il a si bien démontre eette vérité, et la puissance de la grâce contre les pélaglens, qui ne pouvaient la goûter, et (pii voulaient faire l’homme entièrement maitre. de lui-méme; en quoi ils sont encore aujourd’hui flattés par M. Simon’, qui croit trouver cette expression et ce sentiment dans plusieurs endroits de l'Écriture.

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