‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 373 sur 518 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Répétition des preuves par où l’on a tu que M. Simon accuse saiut Augustin de nier le libre arbitre.

Le procès que M. Simon continue à toutes les pages de faire à saint Augustin , à la vérité est scandaleux et d’un pernicieux exemple ; mais aussi l’auteur est-il puni sur-le-cbamp de son audace , et nous le voyons aussitôt livré à l’esprit d’erreur. C’est ce qui paraît principalement dans la matière du libre arbitre.

D’abord donc il est certain qu’encore que saint Augustin ait très-bien défendu le libre arbitre, non-seulement contre les manichéens, ainsi que tout le monde en est d'accord; mais qu’il l'ait même toujours soutenu contre Pelage, comme cent passages et des livres entiers de ce Père en font fui ; et encore qu’il soit loué par les papes , et en particulier par le pape Hormlsdas, pouravoir bien parlé, non-seulement de la gréce, mais même du libre arbitre , de gratta et libéra arbitrio; néanmoins M. Simon , après Grotius , accuse ce Père d’avoir affaibli sur le libre arbitre la tradition de toutes les Églises. C’est ce que nous avons montré , quoique pour d'autres lins, en pi'Cmicr lieu, par la préface de cet auteur, où il accuse saint Augustin, lorsqu’il a écrit contre Pélnge, au cinquième siècle, d’étre l’auteur d’un nouveau système , au préjudice de l’autorité des quatre siècles précédents; comme si lui-même, qui a passé In plus grande partie de sa vie au quatrième siècle, qui a été fait évêque dans ce siècle même, et qui s’y est signalé par tant d’écrits , avait tout tout d’un coup oublié la tradition.

Nous avons vu, en second lieu, encore pour une autre fin , que dons le chapitre cinquième de son ouvrage , où les anciens Pères et toutes les Églises du monde , avant saint Augxistin , sont représentées comme étant d’accord à défendre le libre arbitre contre les gnostiques et les autres hérétiques, M. Simon objecte à ce Père, qu’il préféra ses sentiments (particuliers) ô une tradition si constante.

En troisième lieu , nous avons vu qu’il fait de saint Augustin un défenseur des sentiments outrés des protestants , et nommément de Luther, de Rucer et de Calvin, sur le libre arbitre. C’en est assez pour montrer que malgré les papes et toute l’Église , il accuse saint Augustin d’être ennemi du libre arbitre, et qu’il couvre les hérétiques qui le rejetteitt , de l’autorité d’un si grand nom. Mais il faut voir maintenant les erreurs grossières où l’esprit de contradiction le précipite.

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