‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 381 sur 518 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Que les |irières nurqiifS^s par saint Prosper se trouvent

eneorc anjoo<riiui réunies clans les oraisons du Vendredi saint, et que saint Augustin, d'où saint Prosper

a pris cd argument, les a bien connues.

Cette preuve de la prâce qui fléchit les cœurs subsiste toujours dans l'Éqlise , comme on le peut voir dans les prières qu'elle adresse continuellement a Dieu ; et sans avoir besoin de les recueillir de plusieurs endroits , nous trouvons celles dont parle saint Prosper ramassées dans l'ofllce du Vendredi saint, où l’on demande à Dieu la conversion actuelle et effective des inlldèles , des hérétiques, des iwcheurs, non-seulement dans le fond , mais encore dans le même ordre , du même style , et avec les mêmes e.vpressions que ce saint homme a remarquées ; et saint Augustin , dont il a pris cet argument, y ajoute une circonstance : c'est qu’afln de mieux marcpier l'effet de la grâce, et y rendre le peuple plus attentif, la prière était précédée d'une exhortatinn que le jrrétre faisait il l’autel à tout le peuple, afin qu'il priât, pour les incrédules, que Dieu tes convertit à la foi; pour les catéchumènes, qu’il leur inspirât le désir de recevoir le baptême; et pour les fidèles, qu’Us persévérassent par sa grâce dans te bien qu’ils aiaiicnt commencé ' ; qui sont les exhortations qu'on fait encore aujourd'hui au Vendredi saint , où le prêtre commence ainsi la prière qtt'Il va faire au nom du peuple : OnEHUs pao cate-

CHUMEXIS,ETC. OsEMUS ET PBO HÆEETICIS, ETC. Prions, mes bien-aimes, pour les catéchumènes, que Dieu ouvre les oreilles de leurs cœurs, afin qu’ils viennent au baptême : prions pour les hérétiques , qu’il les retire de leur erreur ; prions pour tes idolâtres, que Dieu leur été leur iniquité, et tes convertisse à lui , etc. Ces exhortations suivies des prières que nous faisons aujourd'hui tout de suite à un certain jour, <pii est le Vendredi saint , étaient alors ordinaires dans l’Église, comme elles le sont encore dans l’Église grecque; avec cette différence qu’elles se font par le diacre , nu lieu que saint Augustin remarque qu’elles se faisaient par le prêtre même à l'autel, ainsi qu'on le voit encore dans l'office

* Bfiist. o4 Fitat. ccxrii, al. ou.

LA TRADITION

I du Vendredi saint. Quoi qu'il en soit, ce Père s’cii sert |xmr prouver qu'il faut avouer une grâce qui ne donne pas seulement de |x>uvoir croire , mais de croire ; ni de pouvoir agir, mais d'agir actuellement : autrement il ne faudrait pas dei mander ù Dieu , comme nous faisons sans cesse , qu'ildonnât la foi, la persévérance et l’effet même; d’où ce Pere conclut très-bien , que nier une telle , grâce c’est s’opposer aux prières de l’Église : .N’oSTllIS OBATIOMBCS CO.XTaADICIS '. CbT I'É-

’ glise ayant choisi les paroles qui marquent le plus la conversion actuelle et l'effet certain de la grâce pour en remplir toutes ses demandes, jusqu'à demandera Dieu qu'il force nos volontés même I rebelles à se rendre à lui, et ad te hostbas I ETIAM REBELLESCOMPELLE PBOPITIUS VOLUXTA-

' tes; c'est accuser l’Église d’erreur, de nier qu'un des effets de la grâce soit d'amollir un cœur en- I durci , et de lui âter sa dureté. On soit au reste ’ que le terme dont se sert l'Église quand elle dit , COUPELLE ,/orces, contraignes, ne marque pas une violence qui nous fasse faire le bien malgré nous ; mais , comme parle saint Augustin , une toute-puissante facilité de faire que de non-roulants nous soyons fait voulants, volextes de xoLEXTiBus; et c’est pourquoi en relevant cette expression, qui était des lors familière à l’Église, il parle ainsi à Vital : Quand vous entendes le prêtre de Dieu gui lui demande à l’autel qu'il force tes nations incrédules à embrasser la foi, ne répondez-vous pas Auzul Disputeres-vous contre cette foi? direz-vous que c'est errer que défaire celte oraison , et exercerez-vous votre éloquence contre ces prières de PÉglise ? Faisons la même demande à M. Simon. S'il méprise l'autorité de saint Augustin , qu'il réponde à la preuve que toute l'Église lui met en main dans ses prières , et qu'il les accorde , s'il peut , avec l’audace qui lui fait nier la grâce qui fait croire en Dieu, et qui empêche qu'on ne lui résiste, en étant du cœur l'endurcissement par lequel on lui résistait.

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