‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 382 sur 518 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Sdinl AiiKUfiUn a fu intralion de démovtrer rt t d<^mon> 011 i fTol que U grâce qu'on demandait par cea pi ièrea enijfortail mlaincnient l'action.

Car il faut ici observer que saint Augustin se sert de cet argument pour combattre Vital , qui disait que Dieu agit tellement en nous, que nous consentons si nous voulons ; et si nous ne voulons pas, nous faisons que C opération de Dieu ne peut rien sur nous, et ne nous profite point ' ; ce qui est vrai en un sens ; mais il y fàllait ajou-

' Epitl. ad Fital. ccivii, tl. CTU.

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Eï DES SAIMS

ter ce que ce prêtre de Carthage croyait contraire ou libre arbitre , que Dieu sait empêcher, quand Il lui plaît , qu'on ne lui résiste : autrement toutes les prières par lesquelles l'Église lui demande ce bon effet , seraient vaines ; or elles ne le sont pas. L'Église qui demande à Dieu qu'il change la volonté des hommes, ne demande rien contre sa foi , ni contre le libre arbire ; mais elle avoue seulement qu'il est sous la main de Dieu , pour être tourné où il lui plaît.

Et il faut ici remarquer, avec le même saint Augustin , que si , dans les prières qu'on vient de réciter, l'Église demande l'effet de la conversion , et non pas seulement le pouvoir de se convertir, elle ne fait en cela qu'imiter l'exemple de saint Paul , qui a fait cette prière pour ceux de Corinthe' ; Noiaprioru Dieupourquevous ne/assiez aucun mal, mais que vousfassiez ce quiest bien; sur quoi saint Augustiu (ait cette remarque ' : Il ne dit pas : Nous prions Dieu que vous puissiez ne faire aucun mal; mais, que vous n’en fassiez point; ni : Nous prions Dieu que vous puissiez faire te bien ; mais, que vous lofassiez : ce qui montre que l'intention de cette prière étant d'obtenir l’effet , on reconnaît que Dieu le donne , et qu'il soit , non-seulement empêcher qu'on fasse le mal , mais encore faire qu'on fasse le bien.

On voit par là que ces grands savants , qui reprennent saint Augustin d'avoir établi la toutepuissance , comme il l'appelle , et , pour me servir du mot consacré dons l'école , l’cfllcace ou l'effet certain de la grâce , et qui croient que reconnaître une telle grâce , c'est nier ou affaiblir le libre arbitre ; enflés de leur vain savoir et de ieur sèche critique, ne songent point à la prière. Ils méprisent les arguments qu'on tire de là, qu'ils appellent des pensées pieuses cl une espèce de sermon : ils ne répondent après cela qu'en souriant avec dédain , et dans leur cœur se moquent de ceux qui ne leur allèguent pour preuve que leur bréviaire ou leur missel.

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