‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 393 sur 518 · K CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

K CHAPITRE XX

Saint Aagiutin a pris des anciens Pères la manière dont il

explique roralsnn dnininicale : saint Cyprieo, Tertul-

lieu : Inul donner à Dieu : suint Grégoire de Nysse.

Ceux qui trouveront que je m’arrête plus longtemps qu’il ne faudrait aux prières de l’Église no conçoivent pas de quelle importance il est de les bien entendre. Si saint Augustin a démontré, comme je fais après lui , qu’elles sont toutes fondées sur l’Oraison dominicale , il n’a fait cpie sut-

ET DES SAINTS

TTC les pas de< Pèrat qui ont écrit avaut lui. Ou peut TOir dans son livre duDon de /d Penévèrance les boanapassoges qu'il rapporte de saint Cjrprien , piiac'palement celul-cl sur ces paroles de l'Oraison dominicale' : Que votse hom soit sanctitiéj c'est-à-dire : qu'il le soit en nous , dit ce saint; et ensuite -.Après que Dieu nous a sanotifiés , il nous reste encore à demanderque celte sanctification demeure en nous; et parce que Notre- ^igneur avertit celui qu'il a guéri de ne pécher plus , de peur qu'il ne lui arrive un plus grand mal, nous demandons nuit et jour : que la sanctifiealion qui nous est venue de ta grâce, nous soit conservée par sa protection.

Le même saint Cyprien reconnaît que dans ces paroles : Votre volonté soit faite dans ta terre comme au ciel, noos demandons , non^eolement que nous la lassions , mais encore que ceux qui ne sont pas convertis , et qui sont encore terre deviennent célestes ; ce qui enferme la recoiuuüssance de la gréce , qui change les cœurs de l'infldélitéàlafoi.

Ces sentiments venaient de plus haut ; et on les trouve dans Tertullien ou livre de l'üraison , que saint Cyprien a imité dans celui qu'il a composé du màqe titre , sur ces paroles : Donneznous aujourrVhui notre pain de tous les jours. Saint Cyprien , en interprétant ces paroles de l'eucharistie , avait dit : Nousdemandonsque ce pain noussoitdonné tous les jours, de peur que tombant dans quelque péché mortel , et ce pain céleste nous étant interdit par cette chute, nous ne soyons séparés du corps de Noire-Seigneur ‘ ; ce que Tertullien avait expliqué par ces mots : Nous demandons dans cette prière notre demeure perpétuelle en Notre-^igneur, et notre inséparable union avec le corps de Jésus- Ch rist. Tout tend h demander l'action , l'effet , l'actuel accomplissement; c'est-é-dire , sans dlfüculté , une grioe qui donne tout cela , par les moyens que Dieu soit.

Mois U n'y a rien de plus clair que ces paroles de saint Cyprien : Quand nous demandons que Dieu ne permette pas que nous tombions en tentation, nous demandons que nous ne présumionspoint de nos propres forces , que nous ne nous élevions pas dans notre cœur, que nous ne nous attribuions pas te don de Dieu, lorsque nous confessons la foi, ou que nous souffrons pour lui. Nous demandons donc précisément ce qui dépend le plus du libre arbitre; et la source •d'où naissentees demandes , c'est afin , dit le même saint, que notre prière étant précédée par une humble reconnaissance de notre faiblesse, il

' t 'ÿpr. Se Ont. Suminif. Sug. Soen Peneerr. esp, n.

’ Jpat Jug. et eus« Ptnmr. cip. P.

PEB^. LIV. X.

am'tie qu'au noanauT tout a dieu nous rvrevionsdesabontéeequenousluidemandortsdun humble cœur.

Il faut donc tout noauEa s dieu ; tout , disje , jusqu'au plus formel exercice de notre libre arbitre, parce que, encore qu'il soit de nature à ne pouvoir être contraint , à ne devoir pas être nécessité , il peut être fléchi , ébranlé , persuadé par celui qui , l’ayant créé , le tient toujours sous sa main , ce qui fait dire A i'Église dans une de ses eoiiectes : Deus vibtutuh ,cujusest totiim QUOD EST opTiu uu : Dieu des vertus , à qui appartient tout entier ce qu’il y a de plus excellent; par conséquent tes vertus, qui sont sans difficulté ce qu'il y a de meilleur parmi les hommes. Prière admirable , dont saint Jacques avait établi le fondement par ees paroles ; Toutpréserst très-bon et tout don parfait vient du Père des lumières'.

LcsGrecsexpllquentrOraisondomiDfcatedans le même esprit que les Latins ; et saint Grégoire de Nyssc , dans ses homéiies sur cette prière , s'accorde A reconnaiire avec eux : qu'on y demande tout ce qui appartient le plus an libre arbitre , comme d'être jusic , pieux et éloigné du péché ; de mener une vie sainte et irréprochahie , et le reste de cette nature : par conséquent v» secours qui donne non-seulement le pouvoir de toutes ces choses, mais en Induise l'effet.

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