‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 394 sur 518 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Li prière vlcnl aatant de Dieu que les talree beoues actions.

Et pour aeltever de donner A Dieu la gloire de tout le bien , il faut ajouter que la prière qui nous fait voir que tout vient de Dieu par cette grâce qui fléchit les cœurs, nous fait voir en même temps qu’elle-même est un des fruits de cette grâce. Saint Augustin l'a prouvé par des preuves incontestables ; et saint Ambroise disait , avant lui , que prierétaitencore un effet de la grâce spirituelle , qui , selon lui ,fait pieux (fui elle veut'. L'Écriture y est expresse. Il est écrit dans le prophète ’ : En ces jours je répandrai dans ta maison de David, et sur les habitants de Jérusalem , l’esprit de grâce et de pnère; et quel sera l'effet de cet esprit? qu'i/s me regarderont, moiqu’ils ont percé; et se frapperont la poitrine, et s’affligeront comme on fait pour la mort d’un fils unique. Toule la terre sera en pleurs , famille à famille : la famille de David d’un cité; la famille de Nathan de Vautre : la famille de Làvi et des autres; tant est tendre , tant est effleaeu

' Jae^ . 17.

I 4mbrm. ttfi. Aug. éf dono Ptr$ cip. nui.

* Zraek. lu . n.

DEFE^SK DE LA TRADITIO?!

ct*t esprit de gémUscnient , de pricre et de com> ponction que Dieu répondit sur son peuple , ou celui qu'il y répandra un Jour, lors<{ue les Juifs tourneront les yeux vers ce Dieu qu’ils ont percé.

L’eflîcoce de cet esprit parait cnt*ore bien clairement dans ces paroles de saint Paul : prit prie pournoux avec dex gémixxpmenls inexplicables* . Qu’on l'entende comme ou voudra, ou avec saint Au^nistin et les nulres Peres ; du Saint-Esprit, dont l’apôlre venait dédire : L'esprit aide notre faiblesse *, ou d'une certaine disposition que le Saint-Esprit met dans les cueiurs , a quoi saint Chrysostômo semble pencher, la pani veesl c<;ale; puisque c'est toujours, ou le Saintl'isprit qui fbriTie la pricre dans ceui qui la font , ou le même Saint-Esprit qui met dans les cœurs la disjiosit on d’ou elle suit. La première interprétation est la meilleure , puisque c'est du Saint- Esprit dont parie l’apôtre dans tous les vei'sels précédents , et en particulier dans celui ou U est dit , que nous utons reçu l'esprit iTattoption , en gui nous crions Abba, Père. ce que le même , saint Paul explique ailleurs, en disant * : Parce que vous êtes errants de DieUf Dieu a ent'oyé dans vos cteurs Cesprit de son Fils, qui crie Abàa, Père. L'esprit du Fils est le Saint-Esprit qui crie en nous Abba , Père , c’est-à-dire , qui, nous fait pousser ce cri salutaire ; ce qui montre l'cfflcace de son impulsion. Car, de même que lorsqu’il est dit : Ce n'est pas vous qui parlez, mais l'esprit de votre. Père qui parle en vous cette expression signifie l’efficace du Saint-Esprit, qui nous fait parler ; ou comme Jésus-Christ l’explique dans le même endroit, qui dans C heure, même, et sans que nous ayons be.suin d'y penser, nous donne ce qu'ilnousfautdire ; de même lorsqu’il est dit que l'esprit crie, qu'il prie, qu'il gémit en nous , la force de cette expression dénote le divin instinct qui nous inspire ces cris et ces pieux gémissements ; et comme raisonne très- bien saint Augustin ® : - Qu'est-ce àdire que l’esprit crie,

• si ce u’esl qu’il nous fait crier ; ce que l’aiiôtre > explique en un autre endroit, lorscpi’il dit : Nous

• avons reçu l'esprit d’adoption en qui nous crions,

• et par lequel nous crions : là il dit que l’esprit

• crie; ici que nous crions par lui, déclarant par « laque lorsqu’il a dit qu’il crie, il veut dire (fu’il

• fait crier; d’où nous concluons que cela même

• est un don de Dieu de crier a lui et de l'invoquer - d'un cœur véritable : par où sont condamnés

• ceux qui prétendent que c’est de nous-mêmes •» que nous demandons, que nous cherchons , que

• nous frappons, afin qu’il nous ouvre, et ne veu-

• Hom. vin , 20. “ ' /Aid. J

• /Aid. T , 10. — * Cal. IV, 0. — * MaUh. 1 , 1*.

• Va flaao Pmtvfr. cap. avili, u* «4. Hp. CVGlv, aj. cv, ad Sut.

. lent pas entendre que cela même est un don de > Dieu, de prier, decherchcr, de frapper;puisquo . c'est l'cITel de l'esprit par qui nous crions à Dieu ,

■ etparquinousIeréclamonsoomnienotrePère . •

On nous dira que quelques Pères grecs , comme saint Clirj’sostdmc et Théodoret , entendent eet esprit ; non il'unegrèce ordinaire, mais d'un don e.atraordinairc deprier, qui était infus è certaines pcrsonnesàquiilétoitdonné, parun Instinct particulier, de faire dans les assemblées ecclésiastiques certaines prières que le Saint-Esprit leur dictait pour l'instruction de toute l'Eglise , grâce que Tliéodoret assure qui durait de son temps. Mais tout cela ne diminue rien de notre preuve; puisqu'il sera toujours vrai que le Saint-Esprit ii'ùtait point le libre arbitre à ceux à qui il dictait intérieui'einent ces prières , il ne l'ùte donc pus non plus à ceux à qui il inspire la volonté d'y consentir. l>e même saint Chrysostême nous enseigue que les diacres succèdent à ceux qui faisaieut ces prières , et qu'ils en font la fonction , lorsqu'ils c.xbortent les fldcles a prier pour telles et telles choses ; de sorte que ce don extraordinaire , quand on voudrait présupposer que c'est d'un tel, don que parle saint Paul , aurait tourné en grlce ordinaire; en sorte qu'il demeurerait également véritable qne le Saint-Esprit dicte les prières de l'Eglise , et dicte en particulier l'exhortation du diacre, qui est , comme on a vu , un commencement de la prière ecclésiastique. Enün , cette autre parole de saint Paul : Parce que nous sommes enfanU de Dieu, Dieu a envmjé en nous l’esprit de son Fils qui crie ; Notre Père , n'est pas un don extraordinaire et une de ces grâces gratuites qui tiennent quelque chose du miracle ; mais , comme on voit , une suite naturelle de l'esprit d'adoption , qui est la grâce commune à tous les fidèles ; en sorte que tous ceux qui prient ont , en qualité d'enfants de Dieu , un don efficace de prier, par lequel don , comme parle saint Augustin •, Dieu leur imprime dans te cœur, avec ta foi et la crainte, non-seulement Caffection, mais eBCore/'e^ef(/eprfer;c'est-à-dire,sansdifficullé, l'acte même de la prière, iitPEBTiTO oaxTioais AFFECTU BT ETFECTU.

Page 1