CHAPITRE XXII
On prouve par la prière que ia prière vieat de Dieu.
Ces témoignages de l'Écriture sont démonstratifs ; niais la pricre elle-même nous fournit un argument plus abrégé pour établir la puissance de la grâce qui nous fait prier. C'est qu'on demanda l'esprit de prière , l'esprit de componction par le- (piel on prie. Comme on dit à Dieu : Faites-nous
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ET DES SAINTS
croira , faites-nous aimer, faites-nous mener une vie saiute , on lui dit aussi ; Fa tes-nous prier, faites-nous demander ce qu’il vous plaît : fac BAS Tiai SUMT PLACITA POSTULABB. L’ÉgliSe
grecque le demande comme la latine ■ : Faitesnous ta grâce, 6 Seigneur, d’oservous dire avec confiance, cl sans crainte d’étre condamnés ; Notre Fére qui êtes dans les deux. Dans la messe de saint Basile, et dans celle de saint Chrysostôine ’ : Faites-nous dignes de vous invoquer par ta vertu du Saint-Esprit, et avec une pure conscience; et encore : Accordex-nous cette grâce que nous vous invoquions avec confiance, et vous disions : Notre Père, etc.
La nii^me chose parait presque en mâmes termes , dans la messe de saint Jacques , et dans celle de saint Marc ’ : on voit partout ce ternie mystique, qui, de tout temps, en Occident comme en Orient , précède l’Oraison dominicale : Acoe- Mus oicEEE, nous osons dire; mais l'Orient a marqué plus expressément que cette pieuse audace , d'appeler Dieu notre Père , nous vient de la grèce du Saint-Esprit , dont saint Paui disait tout à l'heure que c’est lui qui cric en uous , c'est- A-dirc, qui nous fait crier que Dieu est notre Père.
On trouve aussi dans la messe de saint ChrysestAme * : Vous, qui nous donnez ces prières communes et unanimes, daignez aussi les exaucer; par où parait encore cette excellente doctrine, ilue ce qui fonde l'espérance que nous ressentons en nos cœurs d’étre exaucés , c'est que nous n'offrons à Dieu que les. prières qu'il nous fait faire, ce qui est précisément la même chose que demande l'Église, en disant : Seigneur, ouvrez les oreilles à nos prières; et afin que nous obtenions ce que vous nous promettez , faites-nous demander ce qu'il vous plaît : Pateakt AoaF.s , etc.
C’est donc la foi de l'Église catholique qu'il faut demander ù Dieu tous les actes de notre liberté , jusqu'à la prière , par où l'on obtient tous les autres ; et par conséquent qu'il les forme tous , et qu’il forme en particulier, et par une grâce spéciale , l'acte de prier dans ceux qui le foiiL C'est pourquoi on lui en rend grâces , conformément à I cette parole de saint Paul ’ : Je rends grâces à Dieu de ce que nuit et Jour je me .souviens continuellement de vous. Qui rend grâces â Dieu de ce qu'il prie nuit et jour, lui rend grâces du premier moment comme de la suite, puisque sans doute ce premier moment est le commencement de ces jours a( de ces uuits si heureusement passés dans la prière.
• Bant. Sliu. p. 67. — 1 P. 73. — 1 P. IS, 3«. — * P. G7.
* 11. Tim. Il, 3.
PÈRES. LIV. \ CW