CHAPITRE XXVI
la prière de Jésus-Christ pour saiol Pierre :}'ai priépour loi, CO saint Luc, xiii, 32 : application aux prières de l’f-glise.
Jésus-Christ a déclaré très-manifestement cette puissance dans cette prière qu’il fait pour saint Pierre : J’ai prié pour loi, afin que ta foi ne défaille poinl. Personne ne doute que saint Pierre ne dût croire par sa volonté , et pnr conséquent que ce ne fût le libre exercice de la volonté que Jésus-Christ demandait pour lui. On ne doute pas non plus que le Fils de Dieu n’ait été exaucé dans cette demande, puisqu’il dit lui-même è son Père : Je sais que vous m'exauces loiyours , ni par conséquent que ce libre arbitre si faible, par lequel dans quelques heures cet apûtre devait renier son maître , après la prière de Jésus-Christ , ne dût être fortiflé en son temps , jusqu’à devenir invincible. Pnr conséquent on ne doute pas
• IM pniftè Chrùl. Ilb. I, cap. XMV.
que Dieu ne puisse tout sur nos volontés. C'est en cette foi que l’Église demande à Dlen qu'il convertisse les pécheurs , et qu’il donne aux justes l'actuelle persévérance. Elle prie au nom de Jésus-Christ, ou plutôt c’est Jésus-Christ qui prie en elle ; il y est donc aussi exaucé, il n'est pas permis de douter que tous ceux à qui il applique, de la manière qu'il sait, les prières de son Église , ne reçoivent secrètement en leur temps cette grâce qui convertit , et qui fait pei*sévérer jusqu’à la fin dans le bien. C’est donc une vérité qui ne peut être révoquée en doute , que Dieu a des moyens certains de faire tout le bien qu’il veut dans nos volontés; et ces moyens, quels qu'ils soient , c'est ce que l’école appelle la grâce efficace. Voilà le fond de la doctrine de saint Angustin. Si M. Simon la méprise , et ne connait point cette grâce , qu'il ne trouve point dans Grotius et dans scs autres théologiens , la vérité de Dieu n'en est pas moins ferme , et les prières ecclésiastiques n'en sont ni moins véritables , ni moins efficaces.