‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 414 sur 518 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Calomnie de N. Simon , et dilTércnce infinie de U doctrine de Wiclef, LaÜicr, C^vin et B^,d*avec oeUc de saint AngusUn : abrégé de ce qa'oo a dH de U doctrine de ce i%e.

Saint Augustin n'en a jamais dit ni voulu dire davantage. M. Simon nous veut faire accroire qu'en enseignant cette doctrine , il favorise les protestants. Il ne sait pus , ou ne veut pas faire semblant de savoir, que Lnther, Calvin, Bèze et Wiclef avant eux, en niant absolument le libre arbitre , ont introduit , même dans les anges re- Iwlles et dans le premier homme , une fatale et Inévitable nécessité de pécher, cpii ne peut avoir que Dieu pour auteur. Mais au eontraire, saint Augustin a établi partout , comme on a vu , et même dans les endroits d'uii l'on tire occasion de le reprendre , que Dieu n'a pas fait ni n'a pas pu faire les volontés mauvaises : qu'avant que d'étre livré h ses mauvais désirs, le pécheur a premièrement un mauvais désir auquel il n'est pas livré par le Jugement de Dieu , mais auquel il se livre lui-même par son libre arbitre ; et si ensuite it est aveuglé , s'il est endurci , ce n'est pas que Dieu soit cause en aucune sorte de son endurcissement ou de son aveuglement, comme notre auteur l’impute à ce docte Père ' ; puisqu’au contraire , scion sa doctrine et celle de toute l'Église , i le péché étant de nature, que l'homme qui le commet n'en peut revenir de lui-même, l’endurcissement et l'aveuglement en sont la suite inévitable , si Dieu n’envole une grêce qui empêche ce mauvais effet. Personne donc ne fait l'endurcissement, si ce n'est le pécbeur lui-même, qui sons la grice de Dieu y demeurerait toujours.

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