‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 418 sur 518 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Seconde démonstration de l'enicace de 1a grâce par les principes de i'autenr.

Cette démonstration est confirmée per une autre que nous tireronsdes principes mêmes de M. Simon. Selon lui , la véritable interprétation de ces paroles ; Dieu les a livrés au désir de leurs ceeurs, et àdes péchés infâmes, est que Dien a permis qu’ils y soient tombés ; mais cette permission étant sans contestation une peine , puisque saint Paul la remarque comme une punition de lldolâtrie , ceux qui ont persévéré dans l'idolâtrie ne l'auront pas évitée, et ne seront pas au-dessus de Dieu , qui les veut punir de cette sorte. Ils tomberont donc dans ces péchés affreux , et leur chute sera uue suite de cette permission pénale. Quel en a donc été l’effet? est-ce de pousser les hommes au mal ? à Dieu ne plaise ! c’est contre la supposition : est-ce seulement de les laisser faire ou bien ou mal ? ce n’est pas l’intention de l'apétre, qui assure qu'après un premier péché , leur peine doit être une autre chute. Que si Dieu ne fait rien en eux pour les y pousser, cette peine consiste donc à leur soustrai re quelque chose dont la privation les laisse entière- , ment à eux-mêmes , et ce quelque chose c'est la ' grâce. Il y a Ici deux partis à prendre : les uns disent que cette permission qui livre les hommes au mal , en punition de leurs péchés précédents , emporte la totale soustraction de la grâce , sans laquelle on ne peut r|en. Ce n'est pas là ce que doit

' D< gratid et Ub. arb. cap. iti.

dire M. Simon, puisqu'il faut, selon ses principes, qu’en cela je crois trèsqtrobables, que Dieu veuille toqjours sauver et guérir. D'autres disent donc que les grâces que Dieu retire sont certaines grâces qui , préparées et données d'une certaine façon , attirent un consentement infaillible, et que, faute de les avoir dans le degré que Dieu sait, on tombe dans ces péchés qui sont la peine des autres. Ces grâces sont les efficaces , celles qui fléchissent le cœur. Si l’on ne tâche de les obtenir, si l’on ne veut pas même les connaître, on périt, et dcpéché en péché on tombe enfin dans l'enfer.

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