CHAPITRE I.X
Huiliènui proposltwo , où l’on éuiilil une prélërcare grstuile dan-H U distribution des dons de la grdee.
Huitième proposition : Les prières ecclésiastiques Induisent du cété de Dieu , en faveur de ceux qui font le bien tendant au salut , et surtout de ceux qui le font persévéramment Jusqu’à la fin , une préférence gratuite dans la distribution de ses grâces , dont il ne faut point demander de raison. C’est une suite évidente , ou plutôt une explieation plus expresse , et pour mieux dire , une réduction des propositions précédentes. Car pour peser en détail chaque parole , s’il y a une grâce d’où il s’ensuive qu’on fera bien actuellement, comme il est certain qu’il y en a une, puisque tonte l’Église la demande , il est également certain que ceux qui ne font pas le bien ne l’ont pas, et qu’il y a déjà de ce côté-là une préférence en faveur des autres. Si d’ailleurs il est certain , comme on a vu , que tous ceux qui font bien , ou durant un temps , ou toujours , et Jusqu’à la fln , ont eu une telle grâce et doivent remercier Dieu de l’avoir reçue, il est clair que la préférence qui fait que Dieu la donne plutôt aux uns qu’aux autres , s'étend sur tous ceux , ou qui commencent, ou qui continuent et persévèrent à bien faire pour leur salut éternel. Voilà donc la préférence établie; mais J’ai ajouté qu’elle était gratuite. Car encore que la fldélité qu’on aura eneà quelques mouvements de cette grâce , poisse mériter qu’on ait d’antres mouvements, on ne peut Jamais mériter la grâce qui nous donne la fldélité
au tout, depuis le commencement Jusqu’à la fln. Deeette sorte , le mérite même dans toute la suite est fondé, pour aiusi perler, sur le non mérite; d’où il s’ensuit que la préférence dans la grâce qui nous a donné actuellement les mérites, est purement gratuite , ne pouvant être donnée ni en vertu des mérites précédents, puisqu’on voit qu’elle en est la source , ni en vue dre mérites futurs , puisque le propre effet de cette grâce étant que tous ceux qui l'ont fassent bien actuellement , si la prévoyance du bien qu’on ferait par elle, lorsqu'elle serait donnée, était le motif de la donner, il la faudrait donner à tout le monde. Ainsi la préférence qui In fait donner à ceux qui l’ont , c'est-à-dire , comme on a vu , à tous ceux qui opèrent le bien du salut , en quelque manière que ce soit , est de pure grâce ; d’où passant plus outre , J'ai dit qu'il n'y a point de raison à en de- I mander, non plus que de tout le reste , qui est de i pore grâce; la nature de la pure grâce étant qu’on { ne la paisse devoir qu’à une pure bonté. C’est donc loi qu'i I faut dire a vec l'apôtre : O Ao»t me, itet-
voits, pour répondre à Dieu ' ? c’est-à-dire , sans difficulté, qui êtes-vous pour l’interroger et lui demander raison de ce qu’il fait, et, comme porte l’original , pour disputer avec lui , êvrairoxfivifuw; ; et encore ’ : qui lui a donné quelque chose le premier, pour en avoir la récompense, puisque tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui, et qu'il n'y a qu'à lui rendre gloire dans tous les siècles de tout te bien qu'il fait en nous? iFsiGLoniA in s.ectiLA.