‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 442 sur 518 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

nisième proposilion, oO l'on démonlie que le prédeetinatioo , comme on vient de l'expliquer par aaiot Auguatin , est de la foi : passage du cardinal Beliarmin.

La dixième proposition est que cette doctrine de saint Augustin sur la prédestination est de foi. D'aixHd saint Augustin l’enseigne ainsi très-expressément par les prières de l’Église, lorsque après les avoir remarquées , et après avoir aussi remarqué que prier est un don de Dieu, il poursuit ainsi ' : < Ces choses donc que l'Église demande

• A Dieu , et qu'elle ii’a Jamais cessé de lui de-

• mander depuis qu’elle est établie , sont prévues

• de Dieu comme des choses qu'il devait donner,

• et qu'il avait même déJA données dans la pré-

• destination , comme l'Apètre le déclare ; > d’où il tire cette conséquence : « Celui-IA donc pourra « croire que la vérité de cette prédestination et de

• cette grâce n’a pas toujours fait partie de la foi

• de l’Église , qui osera dire que l’Église n'a pas

• toujours prié , ou n'a pas toujours prié avec vé- ' rité , soit afin que les Infidèles crussent , soit « afin que les fidèles persévérassent ; mois si elle

• a toqjours demandé ces biens comme étant des

• dons de Dieu , elle n'a Jamais pu croire que « Dieu les ait pu donner sons les connaître , et par < IA l'Église n'a Jamais cessé d'avoir la foi de cette

• prédestination , qu’il faut maintenant défendre > avec une application partienlière contre les nou- ■ veanx hérétiques. >

Il est donc clair comme le soleil , que la prédestination que saint Augustin défendait dans les livres d’où sont tirés tous ces passages , c'est- A-dire, dans ceux de la Prédestination des Saints ! et du Don de ta Persévérance , appartient A la foi , selon ce Père , et que c’était cette foi qu'il fallait défendre contre Ire hérétiques ; et la raison en est premièrement, qu'on ne peut nier sans erreur, que les prières où l'Église demande les dons qu'on vient d’entendre , ne soient dictées par la foi , en laquelle seule elle prie; et secondement , qu'il n’est pas moins contre, la foi de dire que Dieu n’ait pas prévu et les dons qu’il devait accorder, et ceux à qui il en devait faire la distribution ' ; ce qui fait dire A saint Augustin aussi

* Lib. n , df dnno pm. cap. XXlti-

* Ibid. CSp. XXIV.

Digitiztju uy

KT «ES SAINTS PÈRES. LFV. XII

afllrmatiTCroeot (|u'od le peut faire' : Ce que je c'esl que personne n’a pu sans errer rùsputer contre la prédestination que nous avons entrepris de défendre.

Le cardinal Bellarmin , après avoir rapporté ces passages de saint Augustin , et en même temps remarqué les déflnitions du saint-siège, qui ont déclaré entre antres choses que saint Augustin n’a excédé en rien, conclut que la doctrine de ce saint sur la prédestination n'est pas une doctrine particulière, mais la foi de toute l'Église: autrement saint Augustin , et après lui les papes qui le soutiennent, seraient coupables de l'excès le plus outré , puisque ce Père avait donné son sentiment pour un do^ certain de la foi.

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