CHAPITRE XVIU
Onzième proposition, od Ton comnwnce è fenner b bon-
cIm i ceux qui munniirenl contre «tb doctrine de ubt
Angiutin.
Onzième proposition : Ceux à qui Dieu ne donne pas ces grâces singulières , qui mènent infailliblement ou à la foi , ou même au salut et à la persévérance Anale, n'ont point à se plaindre. La raison en est, dit saint AugusUn ■, que le Père de fo- . mille, qui ne les doit à personne, serait en droit, selon 1 Évangile, de répondre à ceux qui se plaindraient : Mon ami, je ne vous fais point de tort ; ne tn est-il pas permis défaire de mon bien ce que je veux é et faut-il que votre regardsoU mauvais (iqjuste. Jaloux), parce que /« suis éon’? Et si CCS murmurateursrépondentencore que dans cette parabole il s'agit du plus et du moins, et non pas d'être à la An privé de tout, comme le sont les réprouvés , le Père de famille n’en dira pas moins ; Je ne vous fais point de tort; puisque, si je vous laisse dans la masse justement damnée de votre origine, vous n'avez point à vous plaindre de la justice que je vous fais ; et si je vous en ai tiré par ma pure grâce , et que vous vous soyez replongé vous-méme dans cette masse corrompue, en suivant la concupiscence, qui en est venue, je vous fois d'autant moins de tort que je ne vous ai pas refosé les grâces absolument ni-cessalres pour conserver la jusUce que je vous avais donnée ; ainsi vous n'avez qu’à vous imputer votre perte. Et si ces murmurateurs nous disent encore que cela est difAcile à concilier avec la préférence gratuite que nous venons d'établir avec tant de certitude , il faudra enAn leur fermer la bouche avec cette parole de saint Augustin t : Faut-ilnier ce qui est certain, à cause qu’on ns peut comprendre ce qui est caché f ou faudrat-il dire que ce qu'on voU clairement ne soit pas, à cause qu'on ne trouve pas ta raison pourquoi il est ? El enAn, si l’autorité et la raison de saint Augustin ne leur sufAsent pas, que répoudront-ils à l'apdtre, lorsqu il leur dira: Qui connaît les desseins du Seigneur, ou qui est entré datss ses conseils ?
' Ep. CCXTII, «I. CTU, n* 17, 26.
’ lÀh. iedonopcrt cap. Tiit.
> Matih IX, 16.
* Ùt donopen. cap. xiv, n* S7.
DKFENSE DE LA TRADITION
O hommcy gui êtes-vous pour disputer contre Dieu ? Ne savez-vous pas que ses conseils sont impénétrables, et ses voies incompréhensibles ' ?